mercredi, janvier 06, 2016

Guy Turcotte veut un nouveau procès

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MICHAEL NGUYEN
MISE à JOUR 
  Guy Turcotte réclame un troisième procès, un mois après avoir été déclaré coupable des meurtres non prémédités de ses deux enfants de 3 et 5 ans.
Guy Turcotte« Le juge de première instance a donné des directives de nature à semer la confusion dans l’esprit du jury quant à l’effet de l’intoxication sur la défense de non-responsabilité criminelle », peut-on lire dans la demande d’appel déposée devant le plus haut tribunal de la province.
L’ex-cardiologue de 43 ans, qui a tué de 46 coups de couteau ses enfants Anne-Sophie et Olivier, en février 2009 à Piedmont dans les Laurentides, soulève deux autres arguments dans la brève requête d’à peine deux pages.
Il affirme en effet, par le biais de ses avocats, que le juge André Vincent a fait une erreur en disant au jury qu’il ne devait pas tenir compte de l’effet de la crise suicidaire sur l’état mental du meurtrier au moment des événements.
« Le juge de première instance a erré dans ses directives relatives à la notion de ‘savoir que [les actes commis par (Turcotte) étaient mauvais] », peut-on également lire dans le document de cour.
Rappelons que lors du procès qui s’est tenu de septembre à décembre dernier, Turcotte avait plaidé la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux. Dans les semaines précédant le drame, il avait appris que sa femme à l’époque le trompait, et tous les psychiatres l’ont diagnostiqué avec un trouble de l’adaptation avec humeur anxieuse et dépressive.
Cette défense avait fonctionné lors du premier procès en 2011, mais la Cour d’appel avait infirmé le jugement et ordonné la tenue d’un second procès, à la demande de la Couronne. Au second procès, un jury composé de 11 citoyens avait rejeté les arguments, le déclarant coupable de meurtres non prémédités.
Notons que malgré cet avis d’appel, Turcotte devrait tout de même écoper de sa sentence dans neuf jours, au palais de justice de Saint-Jérôme. Il a automatiquement écopé d’une peine de prison à vie, mais il reste à savoir combien d’années il devra purger avant d’être admissible à une libération conditionnelle.
La Couronne réclame au moins 20 ans de pénitencier au minimum.
« C’est difficile d’imaginer des circonstances plus graves, plus sérieuses, plus horribles que le présent cas », avait plaidé Me René Verret de la poursuite.
Me Pierre Poupart de la défense avait quant lui suggéré une peine « de moins de 15 ans, et plus proche de 10 ans que 15 ».