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lundi, mai 04, 2015

Environ 5800 migrants secourus en Méditerranée en moins de 24 heures

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Mise à jour le dimanche 3 mai 2015 à 20 h 13 HAE  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Migrants rescapés
Migrants rescapés (archives)
Le feuilleton du drame des migrants en Méditerranée se poursuit loin des caméras. Une dizaine d'entre eux ont été retrouvés morts et quelque 5800 personnes ont été secourues au large des côtes de la Libye ce week-end.
Les migrants secourus sont conduits en Italie.
Selon les gardes-côtes, les passeurs profitent de conditions météorologiques favorables pour accélérer la cadence et envoyer le plus grand nombre d'embarcations, souvent des rafiots surchargés, vers la rive nord de la Méditerranée.
L'Italie coordonne l'opération européenne Triton de recherche et de sauvetage avec au moins 13 bâtiments qui patrouillent dans la Méditerranée, notamment près des côtes libyennes.
Quelques jours après le naufrage d'un bateau qui pourrait avoir fait jusqu'à 900 morts, l'Union européenne avait décidé de tripler les moyens financiers alloués à l'opération Triton. Mais l'anarchie qui règne en Libye joue en faveur des passeurs, qui ne veulent pas abandonner ce filon juteux. Selon la justice italienne, ces passeurs perçoivent environ 108 000 $ pour chaque départ d'une embarcation.
L'Italie, qui est la principale destination des migrants depuis la Libye, estime que 200 000 personnes pourraient arriver sur son sol avant la fin de l'année, 30 000 de plus que l'an dernier.

