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mardi, juillet 26, 2016

Prise d'otages en France: un prêtre tué, l'EI derrière l'attaque

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Publié le 26 juillet 2016 à 06h41 | Mis à jour à 08h51
Le prêtre a été tué et un ex-otage... (PHOTO REUTERS)
PHOTO REUTERS
Le prêtre a été tué et un ex-otage se trouvait mardi entre la vie et la mort.

HERVÉ LIONNET, KATELL PRIGENT
Agence France-Presse
Saint-Étienne-du-Rouvray
Deux jihadistes ont égorgé un prêtre et grièvement blessé une personne lors d'une prise d'otages mardi dans une église à Saint-Etienne-du-Rouvray, dans le nord-ouest de la France, une nouvelle attaque qui cible la cohésion d'un pays fragilisé.
Le groupe État islamique (EI) a rapidement revendiqué l'agression en affirmant, via son agence de propagande, que les auteurs étaient deux de ses « soldats ». L'organisation jihadiste avait déjà endossé la responsabilité de l'attaque qui a fait 84 morts et des centaines de blessés le 14 juillet à Nice (sud-est).
« Ce sont les catholiques qui ont été frappés, mais ce sont tous les Français qui sont concernés », a déclaré le président socialiste François Hollande. Venu rapidement sur place, il a appelé le pays à la « cohésion » et à faire « un bloc que personne ne doit pouvoir fissurer ».
« La menace reste très élevée », a-t-il ajouté, accompagné du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.
La prise d'otages est survenue en pleine célébration d'une messe mardi matin dans cette église d'une cité populaire de la banlieue de Rouen.
Selon le ministère de l'Intérieur, trois otages ont pu être libérés sains et saufs. Le père Jacques Hamel, 84 ans, a été égorgé, a-t-on indiqué de sources proches de l'enquête, et un ex-otage se trouvait mardi entre la vie et la mort.
Les deux preneurs d'otages à l'identité inconnue ont été abattus par la police. Le parquet antiterroriste a été saisi de l'enquête.
L'EI cible régulièrement dans sa propagande et ses communiqués de revendication les dirigeants « croisés » occidentaux et « le royaume de la Croix », expression semblant désigner l'Europe.
Le pape s'associe à « la douleur et à l'horreur », a réagi le Vatican, en condamnant « un meurtre barbare » dans « un lieu sacré où s'annonce l'amour de Dieu ».
« L'innommable arrive »
Cette prise d'otages dans un édifice religieux est survenue près de deux semaines après l'attentat de Nice où un camion avait foncé dans la foule. Elle survient aussi le jour de l'ouverture à Cracovie (Pologne) des Journées mondiales de la jeunesse, grand rassemblement catholique auquel doit participer le pape François.
« Je crie vers Dieu, avec tous les hommes de bonne volonté. J'ose inviter les non-croyants à s'unir à ce cri », a affirmé dans un communiqué l'archevêque de Rouen, Dominique Lebrun, depuis Cracovie. « L'innommable arrive », a-t-il déploré.
La menace d'une attaque contre un lieu de culte chrétien planait depuis plus d'un an en France, notamment depuis l'échec d'un projet d'attentat en avril 2015 contre une église catholique de Villejuif, en banlieue parisienne.
Un étudiant algérien de 24 ans, Sid Ahmed Ghlam, est soupçonné d'avoir voulu prendre pour cible cette église, et peut-être d'autres lieux de culte catholiques en région parisienne. L'homme avait été arrêté avant qu'il ne puisse mettre son projet à exécution.
Après le projet d'attaque à Villejuif, le gouvernement avait annoncé une « adaptation » du dispositif de lutte antiterroriste concernant les lieux de culte catholiques.
Mais si les quelque 700 écoles et synagogues juives et plus de 1.000 des 2.500 mosquées du pays sont protégées dans le cadre de l'opération militaire Sentinelle, il paraît illusoire d'appliquer un même niveau de sécurité à la totalité des 45.000 églises catholiques.
Le gouvernement accusé
Frappée trois fois en 18 mois par des attentats sans précédent (17 morts en janvier 2015, 130 morts le 13 novembre, 84 morts le 14 juillet), la France vit dans la crainte de nouvelles attaques risquant de fracturer davantage la société.
Depuis l'attentat de Nice, le gouvernement socialiste a été accusé par la droite et l'extrême droite de n'avoir pas assez pris en compte le niveau de la menace terroriste.
Dans l'opinion, la colère semble aussi avoir pris le pas sur le sentiment d'unité nationale qui avait prévalu lors des deux premières attaques de masse de 2015.
Depuis plus d'un an, plusieurs projets d'attentat de masse ont été déjoués, mais des attaques ciblées, comme le double meurtre de policiers à leur domicile près de Paris en juin, ont profondément choqué la France.
Depuis les carnages jihadistes de 2015, les autorités ont prolongé plusieurs fois l'état d'urgence, un régime d'exception permettant notamment des assignations à résidence, entré en vigueur dans la foulée des attentats de Paris en novembre 2015.
Ce régime court jusqu'en janvier.
Le groupe État islamique, qui perd du terrain en Irak et en Syrie où il a proclamé un califat en 2014, a menacé régulièrement la France de représailles pour sa participation à la coalition militaire internationale dans ces deux pays.

