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lundi, avril 04, 2016

Sam Hamad serait parti dans le Sud

http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/politiqueprovinciale/

Pierre-Paul Biron

QUÉBEC - Le ministre Sam Hamad, écorché par des allégations de trafic d'influence, aurait quitté le pays pour un séjour au soleil, d'après un animateur de Radio X Québec, ce qui soulève des questions dans l'opposition.
Selon Yannick Marceau, M. Hamad a été vu à l'aéroport de Québec dans la nuit de samedi à dimanche, en attente d'un vol vers une destination soleil. Le ministre aurait affirmé à des gens sur place qu'il devait «s'éloigner pour réfléchir».
L'attaché de presse de Sam Hamad a refusé de commenter la possibilité que le ministre ait quitté le pays au cours de la fin de semaine. Qualifiant cette information de privée, l'équipe du député de Louis-Hébert a aussi refusé de confirmer si M. Hamad allait être à son poste pour la reprise des travaux parlementaires prévue mardi. Le journaliste de TVA Nouvelles, Alain Laforest, a toutefois indiqué sur Twitter en début de soirée dimanche que M. Hamad s'absenterait de l'Assemblée nationale cette semaine.

LA CAQ INQUIÈTE

Invitée à commenter la possibilité que Sam Hamad se soit envolé vers le Sud ce weekend, la Coalition avenir Québec a indiqué que ces allégations soulevaient des questions. Le retour en chambre du député demeure un enjeu important pour la formation de François Legault.
«Il y a des enjeux importants présentement et nous sommes en période de crédits budgétaires, alors pour nous il serait important qu'il soit là dès mardi pour assurer sa fonction de député de Louis-Hébert», a indiqué l'attaché politique du caucus caquiste, Samuel Poulin, qui rappelle aussi l'engagement de Sam Hamad de collaborer pleinement à l'enquête du commissaire à l'éthique.
François Legault a aussi critiqué la gestion faite de ce dossier par Philippe Couillard lors de son bilan de mi-mandat. Le chef de la CAQ croit que le premier ministre «a manqué de jugement en réaffirmant sa confiance envers Sam Hamad, parce que tout ce qu'il fait en ce moment, c'est ajouter au cynisme des Québécois».
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« Le secret est un droit humain sacré », plaide le cabinet au coeur des « Panama Papers »

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/

PUBLIÉ IL Y A 53 MINUTES | Mis à jour il y a 21 minutes
Un gardien de sécurité garde l'immeuble qui abrite les locaux de Mossack Fonseca, à Panama City.
Un gardien de sécurité garde l'immeuble qui abrite les locaux de Mossack Fonseca, à Panama City.
  
PHOTO : AP/ARNULFO FRANCO

« Nous croyons au secret », plaide un cofondateur de Mossack Fonseca, au cœur du scandale des « Panama Papers », qui révèle comment ce cabinet d'avocats a aidé les riches et puissants du monde à créer des sociétés-écrans dans les paradis fiscaux. Le Kremlin affirme pour sa part que toute l'affaire porte l'empreinte de la CIA.
RADIO-CANADA AVEC AGENCE FRANCE-PRESSE ET REUTERS
« Nous pensons qu'il y a une campagne internationale contre le droit au secret », s'est plaint Ramon Fonseca dans une entrevue accordée à Reuters.

Le secret est un droit humain sacré, mais il y a des gens qui ne le comprennent pas. Nous croyons au secret et continuerons à œuvrer pour qu'il soit protégé juridiquement.Ramon Fonseca
Selon M. Fonseca, la publication de données montrant que sa firme a créé plus de 214 000 sociétés dans 21 paradis fiscaux pour de prestigieux clients n'est rien d'autre qu'« un crime, un délit », voire « une attaque contre le Panama », le pays où s'est établie la firme, après avoir longtemps œuvré dans les îles Vierges britanniques.
« Plusieurs pays n'apprécient pas que nous soyons très compétitifs pour attirer les entreprises », plaide-t-il. « Il y a deux manières de voir le monde : la première est d'être compétitif et la seconde de créer des impôts. [...] Il y a une guerre entre les pays ouverts, comme le Panama, et les pays qui taxent de plus en plus leurs entreprises et leurs citoyens. »
M. Fonseca admet que son cabinet a été victime d'un piratage « limité » de ses bases de données. Il soutient cependant que « l'immense majorité » des sociétés que sa firme a créées sont utilisées « à des fins légitimes ».
« Nous nous consacrons à créer des structures juridiques que nous vendons à des intermédiaires tels que des banques, des avocats, des comptables et des trusts », a-t-il encore dit. « Ils ont leurs clients, que nous ne connaissons pas. »
Le Kremlin associe les journalistes à la CIA
Grâce au travail du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), dont fait partie Radio-Canada, une partie de ces prestigieux clients – dirigeants politiques, sportifs de haut niveau – est maintenant connue. Ceux qui ont réagi jusqu'ici tentent de discréditer l'enquête, ou se défendent d'avoir fait quoi que ce soit d'illégal.
À Moscou, le Kremlin a tenté de balayer du revers de la main les informations selon lesquelles un réseau de proches du président russe Vladimir Poutine, dont le violoncelliste Sergueï Roldouguine, a déplacé en secret plus de deux milliards de dollars entre des sociétés-écrans et des banques russes.

