lundi, mai 25, 2015

Un pansement intelligent créé par une ado de 17 ans

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L’invention suscite l’intérêt de plusieurs scientifiques

La découverte qu’a faite Sandrine Bayard pourrait, dans l’avenir, avoir un impact considérable dans le monde de la santé.  À l’expo-science pancanadienne, son projet nommé «le pansement qui pense» lui a valu six différentes bourses d’entrées dans des universités du pays.
PHOTO COURTOISIE

La découverte qu’a faite Sandrine Bayard pourrait, dans l’avenir, avoir un impact considérable dans le monde de la santé. À l’expo-science pancanadienne, son projet nommé «le pansement qui pense» lui a valu six différentes bourses d’entrées dans des universités du pays.

Emy-Jane Déry
Une adolescente de 17 ans de Port-Cartier a créé un pansement intelligent capable de détecter les possibles infections résultant d’une blessure.
L’idée est venue à Sandrine Bayard après que sa grand-mère eut subi d’importantes brûlures au second degré en échappant son thé.
Au cours de sa guérison, la femme devait changer régulièrement de pansement, ce qui était très douloureux. On lui a finalement mis un pansement «long terme» qui doit être retiré uniquement à la fin du processus. Comble du malheur, les médecins ont réalisé qu’une infection s’était développée et que tout était à recommencer.
«C’était vraiment décourageant de devoir recommencer tout le processus. Alors je me suis demandé si on pourrait utiliser un pansement qu’on n’enlève pas du tout, mais qui pourrait nous permettre de savoir s’il y a, ou non, une infection», a-t-elle simplement raconté.
Elle a ensuite élaboré l’idée d’un pansement de cellulose bactérienne et graphène capable de mesurer la quantité de bactéries présentes dans une plaie par mesure électrique.
Dans la cour des grands
Sandrine a ensuite soumis son projet à Younès Messaddeq, l’un des plus importants chercheurs de l’Université Laval, titulaire de la Chaire d’excellence en recherche du Canada sur l’innovation en photonique dans le domaine de l’information et des communications. Il lui a ouvert les portes d’un laboratoire de l’Université, le temps d’un été, afin qu’elle puisse accomplir ses recherches.
M. Messaddeq décrit Sandrine comme «un modèle pour le Canada», rien de moins.
«Elle a fait ça en moins de deux mois, c’est impressionnant. C’est un travail qu’elle a réalisé avec acharnement, beaucoup de dévouement. C’est génial! On pense écrire un article scientifique dans des journaux qui ont de l’impact, qui vont faire faire à ses résultats le tour de la communauté internationale», dit-il.
«Les plaies d’un patient diabétique ne ferment pratiquement pas pendant très longtemps et, là, on parle de deux mois et c’est presque fermé. Et j’ai vu les expériences, ce n’est pas quelque chose qu’on est en train d’inventer, c’est quelque chose qui aura vraiment un impact sur la santé de la population.»