« À chaque jour, l'une d'entre nous mourait » - une ex-otage de Boko Haram

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Cecilia Abel a raconté son horrible expérience depuis le camp de réfugiés de Malkohi.
Cecilia Abel a raconté son horrible expérience depuis le camp de réfugiés de Malkohi.  Photo :  Afolabi Sotunde / Reuters
Des Nigérianes qui ont été asservies pendant de longs mois par le groupe islamiste Boko Haram avant d'être libérées par l'armée la semaine dernière commencent à raconter les affres qu'elles ont subies pendant leur captivité. Des récits d'horreur qui glacent le sang.
Asabe Umaru est l'une de celle qui a livré son témoignage à des journalistes qui ont eu accès au camp de Molhaki, près de Yola. C'est à cet endroit que 275 des quelque 700 personnes libérées par l'armée la semaine dernière dans la forêt de Sambisa ont été transportées pour y être soignées.
La jeune femme de 24 ans, qui est mère de deux enfants, affirme que les prisonnières de Boko Haram souffraient de malnutrition et de maladies. Chaque jour, l'une d'entre nous mourait et nous attendions notre tour », raconte-t-elle.
« On ne nous permettait pas de bouger d'un pouce. Si on devait aller à la toilette, ils nous suivaient. [...] Nous étions gardées à un même endroit et nous étions en esclavage », affirme-t-elle, en remerciant Dieu et l'armée pour sa libération.
« Quand nous avons vu les soldats, nous avons levé nos mains et crié à l'aide. Les gens de Boko Haram qui nous gardaient ont commencé à nous lapider pour que nous les suivions à une autre cachette, mais nous avons refusé, parce que nous étions certaines que les soldats nous sauveraient. »
Une autre femme, Cecilia Abel, dit avoir à peine mangé dans les deux dernières semaines. « On ne nous donnait que du maïs moulu l'après-midi. C'était impropre à la consommation », affirme la jeune femme, kidnappée avec huit de ses enfants, après que son mari et son fils aîné eurent été tués devant elle.
« Plusieurs de celles qui ont été capturées sont mortes dans la forêt de Sambisa », affirme-t-elle.
Kidnappées pour être mariées de force
Binta Abdullahi, 18 ans, dit avoir été détenue en deux endroits avant d'être emmenée dans cette forêt le mois dernier. Elle est notamment passée par le « quartier général » de Boko Haram à Gwoza, une ville du nord-est du Nigeria.
Elle affirme que ses deux sœurs et sa belle-soeur ont réussi à s'enfuir lorsque Boko Haram a fait irruption dans un village du nord de l'État d'Adamawa. Elle a cependant choisi de rester, car elle venait de recueillir trois enfants en bas âge qui n'avaient plus personne pour s'occuper d'eux après un raid de Boko Haram dans un village voisin.
« Je devais m'occuper de ces trois enfants. Je ne pouvais les abandonner une deuxième fois », relate cette jeune musulmane, en soulignant que les trois enfants de 2 à 4 ans dont elle a pris soin étaient chrétiens. « Je les aime comme s'ils étaient les miens », assure-t-elle.
Binta Abdullahi, qui n'avait que 16 ans au moment où elle a été kidnappée, raconte que ses trois enfants adoptés ont eu beaucoup de mal à marcher vers la forêt de Sambisa. « Ils étaient si faibles, en raison du manque de nourriture, qu'ils ne pouvaient pas marcher », explique-t-elle.
Selon elle, des femmes kidnappées ont été obligées d'aller combattre au front, mais d'autres étaient destinées à marier des militants islamistes. « Ils nous ont demandé d'épouser des membres de Boko Haram mais nous leur avons dit qu'il n'en était pas question parce que nous étions déjà mariées. Ils nous ont répondu qu'ils nous vendraient alors comme esclaves le moment venu ».
« Ils m'ont prise pour que je puisse marier un de leurs commandants », affirme également Lami Musa, une jeune femme de 19 ans qui était enceinte de quatre mois quand les hommes de Boko Haram ont envahi son village, Lassa, il y a cinq mois. »
« Quand ils ont réalisé que j'étais enceinte, ils ont dit que j'avais été fécondé par un infidèle, et qu'ils l'avaient tué. Ils m'ont dit : « Une semaine après avoir accouché, on te mariera avec un de nos commandants », raconte-t-elle, alors que des larmes coulent sur ses joues.
« Par chance, j'ai été sauvée le lendemain de l'accouchement », raconte-t-elle.
Un sauvetage pénible 
Plusieurs de ces femmes ont aussi raconté que l'opération de sauvetage de l'armée nigériane a entraîné son lot de tragédies. « Même après notre sauvetage, environ 10 sont mortes sur le chemin nous ramenant ici », affirme Cecilia Abel.
« Quand les militaires ont donné l'assaut au camp où nous étions détenus, nos ravisseurs nous ont dit de nous réfugier sous les arbres et buissons pour échapper aux bombardements de l'armée », a déclaré Binta Abdullahi.
« Des femmes qui s'étaient cachées sous les arbres ont été écrasées par des chars qui avançaient sans savoir qu'elles étaient là ».
La jeune femme raconte qu'après leur libération, les soldats nigérians ont fait monter celles qui étaient trop faibles ou malades dans des véhicules, et en demandant aux autres « de marcher derrière eux pour éviter les mines posées par Boko Haram un peu partout ».
Malgré ce conseil, la mort est revenue hanter les femmes libérées. « Trois femmes au moins et des soldats ont été tués dans l'explosion d'une mine sur laquelle une femme avait marché », dit Mme Abdullahi.
Quel avenir pour les survivantes?
Toutes ces femmes aujourd'hui réfugiées avec leurs enfants dans le camp de Molkahi sont placées sous la responsabilité de l'Agence nationale de gestion des urgences (NEMA), qui leur offre non seulement un toit, de la nourriture et des soins, mais aussi un soutien post-traumatique et un processus de réinsertion sociale.
Selon un porte-parole de NEMA, Sani Datti, 8 femmes et 15 enfants sont hospitalisés pour des blessures reçues pendant l'opération de sauvetage.
M. Datti ne peut dire combien de temps ces femmes seront hébergées dans le camp. « La plupart paraissent fatiguées et traumatisées. Elles sont hirsutes. On voit qu'elles ne se sont pas lavées depuis des jours », ajoute le porte-parole.
Les plaies psychologiques restent vives, comme en témoigne Salamatu Bulama. Cette jeune femme de 20 ans a été libérée par l'armée, mais son enfant de deux ans est mort il y a deux mois des suites d'une maladie qui, dit-elle, a été aggravée par la malnutrition.
« Que vais-je dire à mon mari? », se demande-t-elle aujourd'hui en pleurant, après avoir tout juste appris que ce dernier avait survécu à l'attaque de Boko Haram sur son village.

