Annonce

mercredi, octobre 12, 2016

Lisée dénonce les propos de Couillard


http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/

Publié le 11 octobre 2016 à 18h30 | Mis à jour le 11 octobre 2016 à 20h38
Le nouveau chef du Parti québécois Jean-François Lisée... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)
Le nouveau chef du Parti québécois Jean-François Lisée
PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE
LOUIS-SAMUEL PERRON, MARTIN CROTEAU
La Presse
En tant que premier ministre du Québec, Philippe Couillard devrait être «plus tolérant» au lieu d'accuser ses adversaires d'avoir des propositions «d'extrême droite», a dénoncé Jean-François Lisée. Le nouveau chef du Parti québécois a réagi pour la première fois depuis son élection mardi soir aux propos du premier ministre qui avait associé samedi le PQ aux «partis populistes d'Europe».

































«C'est préoccupant que le premier ministre du Québec ne donne pas l'exemple de la tenue d'un débat démocratique respectueux. [...] Ce n'est pas parce qu'on n'est pas d'accord avec lui [M. Couillard] qu'on est membre d'un parti populiste européen !», a lancé Jean-François Lisée, en mêlée de presse à Montréal. Le nouveau chef soutient avoir trouvé «bizarre» la réaction du premier ministre au lendemain de son élection. «Je ne suis pas assez formé pour entrer dans sa tête», a-t-il ajouté, lapidaire, au sujet des motivations de Philippe Couillard.
En visite en Islande samedi pour participer à l'Arctic Circle, Philippe Couillard a affirmé que la victoire de Jean-François Lisée ramènerait le Parti québécois «vers la voie des partis populistes d'Europe, vers la voie de l'exclusion, [à un] discours qui va être très fermé par rapport à l'immigration». Il a également déclaré que le nouveau chef de l'opposition officielle prônait un «nationalisme de peureux, de fermeture et d'exclusion».
«Que le premier ministre réagisse comme ça, en voulant disqualifier du débat des positions raisonnables, ce n'est pas à moi qu'il parle, c'est à l'immense majorité des Québécois qui trouvent que ces questions devraient être discutées sans être accusé d'être d'extrême droite», a déploré Jean-François Lisée.
Lisée veut unir les troupes
Jean-François Lisée n'a pas la «moindre inquiétude» qu'il arrivera à recoller les morceaux au sein de son caucus péquiste, divisé entre lui et Alexandre Cloutier au terme d'une course aux attaques parfois acrimonieuses. «C'était une course intense. On est au Parti québécois !», a-t-il résumé. Le nouveau chef a obtenu l'appui de seulement six députés péquistes sur 28 pendant la course à la direction, contre 14 pour son rival Alexandre Cloutier.
Jean-François Lisée tient cette semaine une série de rencontres individuelles avec ses députés pour désigner des officiers et préciser les rôles de chacun. Il était à Montréal mardi et sera à Québec mercredi. L'équipe parlementaire se réunira en caucus vendredi. Au cours des rencontres tenues mardi, certains députés avaient des reproches à lui faire, a-t-il concédé.
«Chacun voit ça comme un nouveau départ, donc il ne faut pas manquer ce nouveau départ. C'est une occasion de mieux aligner nos choses. Il y a des gens qui avaient des choses à me dire, à me suggérer, à me reprocher. On s'est parlé franchement. Je pense qu'il fallait diffuser un certain nombre de malentendus. Il y a des gens qui avaient même mal compris ce que je voulais dire par certaines propositions», a expliqué M. Lisée.
Questionné au sujet des reproches exacts de ses députés, le nouveau chef péquiste a plutôt parlé d'incompréhension sur sa démarche souverainiste. «Il y a des gens qui disent : "mais oui, Jean-François, on va juste parler de renverser le gouvernement". J'ai dit : ''mais non ! Ce n'est pas ça !'' Je veux faire en sorte d'augmenter le nombre d'indépendantistes d'ici 2022, on va commence tout de suite à le faire. Ne pensez pas qu'on va manquer l'occasion du 150eanniversaire du Canada pour dire les 150 fois où on s'est fait avoir par le Canada ! Ça va être un moment pédagogique extraordinaire !», a-t-il lancé, enthousiasme. 
L'un des députés du Parti québécois rencontrés mardi, Dave Turcotte, s'est dit « satisfait et enthousiaste » de sa conversation avec son nouveau chef. Il ne croit pas que l'élection de M. Lisée sera contestée à l'interne, même s'il a eu besoin de deux tours de scrutin pour obtenir l'appui d'une majorité des membres du PQ.
«La différence, l'écart avec les autres candidats, est tellement importante que ça lance un message très clair», a noté M. Turcotte, qui a soutenu la candidature d'Alexandre Cloutier.  Du reste, le député de Saint-Jean s'attend à ce que le caucus se rallie au nouveau chef, même si la majorité ne l'a pas appuyée dans la course.
«Quand c'est notre poulain qui gagne, on est contents que les autres se rallient et on veut que tout le monde se rallie, a-t-il dit. Quand nous perdons, nous devons être cohérents avec nous-mêmes.»