Somalie: 13 tués dans un double attentat suicide à Mogadiscio

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Publié le 26 juillet 2016 à 06h34 | Mis à jour à 06h34
«Au moins 13 personnes ont été tuées dans... (PHOTO REUTERS)
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«Au moins 13 personnes ont été tuées dans deux explosions. Un des véhicules a explosé près d'un poste de contrôle et un autre près d'un bâtiment de l'ONU», a annoncé un responsable de la police, Bishaar Abdi Gedi.

Agence France-Presse
MOGADISCIO
Au moins 13 personnes ont été tuées mardi près de l'aéroport de Mogadiscio dans un double attentat-suicide à la voiture piégée revendiqué par les islamistes shebab, démontrant une nouvelle fois la capacité de nuisance du groupe affilié à Al-Qaïda au coeur de la capitale somalienne.
«Au moins 13 personnes ont été tuées dans deux explosions. Un des véhicules a explosé près d'un poste de contrôle et un autre près d'un bâtiment de l'ONU», a annoncé un responsable de la police, Bishaar Abdi Gedi.
«Les forces de sécurité ont réussi à intercepter les assaillants et à repousser l'attaque», a-t-il ajouté.
Des tirs ont suivi les deux explosions qui ont eu lieu aux abords de locaux de l'ONU et de la force de l'Union africaine (UA) en Somalie (Amisom), mais ont ensuite cessé, selon un journaliste de l'AFP sur place.
Les militants islamistes radicaux shebab ont revendiqué cette nouvelle attaque dans la capitale somalienne.
«Les deux explosions ont été menées par deux courageux kamikazes moudjahidines, qui ont ciblé deux endroits différents où les prétendus soldats de maintien de la paix sont basés», ont indiqué les shebab dans un communiqué.
L'aéroport international Aden Adde, du nom du premier président somalien, est devenu une forteresse depuis que s'est installée juste à côté la principale base de l'Amisom, forte de 22 000 hommes et qui aide le fragile gouvernement somalien dans sa lutte contre les shebab.
L'aéroport est défendu par l'Amisom, dont la base abrite également des bureaux des Nations unies, des organisations humanitaires et des ambassades.
«Vers 9h00 du matin (2h00 à Montréal), il y a eu une explosion en dehors de notre enceinte, à environ 200 m. Ça ressemblait à une attaque, ils voulaient attaquer. Maintenant la situation est calme et notre personnel travaille sur ce qui s'est passé», a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'Amisom, Joe Kibet.
«L'Amisom condamne ces attaques insensées qui n'ont pour but que de perturber et paralyser la vie des Somaliens ordinaires. Il faut mettre fin à ces attaques», a également estimé la force de l'UA, sur son compte twitter.
Cible privilégiée
Confrontés à la puissance de feu supérieure de l'Amisom, déployée en 2007, les shebab ont été chassés de Mogadiscio en août 2011.
Ils ont ensuite perdu l'essentiel de leurs bastions, mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, souvent jusque dans la capitale.
L'aéroport de Mogadiscio est l'une de leurs cibles privilégiées, notamment en raison de sa proximité avec la base de l'Amisom.
C'est dans cet aéroport qu'un avion de la compagnie Daallo Airlines avait dû effectuer un atterrissage d'urgence le 2 février, après qu'une explosion provoquée par une bombe eut fait un trou d'un mètre de diamètre dans son fuselage.
Les shebab utilisent régulièrement pour leurs attaques des véhicules piégés dont l'explosion précède souvent l'entrée en action d'un commando lourdement armé pour faire le plus de victimes possible.
Les insurgés islamistes ont eu recours à ce mode opératoire contre certains des hôtels les plus en vue de Mogadiscio ces derniers mois.
La dernière attaque en date, le 25 juin, contre l'hôtel Naasa Hablood, situé dans la partie sud de la ville, avait coûté la vie à au moins 11 personnes.
Elle faisait suite trois semaines plus tôt à celle de l'hôtel Ambassador, qui avait fait 10 morts, après un face-à-face de plus de 12 heures entre les assaillants et les forces de sécurité.
Cette nouvelle attaque intervient à l'approche de la date normalement prévue pour le «processus électoral» devant mener à l'élection de nouveaux députés et sénateurs, et d'un nouveau président.
Les différents acteurs se sont publiquement engagés à respecter la date limite du mois d'août, prévue par la Constitution de 2012 et privilégiée par la communauté internationale. Mais des querelles politiciennes pourraient compromettre cette échéance.

