dimanche, septembre 18, 2016

Un bambin de 2 ans mordu au visage par un pitbull

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Publié le 18 septembre 2016 à 05h00 | Mis à jour à 07h36
Le SPVM a été appelé dans un logement... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE)
Le SPVM a été appelé dans un logement du quartier Rosemont, jeudi soir, où un bambin de 2 ans avait été mordu au visage par un pitbull. Le propriétaire du chien a demandé aux agents d'emmener l'animal afin qu'il se fasse euthanasier.PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE
« Je me sens tellement mal. C'est arrivé chez nous, à mon petit-fils... » Sylvain* était encore sous le choc, deux jours après que ce qu'il croyait impossible s'était produit. Jeudi soir, dans son appartement de Montréal, son pitbull a mordu au visage son petit-fils de 2 ans, lui infligeant une profonde blessure à l'arcade sourcilière.
« Ça s'est passé vite, on n'a pas vu, mais le chien était dans sa cage et jouait avec sa laisse. On a l'impression que le petit est entré pour tirer sur la laisse et que le chien l'a mordu. En tout cas, quand on est arrivés dans la cuisine, le petit était assis à côté de la cage et il avait été mordu au front », raconte Sylvain, ébranlé.
Dans la cuisine de son appartement à loyer modique de Rosemont, Sylvain flatte son autre chien, Janice, un bulldog américain de 6 ans, calme et docile. Rocky, son pitbull qui n'avait que 7 mois, n'y est plus. Sylvain a demandé aux policiers de l'emmener. 
« J'aime mieux avoir de la peine, mais être certain que ça ne se reproduise plus. Je leur ai demandé de l'euthanasier. »
Le grand-père assume la responsabilité de ce qui est arrivé parce que le chien était le sien. Mais le fait est que de nombreux adultes se trouvaient chez lui, jeudi soir, y compris le père du bambin. Debout autour de la cage du chien, Sylvain, sa conjointe Kate et André - un ami de la famille qui habite au sous-sol - racontent d'une même voix les minutes qui ont précédé l'accident.
Une minute sans surveillance
Sur l'heure du souper, Martin était venu visiter son père Sylvain avec le plus vieux de ses deux bambins. Sylvain était au salon en train de faire manger sa fille lourdement handicapée, Kate était sous la douche au deuxième étage et André était au sous-sol. Puis Martin se serait absenté pour « aller faire une commission » et aurait demandé à son frère Junior de veiller sur le bébé en son absence.
« Junior, mon gars de 26 ans, a une déficience. Il n'a pas surveillé le petit. Et nous, on ne savait pas que Martin était parti », raconte le grand-père, qui ajoute que dans ces circonstances, le chiot était censé porter une muselière en présence de ses petits-enfants.
Le temps que Kate descende du deuxième et qu'elle se rende compte que Martin n'était plus là, de sorte que le petit de 2 ans était laissé sans surveillance, des cris ont retenti dans la cuisine. Elle a accouru et réalisé ce qui venait de se produire.
« Ça s'est fait tellement vite. On n'aurait jamais pensé... », laisse-t-elle tomber. André, lui aussi alerté par les cris, est monté à la cuisine.
« J'ai vu son front en sang, je l'ai pris et je suis parti direct à l'hôpital. Ils lui ont fait trois points de suture et ils ont fini avec de la colle. Là, il est correct. »
Ce dernier montre des photos du bambin qu'il a prises avec son téléphone cellulaire. Ses mains tremblent et il s'excuse d'être si émotif. C'est parce qu'il « a le coeur gros ». S'il se console en songeant que le petit ne gardera pas d'importantes séquelles, le conflit qui a éclaté dans la famille depuis jeudi le bouleverse.
Il raconte que quand Martin - le père du bambin - a appris ce qui s'était passé, il a menacé de se rendre à l'appartement et de tuer le chien sur-le-champ. La police a été appelée sur les lieux. Le chien a été pris en charge par l'escouade canine de la Ville de Montréal.
« Depuis jeudi, c'est l'enfer. Il est tellement fâché contre son père. J'ai essayé d'aller lui parler, mais il ne veut rien savoir », raconte André.
Un père pro-pitbull
Martin n'a pas voulu donner sa version des faits. Il a confirmé que son fils allait « bien », qu'il « filait normal, mais qu'il avait maintenant peur des chiens ».
Le jeune père est lui-même propriétaire de deux pitbulls, l'un issu de la même portée que celui qui a mordu son fils. Il n'a pas l'intention de s'en débarrasser.
«  Il y en a un que j'ai depuis deux ans et il a grandi avec mon gars. Ils sont habitués. Je n'ai pas peur. D'une façon ou d'une autre, il y a toujours quelqu'un avec les chiens ou les enfants », a-t-il dit avant de couper court à l'entrevue.
Le jeune homme est un ardent défenseur de cette race, à en croire sa photo de profil Facebook publiée en juin dernier montrant un chien sur fond noir et sur laquelle on peut lire : « Je suis Pit Bull ».
*Les noms ont été changés pour préserver l'anonymat de l'enfant.

Le chien Rocky est en observation

Le Service de police de Montréal (SPVM) a confirmé avoir été appelé sur les lieux de l'accident, jeudi soir, vers 19 h 45. Le garçon de 2 ans se trouvait déjà à l'hôpital, où il recevait des soins pour une blessure à l'arcade sourcilière gauche causée par une morsure de chien. « On n'est pas experts canins ni vétérinaires, donc on préfère ne pas confirmer la race du chien, a expliqué Daniel Lacoursière, porte-parole du SPVM. Le chien a été pris en charge par l'escouade canine de la Ville de Montréal, et la SPCA va le garder en observation durant 10 jours. » Le 26 septembre prochain, la Ville de Montréal doit présenter son règlement sur la gestion animalière à la séance du conseil. S'il est adopté, la possession de chiens considérés comme dangereux et l'adoption de pitbulls seront interdites à Montréal. Ceux qui possèdent déjà cette race de chiens devront se munir d'un permis spécial.