13 ans de violence conjugale «extrême»: une victime se raconte

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Publié par Charles Payette pour 98,5 fm le lundi 04 mai 2015 à 09h00. Modifié à 09h06.
13 ans de violence conjugale «extrême»:  une victime se raconte
Freedigitalphotos.net
(98,5fm) - Nadia Beaulieu ose l'affirmer du bout des lèvres. Elle est une survivante. Pendant 13 ans, la moitié de sa vie, elle a été victime de violence conjugale.

Quelques jours après la condamnation de son ex-conjoint, Jean-Sébastien Rondeau, elle a accepté de revenir sur plus d'une décennie d'enfer où elle a cru mourir plus d'une fois.
Nadia, aujourd’hui âgée de 27 ans, n’avait que 12 ans lorsqu’elle a rencontré celui qui allait devenir son mari.
Dès l’école secondaire, la violence physique psychologique s’installe. Il la suit partout, la reconduit à ses cours, l’attend à sa sortie de l’établissement. Quand il pique une crise, il lui frappe la tête dans les casiers. Autour d’elle, personne ne voit l’emprise qu’il a sur elle. Ni les professeurs. Ni même sa famille. Ses parents sont plutôt sous le charme du jeune homme qu’ils accueillent sous leur toit comme un fils.
Elle fait ses arrengements funéraires
La violence s’intensifiera avec les années. En 2005, il tente de l’étouffer avec le jonc de mariage qu’elle vient de refuser. Deux enfants naitront de cette union qui sera finalement célébrée contre son gré, sous la peur et les menaces.
«Par la suite, j’ai subi des tentatives de meurtre à répétition. On m’a dit qu’on n’avait jamais vu de violence comme ça sur une aussi longue période et de cet ampleur-là. Il n’y a rien qu’il n’a pas fait. Il calculait même le temps que je passais à la salle de bain, si c’était trop long, il me plongeait la tête sous l’eau ou me cognait la tête sur l’évier. C’était tous les jours de la violence physique et des agressions sexuelles aux deux jours. Ma vie n’avait plus d’importance, qu’il me tue, ça ne me dérangeait pas, mais mes enfants… j’étais allée faire des photos pour mes funérailles, tout était prêt, j’avais fait mes arrangements, j’avais écrit des lettres à mes proches, j’étais certaine qu’il allait me tuer.»
«Pourquoi être restée là» ?
Nadia Beaulieu est bien consciente que beaucoup de gens se poseront la même question. Avec une telle violence, pourquoi ne pas avoir pris la fuite plus tôt? Pourquoi avoir enduré ce calvaire pendant si longtemps?
«Même nous on se pose cette question, ça fait deux ans et deux mois que je suis partie et je me la pose encore. Ma famille mettait beaucoup de pression sur le fait qu’un père et une mère doivent rester ensemble envers et contre tout. Il menaçait de kidnapper mes enfants et de faire une «gaffe», qu’allait-il faire, ça veut dire quoi une ''gaffe''? C’était ma grande peur. On reste parce qu’on a peur justement. La journée où j’ai quitté, j’étais sans repère. Quand j’ai quitté la relation, je me levais le matin et je me disais que je n’avais pas le droit de déjeuner parce que c’est trop long, il m’a mis ça dans la tête pendant 13 ans.»
Aujourd’hui, elle conserve de sévères séquelles physiques et psychologiques de ces années de violence. Elle fait partie du très faible pourcentage de femmes qui portent plainte contre leur ex-conjoint et qui se rendent au bout des procédures judiciaires.
«Je n’ai pas porté plainte pour la sentence, je savais que ce serait dérisoire, qu’il n’avait aucun antécédent. J’ai porté plainte pour protéger mes enfants et pour reprendre le contrôle sur ma vie. J’encourage toutes les femmes à faire de même. Je sais que ça parait difficile, mais c’est encore plus difficile de rester que de partir.»
Avec les informations de Monic Néron