vendredi, mai 15, 2015

Mises à pied à la Davie : le ministre Daoust et le syndicat blâment le fédéral

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Mise à jour le jeudi 14 mai 2015 à 10 h 41 HAE

205 des 1000 employés au chantier naval de la Davie sont mis à pied.
205 des 1000 employés au chantier naval de la Davie sont mis à pied. (Archives)

Le ministre québécois de l'Économie reproche au gouvernement fédéral son inaction dans le dossier du chantier maritime Davie, qui doit mettre à pied temporairement 200 travailleurs dès vendredi en raison d'un ralentissement de ses activités.
Le ministre Jacques Daoust déplore que le gouvernement fédéral tarde à octroyer des contrats au chantier de Lévis pour le renouvellement de sa flotte de bateaux de ravitaillement. Il s'explique mal les hésitations d'Ottawa dans ce dossier.
« On a le meilleur chantier en Amérique par Loyds [qui dresse une liste des meilleurs constructeurs navals]. Actuellement, les chantiers dans les maritimes sont remplis, les chantiers en Colombie-Britannique sont remplis avec les contrats militaires, et on est obligés de supplier pour obtenir des contrats au Québec, je ne suis pas content du tout. »
Le ministre, qui souligne avoir fait des représentations auprès de plusieurs ministres fédéraux à ce sujet, sans résultats concrets, se demande si le gouvernement fédéral réserve ses annonces pour la campagne électorale.
« Quand il y a 200 personnes qui s'en vont chez elle en mises à pied, même si c'est temporaire, c'est une drôle de façon de faire de la politique. »— Le ministre Jacques Daoust

« Un drame humain »
Ann Gingras, présidente de la CSN pour Québec et Chaudière-Appalaches, ne comprend pas pourquoi le chantier de Lévis semble être sur « la liste noire » des fonctionnaires fédéraux. « C'est un drame humain », a-t-elle lancé lors d'un point de presse.
Le président du syndicat des employés du chantier naval ajoute que certains travailleurs se sont venus de l'extérieur pour travailler sur le chantier.
« On a des gens là-dedans qui sont arrivés ici avec leur famille, ils ont loué des appartements pour 6 mois ou 1 an, et là ces gens-là sont obligés de repartir dans leur région », déplore Gaétan Sergerie.
Lui aussi blâme « l'inertie » d'Ottawa dans le dossier.
« Ce matin ce n'était pas drôle. On voyait des gens pleurer dans les ateliers »— Gaétan Sergerie, président du syndicat des employés du chantier naval de la Davie

Deux contrats attendus
Davie espère obtenir les contrats pour le renouvellement de la flotte de bateaux de ravitaillement à la suite de la mise au rancart prématurée de deux navires.
Il y a quelques mois, le chantier de Lévis a proposé à Ottawa de convertir un porte-conteneurs en pétrolier-ravitailleur pour répondre aux besoins pressants de la Marine royale canadienne, mais le chantier attend toujours une réponse.
Le ministre Jacques Daoust s'impatiente contre le gouvernement fédéral dans le dossier de la Davie.Le ministre Jacques Daoust s'impatiente contre le gouvernement fédéral dans le dossier de la Davie.
Québec avait déjà interpellé Ottawa lors du dépôt du budget fédéral en avril. Le budget ne faisait pas mention du chantier Davie, malgré l'annonce d'une hausse de 3 % du budget de la Défense nationale.
Le gouvernement québécois espère que le chantier de Lévis décrochera le contrat pour le remplacement de deux navires de ravitaillement de la Marine canadienne, le Protector et le Preserver.
Davie compte présentement plus de 1000 travailleurs. Les travailleurs terminent actuellement deux contrats pour Cecon et ont entrepris la construction de deux traversiers pour la Société des traversiers du Québec.