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jeudi, décembre 01, 2016

Donald Trump surprend en couvrant d'éloges le Pakistan

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Publié le 01 décembre 2016 à 06h57 | Mis à jour à 06h57
Invité par le chef du gouvernement pakistanais Nawaz Sharif, à... (REUTERS)
REUTERS
Invité par le chef du gouvernement pakistanais Nawaz Sharif, à lui rendre visite, Donald Trump a affirmé qu'il «aimerait beaucoup venir dans un pays fantastique, endroit fantastique où vivent des gens fantastiques».

KHURRAM SHAHZAD
Agence France-Presse
ISLAMABAD
Le président américain élu Donald Trump a couvert d'éloges le Pakistan, son peuple et son premier ministre lors d'un échange dont la teneur -rapportée par Islamabad- tranche radicalement avec ses précédentes positions sur ce même pays.
Les deux hommes se sont entretenus au téléphone à l'initiative du chef du gouvernement pakistanais Nawaz Sharif, qui a appelé M. Trump pour le féliciter de sa victoire.
Le gouvernement pakistanais a publié dans la nuit de mercredi à jeudi un compte rendu inhabituellement direct de leur conversation, dans lequel apparaissent des tournures de langage typiques de M. Trump.
«Vous êtes un type super. Vous faites un travail extraordinaire, qui se voit partout. Je suis impatient de vous rencontrer bientôt. En vous parlant, M. le premier ministre, j'ai l'impression de parler à une personne que je connais depuis longtemps», a déclaré M. Trump à son interlocuteur, selon les propos rapportés par le gouvernement pakistanais.
«Votre pays est extraordinaire, avec des opportunités énormes. Les Pakistanais sont l'un des peuples les plus intelligents qui soient», a-t-il encore déclaré selon ce texte.
Invité par M. Sharif à lui rendre visite, M. Trump a affirmé qu'il «aimerait beaucoup venir dans un pays fantastique, endroit fantastique où vivent des gens fantastiques».
Si cela se concrétisait, M. Trump serait le premier président américain à se rendre au Pakistan depuis la venue de George Bush durant la dictature militaire de Pervez Musharraf en 2006.
Trump a également proposé d'aider à résoudre les problèmes du Pakistan, qui fait notamment face à des violences extrémistes.
«Je suis (...) partant pour jouer le rôle que vous souhaiterez que je joue pour s'attaquer aux problèmes en suspens», a-t-il dit, toujours selon Islamabad.
Au premier ministre pakistanais, actuellement englué dans des poursuites pour corruption, M. Trump a déclaré qu'il avait «une très bonne réputation».
Le bureau de M. Trump a confirmé la conversation téléphonique, mais en a donné un compte rendu plus sobre, assurant que les deux hommes avaient eu «une conversation fertile sur la façon d'assurer une relation forte dans l'avenir entre les États-Unis et le Pakistan».
«Pas notre ami»
La teneur du texte a provoqué la stupeur dans la presse et sur les réseaux sociaux, où les internautes rappelaient la rhétorique anti-islam de Trump avant son élection, et ses précédents propos très critiques envers le Pakistan.
Le 17 janvier 2012, il avait écrit sur Twitter: «Que cela soit clair: le Pakistan n'est pas notre ami. Nous leur avons donné des milliards et des milliards de dollars, et qu'avons-nous eu en retour? Trahison, manque de respect -- et pire encore. #ilfautêtreferme».
[EnLeader]Les Pakistanais se montrent également inquiets de sa proximité affichée avec l'Inde rivale, dont il a rencontré le premier ministre Narendra Modi le mois dernier.
Le candidat républicain avait courtisé les électeurs d'origine indienne pendant la campagne. Depuis son élection, il a rencontré des hommes d'affaires indiens.
Le Pakistan est très dépendant de l'aide américaine et devrait recevoir environ un milliard de dollars en aide économique et militaire pour l'année fiscale 2017.
Mais le pays a accueilli l'élection de M. Trump avec circonspection, s'interrogeant sur ses conséquences sur l'aide américaine et les relations bilatérales souvent chaotiques entre les deux pays.
Certains internautes ont salué ces propos comme une bonne surprise. D'autres se sont montrés plus sceptiques.
«M. Trump, savez-vous que la plupart des Pakistanais sont musulmans - comment peuvent-ils aussi être «géniaux et exceptionnels'? Ne les empêcherez-vous pas d'entrer» aux États-Unis?, a ironisé un journaliste pakistanais, Omar Quraishi, en référence à une proposition en ce sens de M. Trump durant sa campagne.
«Je suis toujours en train d'essayer de comprendre ce coup de fil bizarroïde Trump-Sharif. Qui aurait pu penser que Trump deviendrait un promoteur de PakPositive ?» a tweeté Michael Kugelman, chercheur au Woodrow Wilson Center à Washington.
Ce spécialiste de l'Asie du Sud a ensuite a averti qu'il ne fallait pas tirer trop de conclusions des propos de Trump, étant donné qu'il peut être très «imprévisible».