Système de santé canadien: Donald Trump se trompe, selon Gaétan Barrette

http://www.lapresse.ca/actualites/sante/

Publié le 12 octobre 2016 à 06h24 | Mis à jour à 06h24
Gaétan Barrette, ministre québécois de la Santé... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)
Gaétan Barrette, ministre québécois de la Santé
PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Donald Trump « parle énormément à travers son chapeau » quand il dénigre le système de santé canadien, estime le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette.
« Notre système de santé a de grandes qualités. [...] Oui, on attend. Mais aux États-Unis, on paye très cher. Et en ce qui concerne la qualité, on n'a rien à envier aux Américains », martèle le ministre.
Lors du débat présidentiel de dimanche aux États-Unis, le candidat républicain Donald Trump a critiqué le système de santé canadien en affirmant qu'il était « tellement lent » que c'était « une catastrophe ».
« Tout le monde connaît le personnage. Les gens sont habitués de le voir lancer des choses à tort et à travers », a commenté le ministre Barrette, hier.
Accès universel
M. Barrette rappelle qu'au Canada, « tout le monde » est couvert par l'assurance maladie, ce qui n'est pas le cas aux États-Unis.
« On peut envier les infrastructures américaines et le fait qu'il y ait moins d'attente. [...] Mais des millions de personnes n'ont pas totalement accès au système de santé aux États-Unis. »
Si le ministre reconnaît que le système de santé canadien n'est « pas parfait », il est « convaincu que notre système est meilleur que celui des États-Unis et de qualité égale ».
M. Barrette, qui a effectué une partie de ses études aux États-Unis, affirme même que le système canadien est « plus productif par rapport à celui des États-Unis ». « On fait plus avec le même nombre de personnel et d'équipement », dit-il.
Pour le ministre Barrette, il est évident que Donald Trump « parle en méconnaissance de cause ».
Il ne partage pas non plus l'opinion du candidat républicain lorsqu'il affirme que la réforme de la santé du président Barack Obama (Obamacare) est un « désastre total ». « Au contraire, c'est une percée inespérée dans le monde américain. Avant, le système de santé américain était injuste et laissait des tas de gens en plan. Ce n'est pas encore parfait. Mais un grand pas a été franchi », note le ministre Barrette.
Donald Trump a également soutenu que « quand les Canadiens ont besoin d'une grosse opération, ils viennent aux États-Unis dans plusieurs cas ». Le ministre Barrette réplique qu'il arrive aussi que des Américains franchissent la frontière pour venir se faire soigner. « Plusieurs Américains envient notre système de santé. [...] Plusieurs viennent aussi acheter leurs médicaments ici, car chez eux, c'est trop cher », note-t-il.

lundi, octobre 10, 2016

Deuxième débat virulent entre Trump et Clinton

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/dossiers/elections-americaines/

