samedi, octobre 08, 2016

Trump s'excuse et accuse Bill Clinton d'avoir maltraité des femmes

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Publié le 08 octobre 2016 à 00h31 | Mis à jour à 08h30
Donald Trump... (PHOTO Evan Vucci, AP)
Donald TrumpPHOTO EVAN VUCCI, AP
Agence France-Presse
WASHINGTON
Vivement critiqué dans son camp, Donald Trump a présenté ses excuses samedi pour des propos machistes et vulgaires datant de 2005 et révélés vendredi, mais le candidat républicain s'en est en même temps pris à Bill Clinton pour ses scandales sexuels passés.
«Je n'ai jamais dit que j'étais une personne parfaite, ni prétendu être une autre personne que moi-même. J'ai dit et fait des choses que je regrette, et les paroles diffusées aujourd'hui dans cette vidéo vieille de plus de dix ans en font partie. Ceux qui me connaissent savent que ces paroles ne reflètent pas qui je suis. Je l'ai dit, j'avais tort et je m'excuse», a déclaré le candidat républicain dans un message vidéo publié peu après minuit sur sa page Facebook.
«Je m'engage à être un homme meilleur demain, et à ne jamais vous décevoir», poursuit le républicain, qui qualifie la polémique de «distraction».
«J'ai dit des choses bêtes, mais il existe une grande différence entre les mots et les actes d'autres gens. Bill Clinton a réellement maltraité des femmes, et Hillary a harcelé, attaqué, humilié et intimidé ses victimes. Nous en parlerons dans les prochains jours», conclut le candidat.
Dans une vidéo diffusée par le Washington Post vendredi, Donald Trump est enregistré à son insu en train de parler des femmes qu'il convoite avec le présentateur d'une émission.
«Quand on est une vedette, elles nous laissent faire. On fait tout ce qu'on veut», y affirme Donald Trump. Un pouvoir qui inclut la possibilité d'«attraper» les femmes par le sexe, dit-il en employant un terme beaucoup plus cru, et évoquant un comportement proche du harcèlement sexuel.
Hillary Clinton et Donald Trump se retrouveront dimanche soir pour le deuxième débat télévisé de la campagne présidentielle.
De nombreux ténors républicains ont immédiatement pris leurs distances avec Donald Trump, notamment l'homme fort du Congrès, Paul Ryan, qui s'est dit «écoeuré» par les paroles du candidat.
Peu d'indécis
«Cette vidéo est un couteau planté dans le coeur de Trump, au débat, il est certain qu'on va lui poser la question», prédit Larry Sabato, politologue de l'Université de Virginie.
«Trump ne perdra aucune voix au sein de sa base électorale, ils s'en fichent», dit cet expert. «Mais Trump ne parviendra pas à élargir sa base de soutien».
Environ 84 millions de personnes ont suivi le premier débat, le 26 septembre, lors duquel le plan d'Hillary Clinton s'est déroulé comme prévu: projeter une image présidentielle tout en laissant Donald Trump exprimer ses penchants les plus troublants aux yeux des électeurs modérés, notamment son impulsivité et sa méconnaissance des dossiers.
À ce stade, il ne reste que 4% d'électeurs indécis, selon des sondages Quinnipiac et CBS, et Hillary Clinton a repris l'avance qu'elle avait brièvement perdue en septembre. Elle recueille environ 44% des intentions de vote contre 41% pour lui.
«L'élection est en train de se fixer, le béton est en train de durcir, il ne reste plus beaucoup d'électeurs indécis», dit Larry Sabato à l'AFP.
Consternation républicaine
Le milliardaire populiste a déjà connu des semaines noires, notamment en août, mais il s'était relevé de ses dérapages.
La différence est que ces révélations émergent à seulement un mois du scrutin, alors que les Américains commencent à voter de façon anticipée.
Des soutiens soulignaient que ces fanfaronnades de vestiaires étaient vieilles de onze ans et ne remettaient pas en cause les autres qualités de l'homme d'affaires.
Mais la panique se répandait dans les rangs républicains, par crainte d'une déroute générale en novembre, quand le Congrès doit aussi être renouvelé.
Les uns après les autres, des ténors ont fait part de leur écoeurement et de leur colère, notamment l'homme fort du Congrès, Paul Ryan, qui a retiré l'invitation de Donald Trump à un rassemblement samedi sur ses terres.
Plusieurs élus, dont ceux de l'Utah, État très conservateur, ont annoncé qu'ils ne voteraient plus pour Donald Trump, sans toutefois aller jusqu'à soutenir la démocrate.
Mais très peu de personnalités républicaines ont appelé au retrait du candidat du scrutin, une éventualité peu réaliste.
Le débat, à St. Louis (Missouri), devait être l'occasion pour Donald Trump de changer d'image auprès des jeunes, des minorités et des électrices, afin de leur prouver qu'il n'est pas le personnage xénophobe et sexiste dépeint par les démocrates.
«Les femmes ont le pouvoir de stopper Trump», a tweeté Hillary Clinton, en diffusant une nouvelle vidéo compilant ses paroles sexistes les plus accablantes.
L'autre conséquence de cette nouvelle polémique est que la divulgation par WikiLeaks vendredi de documents de proches d'Hillary Clinton, et notamment d'extraits de discours de la démocrate devant des banques d'affaires, est passée au second plan.
L'entourage de la candidate a mis la fuite sur le compte de Moscou - le jour-même où Washington accusait publiquement la Russie de piratages pour interférer dans l'élection américaine.