lundi, mars 21, 2016

Sainte Nathalie et la résurrection libérale

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MISE à JOUR 
L’ancienne vice-première ministre Nathalie Normandeau.  Déjà on a en prison un ex-chef de l’État québécois, c’est à dire dans notre système le lieutenant gouverneur: Lise Thibaut. Maintenant les serres de la justice se referment sur une autre femme, une ancienne vice-première ministre: Nathalie Normandeau. Il n’y a que nos premiers ministres apparemment qui demeurent intouchables même si leurs amis, par exemple Arthur Porter, passent parfois dans le tordeur.
C’est la mode depuis quelques années de diagnostiquer à tout un chacun des «troubles de déficit de l’attention». Eh bien, je nous diagnostique collectivement ce «trouble». Depuis une quinzaine d’années, le public est de plus en plus distrait, de plus en plus émotif et inconséquent, passionné et manipulable.
L’affaire Normandeau? On n’y pensera plus dans quelques semaines, quelques mois. Qui plus est, elle aura droit à un énorme «capital de sympathie» auprès d’un certain public.
La commission Charbonneau? Nous n’y pensions plus du tout avant l’audacieux coup de filet de l’UPAC.
L’ancien maire Gilles Vaillancourt? On n’y pense plus. Viendra son procès en 2017, on y repensera intensément, puis on oubliera de nouveau.
Des anciens recteurs, hauts fonctionnaires ou grands seigneurs du syndicalisme se font accorder des rentes pharaoniques... et nous nous en indignons vivement, mais brièvement.
Nous bêlons, mais notre laine continuera de pousser, et on continuera de nous la tondre sur le dos.
Les colonnes du temple
Le Parti libéral de l’asphalte traverse toujours les tempêtes.
On sacrifie un pion ici et là, au besoin. Mais les colonnes du temple ne sont pas ébranlées.
N’est-ce pas un beau hasard si Nathalie Normandeau reçoit un «baiser de Judas» quelques jours à peine avant Pâques?
Elle va vivre un Calvaire. Elle sera crucifiée. Pourquoi? Pour expier les péchés du Parti libéral! Et celui-ci, le troisième jour, ressuscitera dans toute sa gloire!
Les «kleptocrates» pourront recommencer à toucher des primes indécentes, des pensions aberrantes, des salaires mirifiques, etc. À nos frais. Leurs amis des compagnies qui se gavent de fonds publics n’ont pas à s’en faire. Le public est trop distrait pour que son indignation prête à conséquence.
Transfiguration
Le 17 mars 2013 à l’Auditorium de Verdun, Philippe Couillard devenait le chef du Parti libéral de l’asphalte. Il promettait de refaire de sa formation politique celle de Jean Lesage! Puisque cette promesse n’était apparemment que du vent, pourquoi ne pas embrasser sa superficialité?
Puisque la firme d’ingénierie Roche, ultra-compromise, a changé de nom, pourquoi ne pas carrément changer la raison sociale du Parti libéral?
Celui-ci n’est après tout devenu qu’une vulgaire marque de commerce qui règne en raison du vote massif, monolithique et pavlovien des anglophones et des minorités... qui voteraient libéral même si tout le cabinet ministériel se retrouvait derrière les barreaux.