Nous connaissons bien cette soi-disant communauté journalistique. Il y en a de nombreux parmi eux dont le journalisme n'est pas l'activité principale. Beaucoup sont d'anciens employés du département d'État, de la CIA, d'autres services secrets.Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov
« Poutine, la Russie, notre pays, notre stabilité, les prochaines élections sont la cible principale. Il s'agit de déstabiliser » La Russie, a poursuivi M. Peskov. « Je sais qu'il y a d'autres noms [incriminés dans l'enquête], mais il est clair que la cible principale de ces attaques est notre pays et son président. »
Le président ukrainien Porochenko menacé d'être destitué
En Ukraine, le président Petro Porochenko, incriminé pour avoir créé une société dans les îles Vierges Britanniques au plus fort de la guerre avec les séparatistes prorusses, a affirmé lundi respecter la loi à la lettre.
« Je pense qu'il est possible que je sois le premier responsable officiel de très haut rang en Ukraine qui gère de manière très sérieuse la déclaration de ses actifs, le paiement de ses impôts et les problèmes de conflit d'intérêts, et ce dans le respect total du droit privé ukrainien et international », a-t-il affirmé sur sa page Facebook.
Des députés ukrainiens ont néanmoins annoncé leur volonté de lancer une procédure de destitution à son encontre.
D'après les « Panama Papers », une nouvelle entité offshore, Prime Asset Partners Limited, a été enregistrée aux îles Vierges britanniques le 21 août 2014 avec pour seul actionnaire mentionné le président Porochenko.
Ces révélations sont particulièrement embarrassantes puisque le président Porochenko, propriétaire du fabricant de chocolat Roshen, avait promis de vendre ses actifs lors de son élection en mai 2014 et de lutter contre la corruption. Il a depuis expliqué ne pas avoir pu s'en séparer en raison de la crise économique, qui n'était pas propice à une telle transaction.
Selon le journal français Le Monde, qui a travaillé sur l'enquête, le président a « fait répondre par l'un de ses conseils financiers que Prime Asset Partners Limited avait été créé dans le cadre de la restructuration du groupe Roshen comme préalable à sa mise en vente ».
Dans sa déclaration de revenus de 2014, M. Porochenko n'a cependant pas mentionné l'existence de cette société.
Appels à la démission du premier ministre islandais
En Islande, le premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson se trouve aussi dans la tourmente, lui qui a créé avec son épouse une société aux îles Vierges britanniques pour y cacher des millions de dollars. Élu en 2013 en promettant de rompre avec les pratiques qui ont entraîné l'île dans une succession de crises financières, M. Gunnlaugsson avait depuis proclamé sa foi dans la couronne islandaise.
Dans un message publié dimanche sur sa page Facebook, sa prédécesseure, l'ex-première ministre Johanna Sigurdadottir, l'a appelle à démissionner « immédiatement ». « Les gens ne doivent pas avoir un premier ministre dont ils ont honte [...]. Le premier ministre a fait preuve de sa méfiance envers la monnaie et l'économie islandaises en plaçant son argent dans un paradis fiscal. Le premier ministre ne semble pas comprendre ce que signifie la morale », a-t-elle dénoncé.
Plus de 16 000 Islandais ont signé une pétition demandant sa démission et l'opposition va demander un vote de défiance au Parlement qui devrait avoir lieu dans la semaine. La commission constitutionnelle du Parlement se réunira d'ailleurs lundi selon la radio-télévision publique locale.

CUSM: de plus en plus de rapports en anglais seulement, déplorent des médecins

http://www.lapresse.ca/actualites/sante/

EXCLUSIF
Publié le 04 avril 2016 à 06h33 | Mis à jour à 06h33
L'Hôpital de Lachine est annexé au CUSM depuis... (Photo André Pichettte, archives La Presse)
L'Hôpital de Lachine est annexé au CUSM depuis 2008.PHOTO ANDRÉ PICHETTTE, ARCHIVES LA PRESSE

