mardi, août 18, 2015

Mike Duffy a-t-il été forcé de participer au stratagème du PCC?

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Dernière mise à jour: 17-08-2015 | 19h35
OTTAWA --L'avocat du sénateur suspendu Mike Duffy a insisté pour présenter son client en cour lundi comme une victime manipulée par des membres du cabinet du premier ministre Stephen Harper.
En cette troisième journée du contre-interrogatoire de l'ancien chef de cabinet Nigel Wright, l'avocat de la défense, Donald Bayne, a tenté de faire dire au témoin vedette que Mike Duffy avait été forcé en 2013 à admettre des dépenses inacceptables, alors qu'en réalité, il ne croyait pas être dans le tort. Se basant sur son analyse des innombrables courriels échangés entre M. Wright et ses collègues de l'époque, Me Bayne a renchéri que son client a été contraint de prendre le chèque personnel de 90 000 $ de M. Wright et de se taire.

STRATAGÈME CONSERVATEUR

Au contraire, a dit M. Wright. Sans nier qu'il y a eu effectivement une tentative au sein du cabinet pour étouffer l'affaire, M. Wright a affirmé que Mike Duffy avait accepté le plan des conservateurs, qu'il avait participé de façon libre et éclairée au stratagème qui visait à admettre ses dépenses, à accepter l'argent et à garder le silence.
L'avocat a aussi questionné M. Wright sur sa décision de dire au premier ministre, le 22 février 2013, que le sénateur Duffy allait rembourser ses allocations de dépenses.
Pourquoi avait-il menti au premier ministre? a demandé Me Bayne, a rapporté Global News.
«Je ne crois pas avoir menti au premier ministre, a affirmé M. Wright. Je n'ai pas mentionné la source de l'argent. Je n'ai pas pensé que ça faisait une différence.»
En février 2013, le plan était que le Parti conservateur allait fournir l'argent à M. Duffy pour le remboursement, selon Global News. Mais lorsque la somme due s'est finalement avérée être trois fois plus élevée, le parti a changé d'idée et Nigel Wright a remis un chèque personnel au sénateur.

RAY NOVAK FÉLICITÉ

Dans un courriel écrit à la suite du mea culpa public de Mike Duffy, Nigel Wright a personnellement félicité Ray Novak, qui est aujourd'hui le bras droit de Stephen Harper.
«J'apprécie le travail de l'équipe dans ce dossier», a-t-il écrit.
«Un de réglé, deux à venir et un hors d'état de nuire», a-t-il ajouté, faisant allusion aux autres éléments trouble au Sénat: Pamela Wallin, Dennis Patterson et Patrick Brazeau.
Duffy s'impose dans la campagne
Le procès du Mike Duffy a continué de monopoliser l'attention des chefs des partis qui font campagne en vue des élections fédérales, au grand dam du premier ministre sortant, Stephen Harper.
«Des gens [du cabinet] étaient au courant du "cover up", a dit le chef libéral Justin Trudeau. Ces gens manquent de respect pour le poste qu'ils occupaient et pour les Canadiens.»
«M. Harper a toujours nié que des gens de son cabinet savaient, a dit le chef néo-démocrate, Thomas Mulcair. Maintenant nous savons que tout ça a été concocté dans son bureau par ses plus proches collaborateurs.»
Pour sa part, Stephen Harper a continué de marteler que seulement deux personnes doivent être tenues responsables dans ce scandale: Mike Duffy et Nigel Wright.
Mike Duffy fait face à 31 chefs d'accusation de fraude, d'abus de confiance et de corruption, en lien avec des indemnités de dépenses réclamées au Sénat depuis sa nomination en 2009 par
Stephen Harper, notamment des dépenses liées à son logement. Le procès a commencé en juin.
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