lundi, juillet 25, 2016

Convention démocrate: du sable dans l'engrenage

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Publié le 25 juillet 2016 à 06h30 | Mis à jour à 06h30
Hillary Clinton et Tim Kaine, lors d'un discours...
Hillary Clinton et Tim Kaine, lors d'un discours le 23 juillet.

RICHARD HÉTU
Collaboration spéciale
La Presse
(New York) Fuites embarrassantes de WikiLeaks. Démission de la présidente du parti. Attaques acharnées de Donald Trump. Sondages non concluants. La convention qui s'ouvre aujourd'hui à Philadelphie et qui officialisera la candidature d'Hillary Clinton à la présidence des États-Unis sera plus mouvementée que prévu.
La présidente du Comité national du Parti démocrate,... (PHOTO SCOTT AUDETTE, REUTERS) - image 1.0
La présidente du Comité national du Parti démocrate, Debbie Wasserman Schultz, a annoncé qu’elle démissionnerait de son poste à la fin de la convention de la formation, qui débute aujourd’hui. La représentante de la Floride quitte ses fonctions dans la foulée de la publication, vendredi, par WikiLeaks, de quelque 20 000 courriels internes révélant le parti pris des responsables du Parti démocrate en faveur d’Hillary Clinton durant la course à l’investiture.
PHOTO SCOTT AUDETTE, REUTERS
Il y a une semaine, Debbie Wasserman Schultz, présidente du Comité national du Parti démocrate, a envoyé ce message moqueur sur Twitter à Reince Priebus, son homologue républicain : « Je suis à Cleveland si vous avez besoin d'un autre président pour maintenir l'ordre à votre convention. »
Mme Wasserman Schultz ne riait plus, hier, à la veille de la convention démocrate de Philadelphie qui doit sacrer Hillary Clinton candidate à la présidence des États-Unis. Elle a annoncé qu'elle démissionnerait de son poste à la fin d'une convention qui devait contraster avec le chaos et l'improvisation de celle du Parti républicain à Cleveland. Il s'agissait de la retombée la plus directe, et spectaculaire, de la publication vendredi, par WikiLeaks, de quelque 20 000 courriels internes révélant le parti pris des responsables du Parti démocrate en faveur d'Hillary Clinton durant la course à l'investiture démocrate.
« Je sais que l'élection d'Hillary Clinton [...] est cruciale pour l'avenir de l'Amérique », a indiqué Mme Wasserman Schultz dans un communiqué, tout en promettant de continuer à faire campagne pour la candidate démocrate en Floride, où elle est représentante, et dans le reste du pays.
«À l'avenir, la meilleure façon dont je peux accomplir ces objectifs est de quitter mes fonctions de présidente du parti à la fin de cette convention.»Debbie Wasserman Schultz,
présidente démissionnaire du Comité national du Parti démocrate