Au moins quatre médecins travaillant dans l'ouest de Montréal déplorent qu'il soit de plus en plus difficile d'obtenir des rapports médicaux en français au Centre universitaire de santé McGill (CUSM).
« On reçoit de plus en plus de rapports rédigés uniquement en anglais. Ça me dérange. J'estime que mes patients francophones ont le droit de recevoir ces informations en français », témoigne la Dre Christiane Laberge, médecin de famille qui pratique dans l'ouest de la métropole.
Choquée par l'usage grandissant de l'anglais au CUSM, la Dre Laberge a pris l'habitude d'écrire sur chaque demande d'examen acheminée à ses collègues spécialistes du CUSM la mention : « Rapport en français, SVP ». « Malgré tout, plusieurs rapports me reviennent en anglais », dénonce-t-elle. À une occasion, la Dre Laberge a relancé des médecins pour leur demander de lui fournir un rapport en français. « On m'a dit que la traduction prendrait de deux à six mois », dit-elle.
« À Lachine, 72 % de la population est francophone. C'est faire preuve d'un mépris de haut niveau que de ne pas rédiger les rapports médicaux en français. »
Un groupe de trois médecins de l'Hôpital de Lachine, qui fait partie du CUSM depuis 2008, s'inquiètent eux aussi de l'usage de plus en plus marqué de l'anglais dans leur établissement. « Dans certaines spécialités, tous les rapports arrivent en anglais », dénonce un médecin qui préfère garder l'anonymat, par peur de représailles.
Ce médecin de Lachine, de même que deux collègues et une employée joints par La Presse, est d'autant plus choqué que lors de l'annexion de l'Hôpital de Lachine au CUSM en 2008, plusieurs voix s'étaient élevées pour souligner que l'établissement était le dernier hôpital francophone de l'ouest de Montréal et que son caractère devait être préservé. « On dirait que le français se fait tasser tranquillement », souligne ce médecin.
Le droit à l'anglais
Le directeur des communications de l'Office québécois de la langue française, Jean-Pierre Le Blanc, explique que les médecins du Québec ont le droit de rédiger leurs rapports médicaux en anglais ou en français. Mais à partir du moment où un patient ou un collègue médecin demande d'obtenir le rapport en français, le médecin est dans l'obligation de lui fournir la traduction, et ce, sans frais.
La loi prévoit également qu'il est « loisible à chaque service de santé ou service social d'imposer que ces pièces soient rédigées uniquement en français ».
Ces règles sont confirmées par le Collège des médecins du Québec dans son dernier bulletin d'information. Dans une rubrique sur la langue de rédaction des ordonnances, le Collège explique que la Charte de la langue française prévoit également « que les ordres professionnels ne peuvent délivrer de permis qu'à des personnes qui ont une connaissance appropriée du français aux fins d'exercer leur profession ». « Ainsi, le médecin qui rédige l'ordonnance, de même que le professionnel qui la reçoit, doit être en mesure de comprendre une ordonnance rédigée en français. Il s'agit de la seule langue dont on peut présumer qu'elle est comprise par tous les professionnels du Québec », est-il écrit.
Les médecins de Lachine contactés par La Presse disent ne pas oser demander de rapports en français à leurs collègues anglophones « de peur de se les mettre à dos ».
« On a beau être à l'aise en anglais, parfois, avec les termes techniques, on peut préférer une traduction », ajoute la Dre Laberge. Selon elle, la loi devrait carrément être modifiée. 
« Il faudrait que dès qu'un patient est francophone, il reçoive systématiquement ses rapports médicaux en français. »
Des services en français
La porte-parole du CUSM, Vanessa Damha, explique qu'un patient peut demander une copie de son dossier médical et que le CUSM « est tenu, par la loi, de lui fournir un résumé du contenu en français ». « Quelle que soit la langue utilisée dans le dossier médical du patient, le personnel du CUSM ainsi que les médecins fournissent toujours les soins dans la langue de choix du patient, en vertu de la Charte de la langue française », dit-elle.
Selon Mme Damha, environ la moitié du personnel du CUSM a le français comme langue maternelle « et tous sont bilingues ». Certains étudiants ou résidents internationaux de passage au CUSM ne parlent toutefois pas français. « Ils doivent demander de l'assistance immédiate dans le cas où ils auraient de la difficulté à communiquer dans la langue de choix du patient », dit-elle.

Une patiente fulmine

Fanny Leblanc, une patiente de la Dre Christiane Laberge, a récemment été choquée de recevoir un rapport médical en anglais. Son fils de 9 ans a dû passer un examen de tomodensitométrie (scan) à l'Hôpital de Montréal pour enfants, qui fait partie du CUSM. « Sur la demande de scan, il était marqué que je voulais obtenir le rapport en français. Sur place, j'ai moi aussi demandé d'obtenir le rapport en français. Mais on m'a répondu que les spécialistes sur place étaient anglophones et que ce serait à mon médecin de famille de me traduire le rapport », raconte la mère de famille. Mme Leblanc a été choquée par cette réponse. « Ça me fâche totalement. Je comprends un peu l'anglais, mais pour des choses techniques comme la médecine, on me perd. »