Publié le 10 octobre 2016 à 07h29 | Mis à jour à 07h29
Hillary Clinton et Donald Trump se sont affrontés... (Robyn Beck, AFP)
Hillary Clinton et Donald Trump se sont affrontés dimanche soir pour le deuxième débat présidentiel,
 à St. Louis, dans le Missouri.
ROBYN BECK, AFP
IVAN COURONNE, JÉRÔME CARTILLIER
Agence France-Presse
Saint Louis
Donald Trump a lancé dimanche une salve d'attaques contre Hillary Clinton pour tenter de sauver sa campagne, déterrant les frasques sexuelles de Bill Clinton et menaçant même d'envoyer sa rivale en prison s'il était élu à la Maison-Blanche.
Dans les cordes après la divulgation de ses propos dégradants sur les femmes, lâché par nombre de ténors républicains à moins d'un mois de l'élection présidentielle du 8 novembre, le candidat républicain a opté, lors d'un débat tendu et acerbe, pour un affrontement très personnel.
«Je n'en suis pas fier, je me suis excusé auprès de ma famille et des Américains», a-t-il lancé d'emblée évoquant la vidéo dans laquelle il relate, mots crus à l'appui, la façon brutale dont il approche les femmes qu'il désire.
«Mais si vous regardez Bill Clinton, c'est bien pire», a-t-il ajouté, affirmant que l'ancien président, qui était présent dans la salle, avait «abusé des femmes».
En position de force pour succéder à Barack Obama en janvier, la candidate démocrate a matraqué un message: son rival n'a pas les qualités requises pour être président.
Le Donald Trump de la vidéo «c'est tout à fait lui», a-t-elle martelé. «Nous l'avons vu insulter des femmes, nous l'avons vu noter les femmes, sur leur apparence, les classer de un à dix», a-t-elle insisté, rappelant que le magnat de l'immobilier s'en était aussi pris «aux immigrés, aux afro-américains, aux latinos, aux handicapés».
Tendu, montrant des signes d'agacement, parfois menaçant dans l'attitude, Donald Trump a sorti, une à une, toutes ses cartouches: affaire de la messagerie privée, drame de Benghazi, gaffe d'Hillary Clinton sur les électeurs «pitoyables».
«Vous seriez en prison !»
«Si je gagne, je vais donner l'ordre à mon ministre de la Justice de nommer un procureur spécial pour faire la lumière sur votre situation, parce qu'il n'y a jamais eu autant de mensonges, autant de choses cachées», a-t-il dit.
Si j'étais président, «vous seriez en prison!», a-t-il ajouté.
«Je sais que vous tentez de faire diversion», a répondu l'ancienne secrétaire d'Etat, dénonçant une nouvelle fois son rival pour son refus obstiné de publier sa déclaration d'impôts.
«Il vit dans un autre monde», a-t-elle lancé, jugeant «amusant» de voir quelqu'un «qui n'a pas payé d'impôts sur le revenu pendant 20 ans expliquer ce qu'il va faire» sur la fiscalité.
La Russie a donné lieu à de vifs échanges, la candidate démocrate s'insurgeant que Moscou essaie d'influencer les élections américaines de novembre en faveur de son rival. Le renseignement américain a pour la première fois vendredi ouvertement accusé la Russie d'interférence dans le processus électoral, via des piratages informatiques.
L'ancienne chef de la diplomatie a aussi jugé nécessaire de lancer une enquête sur la Russie pour crimes de guerre en Syrie.
Une heure trente avant le début du débat, Donald Trump avait convié quelques journalistes dans un hôtel à Saint-Louis où il était entouré de quatre femmes, dont trois accusent Bill Clinton de les avoir agressées dans les années 1970 et 1990, et Hillary Clinton d'avoir aidé à son mari à les dénigrer.
«M. Trump a peut-être dit des choses mauvaises, mais Bill Clinton m'a violée et Hillary Clinton m'a menacée», a dit Juanita Broaddrick, qui clame ses accusations depuis des années, pour des faits remontant selon elle à 1978.
Une battante
Avant même que le scandale de la vidéo de Trump n'explose vendredi, Hillary Clinton avait repris une avance confortable dans les sondages.
Elle a reçu l'appui du président Barack Obama, qui a pour la première fois commenté l'affaire dimanche.
Dénonçant «le langage incroyable du candidat républicain», il a jugé indigne du Bureau ovale l'attitude consistant à «avilir les femmes, mais aussi les minorités, les immigrés, les gens d'autres religions, se moquer des handicapés, insulter nos soldats et nos anciens combattants...».
Selon un sondage CNN/ORC, 57% des personnes ayant regardé le débat ont donné la victoire Hillary Clinton.
Si le débat avait débuté dans un climat d'extrême tension, les deux candidats ne se serrant pas la main en arrivant sur le plateau, il s'est achevé - de manière surprenante - sur une note plus apaisée.
«Elle n'abandonne pas, elle ne lâche jamais et je respecte cela, je le dis franchement», a affirmé l'exubérant milliardaire septuagénaire, interrogé sur les qualités de son adversaire.
«Je suis en désaccord avec la plupart de ce pour quoi elle se bat mais c'est une battante», a-t-il conclu, avant, cette fois-ci, d'aller saluer sa rivale.
Mike Pence, qui s'était dit «outré» par les propos machistes et vulgaires de Trump, suscitant des interrogations sur l'avenir de leur duo, a félicité ce dernier après le débat, se disant fier d'être à ses côtés.
À bord de son avion de campagne qui la ramenait à New York, Hillary Clinton s'est déclarée «étonnée» par «l'avalanche de mensonges» proférés par son adversaire tout au long de ce débat à la tonalité inédite dans l'histoire politique américaine.