mercredi, novembre 30, 2016

Les cendres de Fidel Castro quittent La Havane pour Santiago

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Publié le 30 novembre 2016 à 06h21 | Mis à jour à 06h21
People wave Cuban flags as they attend a... (REUTERS)
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People wave Cuban flags as they attend a massive tribute to Cuba's late President Fidel Castro in Revolution Square in Havana, Cuba, November 29, 2016. REUTERS/Edgard Garrido

ALEXANDRE GROSBOIS
Agence France-Presse
La Havane
Après deux jours d'hommages posthumes, les cendres de Fidel Castro quittent définitivement mercredi la capitale cubaine pour parcourir le pays jusqu'à Santiago de Cuba (est), berceau de la révolution où elles doivent être mises en terre dimanche.
L'urne funéraire en bois, exposée dans un salon du ministère des Forces armées depuis la crémation du «Comandante», doit être embarquée vers 8h00 à bord d'un cortège motorisé qui doit suivre sur quelque 950 km le trajet effectué dans la sens inverse par Fidel Castro au moment de la victoire de sa guérilla en 1959.
Au terme de quatre jours de voyage, les restes de Fidel Castro seront enterrés dimanche au cimetière de Santa Ifigenia de Santiago, à côté du mausolée de José Marti, héros de l'indépendance de Cuba.
Ces funérailles scelleront la fin du deuil national décrété pour neuf jours après son décès annoncé vendredi soir par son frère et successeur Raul Castro.
Du 2 au 8 janvier 1959, à bord de sa «Caravane de la liberté», Fidel Castro avait traversé le pays en triomphateur, dans la foulée de la fuite à l'étranger du dictateur Fulgencio Batista, acculé à La Havane par les troupes castristes, alors que le père de la révolution prenait simultanément le contrôle de Santiago de Cuba.
Le jeune «barbudo» avait alors prêché son projet révolutionnaire dans les principales régions du pays, dont Holguin (sud-est), où il est né, et les villes de Camagüey, Las Tunas, Sancti Spiritus, Santa Clara ou Matanzas, qui jalonnent le pays d'est en ouest.
Le premier temps fort de cette procession devrait être l'étape de Santa Clara, où reposent dans un mausolée les cendres de son compagnon de lutte, le guérilléro argentin Ernesto «Che» Guevara, décédé en 1967.
«Cher Fidel»
Critiqué par l'ONU et par ses opposants pour des violations des droits de l'Homme, Fidel Castro reste toutefois vénéré par beaucoup de Cubains, qui ont subi un véritable choc à l'annonce de son décès, à 90 ans.
En vertu du deuil national décrété de vendredi à dimanche prochain, les rassemblements et les spectacles ont été annulés, les matches de baseball suspendus, les discothèques fermées et la vente d'alcool interdite.
Les médias nationaux consacraient exclusivement leurs programmes à ce deuil, et diffusaient en boucle l'hymne «Chevauchant avec Fidel», une «trova» aux accents romantiques composée par le chanteur populaire cubain Raul Torres.
Mardi soir, des centaines de milliers de Havanais avaient rendu un dernier hommage à Fidel Castro, aux côtés de dirigeants de la gauche latino-américaine et d'Afrique qui ont exhorté en tribune à perpétuer le legs du «Comandante».
«Il ne part pas, il reste là, invaincu parmi nous, absous, totalement absous par l'Histoire», s'est notamment exclamé le président vénézuélien Nicolas Maduro, proche allié de Cuba, en référence au fameux «l'Histoire m'absoudra» lancé par Fidel Castro à son procès après l'assaut de la caserne de la Moncada qui forgea le début de sa légende en 1953.
Puis Raul Castro s'est adressé à son frère: «Cher Fidel (...) ici, où nous commémorons nos victoires, nous te disons aux côtés de notre peuple dévoué, combatif et héroïque: Jusqu'à la victoire, toujours!» («Hasta la victoria, siempre!»), reprenant l'antienne des révolutionnaires cubains.
Cette soirée d'hommages à la tonalité très politique a été largement boudée par les chefs d'État occidentaux, dont le président américain Barack Obama, pourtant artisan d'un rapprochement historique depuis fin 2014 entre les deux ex-ennemis de la Guerre froide.
De même, les présidents de pays amis, le Russe Vladimir Poutine, le Chinois Xi Jinping et l'Iranien Hassan Rohani, ont préféré se faire représenter par des émissaires.

