mardi, septembre 01, 2015

La Commission fantoche sert bien son maitre!

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CA_Réjean-Parent
Madame Robillard a livré le rapport souhaité par Martin Coiteux et il est à peine arrivé à cacher son contentement dans ses réactions publiques. Nous pouvions difficilement nous attendre à autre chose de la part de néolibéraux fédéralistes qui rêvent de nous livrer pieds et poings liés à Ottawa. Triste jour pour le Québec que ce spectacle pseudo-scientifique et économique où on n’en finit plus de nous présenter comme des minables.
Qu’on ne s’y trompe pas, la Commission Robillard n’est qu’une patente concoctée par le gouvernement Couillard pour faire croire à un regard indépendant sur la gestion publique et légitimer leur entreprise de sabordage. Cette Commission est en quelque sorte leur bouclier de fausses justifications pour mener à bien leur cession de l’État à l’entreprise privée. Tel un dictateur de république de bananes, le ministre Coiteux s’est offusqué de la réaction de ses sociétés d’État, qui contestent le sérieux de la démarche de la Commission.
La stratégie déployée par le gouvernement est largement inspirée du phénomène décrit par Naomi Klein  dans son volume, La stratégie du choc : la montée d’un capitalisme de désastre. Il fallait voir l’ancienne ministre Robillard, avec son air funèbre, nous brosser le tableau de notre misérabilisme et présenter nos administrateurs publics comme des minables qui ne réussissent rien de bon. Elle s’est employée à nous décrire un Québec catastrophé et sur le bord de l’abime parce que nos gouvernements et nos sociétés d’État n’ont pas évolué avec les défis de la modernité. C’était sa façon dramatique de mettre la table pour nourrir les appétits de son maitre pour la privatisation et la cession de responsabilités à un autre palier.
La Commission n‘a même pas pris le soin de rencontrer les autorités de la Société des alcools (SAQ) pour vérifier le bien-fondé de son analyse et a tiré des conclusions erronées qui servent bien les chantres de la privatisation de la SAQ. L’ex-PDG Gaétan Frigon leur a donné toute une leçon et s’est permis de leur dire qu’elle était dans les « patates ». La direction de la SAQ a aussi contesté leur rigueur, ainsi que plusieurs autres analystes des politiques publiques. Il y a bien quelques experts pour appuyer la fin du monopole parce qu’il espère avoir leur petit caviste bien à eux pour humer et découvrir les nectars les plus dispendieux. Pourtant, la SAQ est une belle réussite de la démocratisation de l’accessibilité à des vins honnêtes.
Les mêmes récriminations sur le manque de sérieux des travaux ont été soulevées du côté de l’Agence du revenu à l’égard de la Commission. Stéphanie Grammond nous dit dans sa chronique  que les économies escomptées en transférant la perception des impôts au palier fédéral, sont nébuleuses. On pourrait en dire autant sur les conclusions relatives aux écoles privées alors que la Commission empruntent des raccourcis pour faire croire à une économie. La comparaison avec l’Ontario à ce chapitre lui aurait fait voir qu’en ne finançant pas les institutions privées, Québec aurait plus d’argent pour ses écoles publiques.
Je ne conteste pas un processus d’amélioration continue et la quête d’efficience, mais nous ne pouvons souscrire à des études tronquées qui servent de paravent à l’instauration de l’idéologie prônée par ce gouvernement tout en privant les Québécois d’outils collectifs.

Certains s’inquiètent que ce rapport qui aura couté des millions, finisse sur une tablette. Quant à moi, j’espère qu’on le mettra à la poubelle et que les travaux sur la révision des programmes s’appuieront sur une plus grande objectivité.