Dans une déclaration écrite, Hillary Clinton s'est dite « reconnaissante » du travail accompli par Debbie Wasserman Schultz et confiante du « succès » de la convention démocrate.
La démission de Mme Wasserman Schultz risque cependant de ne pas suffire pour dissiper les divisions qui couvaient chez les démocrates et qui ont refait surface. Des partisans de Bernie Sanders n'ont pas digéré le contenu de certains des courriels piratés, qui confirment leur méfiance vis-à-vis de l'establishment démocrate. Et plusieurs d'entre eux sont déçus du choix du sénateur de la Virginie Tim Kaine comme colistier de Clinton, se méfiant notamment de son appui aux accords de libre-échange.
Mme Wasserman Schultz pourrait en outre recevoir au Wells Fargo Center, site de la convention démocrate, un traitement semblable à celui que les républicains ont réservé à Ted Cruz mercredi soir dernier à Cleveland. Elle insiste notamment pour prononcer un discours à la tribune de la convention, ce qui devrait lui valoir d'être copieusement huée par les partisans de Bernie Sanders.
LA FOI DE BERNIE SANDERS
L'annonce de la démission de la présidente du Comité national démocrate est intervenue au cours d'une journée fertile en rebondissements. Hier matin, à CNN, le directeur de campagne d'Hillary Clinton, Robby Mook, a accusé la Russie d'être responsable du piratage du système informatique du Comité national démocrate (voir autre texte). Peu après, à ABC, Bernie Sanders a réclamé la démission de Mme Wasserman Schultz.
«Je ne pense pas qu'elle soit qualifiée pour être présidente du Comité national démocrate, non seulement à cause de ces affreux courriels, qui ont révélé le parti pris du Comité, mais également parce que nous avons besoin d'un parti qui rejoint les travailleurs et les jeunes, et je ne pense pas que sa direction accomplit cette tâche.»Bernie Sanders,
à ABC
Dans l'un des courriels publiés par WikiLeaks, un responsable démocrate suggère au directeur des communications du Comité national démocrate de faire en sorte que des journalistes soulèvent la question de la foi de M. Sanders. « J'ai lu qu'il était athée », écrit ce responsable en notant que la publication d'une telle information pourrait coûter des votes au sénateur dans le Kentucky et la Virginie-Occidentale. L'idée ne semble pas avoir eu de suites, mais elle illustre un parti pris dont Sanders et ses partisans se sont plaints tout au long de la course à l'investiture démocrate.
Comme certains de ses partisans, Sanders a également émis des réserves concernant le choix de M. Kaine comme colistier de Hillary Clinton.
« Il est plus conservateur que je ne le suis, a-t-il dit à NBC. Est-ce que j'aurais préféré que la secrétaire Clinton choisisse quelqu'un comme [la sénatrice du Massachusetts] Elizabeth Warren ? Oui, j'aurais préféré. »
Cela dit, M. Sanders a ajouté à CNN que son collègue de la Virginie était « 100 fois mieux que Trump, même dans ses pires jours ».
Les organisateurs de la convention démocrate ont dû être surpris d'apprendre que Debbie Wasserman-Schultz insiste pour prendre la parole au Wells Fargo Center. Avant l'annonce de sa démission, ils lui avaient retiré tout rôle public pendant la convention.