Soutien à domicile: des interventions toujours plus courtes

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EXCLUSIF
Publié le 30 novembre 2016 à 07h32 | Mis à jour à 07h32
Alors qu'en 2011-2012, les auxiliaires, préposés et infirmières... (Photo André PIchette, archives La Presse)
PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE
Alors qu'en 2011-2012, les auxiliaires, préposés et infirmières à domicile consacraient en moyenne 55 minutes par intervention, en 2015-2016, cette action a chuté à 48 minutes

Au cours des cinq dernières années, il y a eu diminution de la durée moyenne des interventions auprès des patients recevant des soins à domicile à Montréal, révèlent de nouvelles données consultées par La Presse. Alors qu'en 2011-2012, les auxiliaires, préposés et infirmières à domicile consacraient en moyenne 55 minutes par intervention, en 2015-2016, cette action a chuté à 48 minutes. Et pour les premiers mois de 2016-2017, la durée moyenne d'intervention atteint à peine les 44 minutes.
Cette baisse dans la durée d'intervention survient alors que la demande pour du soutien à domicile ne cesse d'augmenter. Depuis cinq ans, le nombre d'interventions a augmenté de 39 % dans les CLSC de Montréal. « C'est simple : on doit faire plus avec moins », affirme la présidente de la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ), Claire Montour.
« Les [besoins des] usagers en soins à domicile sont de plus en plus lourds. Mais il faut faire de plus en plus vite. Cette tendance à la productivité à tout prix a un coût », dénonce le vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Guy Laurion.
Pour le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, cette baisse du temps d'intervention est plutôt la preuve que le réseau est de plus en plus efficace. Le ministre souligne que dans le passé, le réseau de la santé était plus « lousse » dans les évaluations des services requis par les usagers du soutien à domicile. « Nous sommes plus rigoureux dans nos analyses. Car notre défi est de donner le plus de services, au plus de monde possible », affirme M. Barrette.
Le ministre ajoute qu'au cours des dernières années, le budget en soutien à domicile n'a cessé d'augmenter, de même que le nombre d'usagers qui en bénéficient.

