mardi, septembre 06, 2016

SONDAGE LÉGER Trump fait peur aux Canadiens

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Terrorisme, tensions raciales, économie: Hillary Clinton jugée plus compétente

6 septembre 2016 |Marco Fortier | États-Unis
Fait à noter, les Québécois sont plus favorables à Clinton et craignent davantage Trump que leurs concitoyens canadiens.
Photo: Evan Vucci Associated Press
Fait à noter, les Québécois sont plus favorables à Clinton et craignent davantage Trump que leurs concitoyens canadiens.

La perspective de l’élection de Donald Trump comme président des États-Unis fait peur aux Canadiens et aux Québécois. Ils appuieraient massivement Hillary Clinton s’ils avaient le droit de vote aux élections américaines.

Les Canadiens suivent de près la campagne présidentielle qui déterminera le prochain occupant de la Maison-Blanche, le 8 novembre prochain. Comme bien des Américains, ils craignent l’élection du milliardaire Donald Trump, qu’ils jugent nettement moins apte à gouverner que son adversaire du Parti démocrate, révèle un sondage Léger.

Près de six électeurs canadiens sur dix (59 %) voteraient pour Hillary Clinton, et seulement 14 % pour Donald Trump, indique le coup de sonde mené entre le 29 août et le 1er septembre ; 1535 électeurs ont répondu au sondage effectué par Internet. Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de 2,5 %, 19 fois sur 20.

« La perspective de M. Trump comme président des États-Unis effraie une majorité de Canadiens. Pour l’ensemble des dossiers, les Canadiens pensent qu’Hillary Clinton ferait une meilleure job », dit Christian Bourque, vice-président et associé chez Léger.

Fait à noter, les Québécois sont plus favorables à Clinton et craignent davantage Trump que leurs concitoyens canadiens. Ils s’intéressent un peu moins à la campagne présidentielle, sans doute en bonne partie à cause de la barrière de la langue, estime M. Bourque.

L’Alberta se démarque

À l’opposé, les Albertains sont des « brebis égarées » quand on les compare aux électeurs du reste du Canada : ils ont un peu moins peur de Trump et sont moins emballés par la candidate démocrate (qu’ils appuient tout de même à 51 %). En politique canadienne, les Albertains sont aussi les seuls électeurs à préférer le Parti conservateur au Parti libéral de Justin Trudeau.

Si 59 % des Canadiens voteraient pour Clinton, au Québec c’est plutôt 73 %. Même chose pour la crainte à l’égard de Trump : 72 % des Canadiens et 78 % des Québécois ont peur du magnat de l’immobilier, qui s’est distingué depuis le début de la campagne par ses coups de gueule contre les immigrants, les Mexicains, les musulmans et les femmes, entre autres.

Dans la même veine, 67 % des Canadiens et 80 % des Québécois pensent que Hillary Clinton écrira une page d’histoire en devenant la première femme élue présidente des États-Unis.

Peur de la violence

Les tensions raciales, notamment entre la police et les Noirs, ont aussi un impact sur la perception des Canadiens envers nos voisins du Sud : près de trois répondants sur dix (28 %) estiment que les États-Unis ne sont pas sécuritaires ; 60 % trouvent le pays « assez sécuritaire » et à peine 9 %, « très sécuritaire ».

Pour Christian Bourque, ces données indiquent un « enjeu de perception » pour les Canadiens envers les États-Unis. « Les Canadiens ne sont pas rassurés » par la sécurité au sud de la frontière, compte tenu de la violence des derniers mois.

Les Canadiens estiment d’ailleurs que la menace terroriste (19 %) et les tensions raciales (19 %) représentent les plus grands défis du prochain président des États-Unis. Les Québécois, eux, ajoutent à ces défis le contrôle des armes à feu (19 %).

Même si la crise financière de 2008-2009 semble se résorber, l’économie (15 %) représente le troisième défi du prochain président, pour les Canadiens. À peine 9 % citent les inégalités sociales, et 1 % le chômage, comme un des plus grands défis du prochain occupant de la Maison-Blanche.

Pour gérer tous ces enjeux, les Canadiens jugent Hillary Clinton nettement plus compétente que Donald Trump. Le milliardaire a beau répéter qu’il est le seul à avoir déjà « créé des jobs » et qu’il sera impitoyable envers les « criminels », les « terroristes » et les« immigrants illégaux », les Canadiens et les Québécois lui accordent très peu de crédibilité.

Par de très fortes marges (entre 49 % et 64 %), Clinton est jugée la meilleure candidate pour contrôler les armes à feu, combattre la menace terroriste, les inégalités sociales, les tensions raciales et le chômage. Elle est aussi jugée plus apte à améliorer les relations avec la police, l’économie et le leadership des États-Unis dans le monde.