samedi, mai 16, 2015

La commission Charbonneau franchit le cap des 40 M$

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France Charbonneau, Juge
PHOTO JOURNAL DE MONTRÉAL, PIERRE-PAUL POULIN

France Charbonneau, Juge

Mélanie Colleu
La corruption dans l’industrie de la construction a coûté cher, mais enquêter sur cette corruption a aussi un prix. La commission Charbonneau a déjà coûté 40,8 M$, a appris Le Journal.
La plus grosse partie de cette somme est absorbée par les salaires des commissaires, procureurs, enquêteurs et analystes, détaillent des documents obtenus en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.
En date du 31 mars 2015, leur rémunération totale s’élevait à 29 M$. Tandis que les coûts associés au fonctionnement de la commission d’enquête (sécurité, transcription, location d’équipement, etc.) atteignaient 11,8 M$.
3 M$ pour le trio de tête
Depuis le début des travaux – amorcés le 19 octobre 2011 –, trois acteurs emblématiques de la commission se sont partagé plus de trois millions de dollars.
Le commissaire Renaud Lachance, qui siégeait quotidiennement aux côtés de la juge Charbonneau, a empoché 1,4 M$ (toujours en date du 31 mars 2015).
Me Sonia Lebel, devenue procureure en chef en cours de mandat, a quant à elle touché un peu plus d’un million de dollars, tandis que le procureur Me Simon Tremblay a perçu 917 000 $.
Le salaire des autres procureurs, Me Paul Crépeau, Me Élizabeth Ferland, Me Cainnech Lussiaà-Berdou et Me Érika Porter, oscille pour sa part aux alentours de 500 000 $. Contrairement à ses collègues de travail, payés à taux horaire, la juge Charbonneau, reçoit un salaire établi par la Loi fédérale sur les juges (aux alentours de 290 000 $ par an).
Prolongation qui coûte cher
La deuxième prolongation accordée par le gouvernement à la commission Charbonneau entraînera inévitablement des déboursés supplémentaires.
Rappelons que le gouvernement Couillard lui a octroyé une seconde prolongation de sept mois, portant la date du dépôt du rapport final au 30 novembre 2015. Payer l’équipe des six procureurs encore en poste ainsi que le commissaire Renaud Lachance, pendant ces sept mois, coûtera près d’un million $.
«On aurait dû arrêter au bout de deux ans. On a étiré la sauce», constate Michel Nadeau, directeur général de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques. Selon lui, il faudra faire le ratio entre ce que la commission a apporté et ce qu’elle a coûté. «L’État québécois va-t-il récupérer de l’argent? Je n’en suis vraiment pas certain.»