Dépenses en soutien à domicile au Québec (MSSS)
  • 2010-2011 : 1 060 136 907 $
  • 2011-2012 : 1 116 826 567 $
  • 2012-2013 : 1 174 492 995 $
  • 2013-2014 : 1 264 451 330 $
  • 2014-2015 : 1 338 702 459 $
  • 2015-2016 (préliminaire) : 1 351 901 499 $
Mais pour Mme Montour, cette recherche d'efficacité pousse les directions d'établissement à mettre beaucoup de pression sur les travailleurs pour réduire leur temps d'intervention. « Le personnel paye le prix de leur santé. On leur met une pression énorme pour entrer dans les temps. Il faut que ça cesse », dit-elle.
« La conséquence pour le personnel est l'épuisement professionnel. Pour les patients, c'est la quantité et la qualité des soins qui écopent. Il n'y a plus de jus dans le système. Il faut arrêter de lui tordre les bras », affirme M. Laurion.
Devant la hausse de la demande en soutien à domicile, de plus en plus de CLSC ont eu recours à du personnel d'agences privées pour offrir les services. En 2011, 29 % des interventions étaient confiées à ces employés, contre 32 % aujourd'hui.
Mme Montour indique que de plus en plus d'infirmières quittent leurs fonctions en soins à domicile, insatisfaites de leurs conditions de pratique. « Elles sont constamment surveillées, pressées dans le temps. Plusieurs quittent. Mais la demande est là », dit-elle.
LES QUARTIERS PAS TOUS ÉGAUX
Les citoyens de Montréal ne sont pas tous égaux quand vient le temps de parler de soutien à domicile, révèlent les statistiques disponibles sur le site de l'Espace montréalais d'information sur la santé. Alors que sur le territoire de l'ancien Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de l'Ouest-de-l'Île, la durée moyenne d'intervention atteint 52 minutes, elle est de 31 minutes dans le Sud-Ouest-Verdun.
Durée moyenne d'une intervention par territoire en soutien à domicile (minutes)
  • CSSS de l'Ouest-de-l'Île 52,1
  • CSSS Dorval-Lachine-LaSalle 35,6
  • CSSS Sud-Ouest-Verdun 30,7
  • CSSS Pointe-de-l'Île 42,3
  • CSSS Lucille-Teasdale 40,3
  • CSSS Saint-Léonard-Saint-Michel 39,0
  • CSSS de la Montagne 42,0
  • CSSS Cavendish 49,6
  • CSSS Jeanne-Mance 36,4
  • CSSS Bordeaux-Cartierville - Saint-Laurent 44,6
  • CSSS Coeur-de-l'Île 39,6
  • CSSS Ahuntsic-Montréal-Nord 45,3
Ces fluctuations s'expliquent par le type de clientèle desservie par les CLSC. Mais peu importe le territoire étudié, la durée moyenne des interventions en soutien à domicile a diminué depuis cinq ans, note Mme Montour.
LES AÎNÉS TOUCHÉS
Différentes clientèles reçoivent du soutien à domicile, dont des personnes présentant une déficience physique ou intellectuelle et des personnes âgées en perte d'autonomie. Ces dernières ne sont pas épargnées par les baisses du temps moyen par intervention. Le nombre d'interventions auprès des aînés vulnérables a augmenté de 48 % depuis cinq ans pour atteindre 2 916 086 en 2015-2016. Pendant ce temps, la durée moyenne d'intervention a chuté de 18 % et s'élève à 44 minutes.
« Cette clientèle est la plus pénalisée par la diminution du temps d'intervention. On coupe un bain par semaine ici, un autre soin là... On restreint leur plateau de services », dénonce Mme Montour, pour qui la situation est « injuste et témoigne d'un manque total de respect pour les patients ».
Le ministre Barrette réplique que le réseau de soutien à domicile a été « réorganisé pour être plus efficace ». « On combine par exemple deux services en une visite, comme le lavage et le ménage [...] On a à prendre la bonne décision pour donner le plus au maximum de gens possible. On ne le fait pas pour écoeurer le monde, mais pour être plus efficace. »
Lors de la mise à jour budgétaire en octobre, le gouvernement a annoncé qu'il investirait 100 millions de plus cette année et 300 millions de plus l'an prochain en santé. Une bonne partie de ces sommes doit être consacrée aux soins à domicile. La somme exacte dépendra en partie des transferts fédéraux en santé, qui sont encore en négociations. Une décision qui sera « cruciale », selon M. Barrette.
Pour Mme Montour, cette annonce d'investissement du ministre n'est que de la « poudre aux yeux ». « On a fait des compressions de 1,6 milliard en santé. Et là, on ajoute 300 millions... On a enlevé beaucoup plus que ce que l'on va remettre. Faire croire le contraire est un spectacle », dit-elle.
- Avec la collaboration de Thomas de Lorimier, La Presse