vendredi, septembre 30, 2016

DÉBATS PRÉSIDENTIELS Les partisans de Trump veulent plus de muscle

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30 septembre 2016 | Jennie Matthew - Agence France-Presse à Council Bluffs, Iowa | États-Unis
Les partisans de Donald Trump espèrent que le milliardaire montrera un autre visage le 9 octobre à Saint-Louis, lors du prochain débat présidentiel.
Photo: Spencer Platt Agence France-Presse
Les partisans de Donald Trump espèrent que le milliardaire montrera un autre visage le 9 octobre à Saint-Louis, lors du prochain débat présidentiel.
Faire mieux, se concentrer sur le programme et taper plus fort sur Hillary. C’est la feuille de route de Donald Trump, dressée par ses supporteurs pour le deuxième débat présidentiel le 9 octobre, après une prestation jugée médiocre lors du premier duel.
 
La plupart des commentateurs et analystes s’accordent à dire que la candidate démocrate Hillary Clinton a remporté le premier débat lundi, sous les yeux de 84 millions de téléspectateurs. Donald Trump s’en défend et estime avoir été à son avantage, mais même ses plus fervents partisans l’avouent : ils espèrent que le milliardaire montrera un autre visage le 9 octobre à Saint-Louis, lors du prochain face à face.
 
« Je pense qu’il a besoin d’avoir plus de jugeote », estimait ainsi mercredi Martha Killion, une ancienne serveuse à la retraite, lors d’une activité de campagne dans l’Iowa. « Je ne peux pas croire qu’il n’ait pas plus contre-attaqué », ajoutait-elle en revenant sur les 90 minutes durant lesquelles Hillary Clinton lui a adressé plusieurs piques cinglantes.
 
Le New York Times rapporte que ses conseillers, conscients que le magnat de l’immobilier a manqué de souffle sur la fin, prévoient de mieux le préparer sur des réponses cruciales à apporter, sur certains faits sur lesquels insister, et sur des plans de contre-attaque. Misant sur son « instinct naturel » de débatteur, comme l’avait mis en avant son équipe de campagne, Donald Trump avait à peine préparé le premier débat.
 
Ses partisans recommandent qu’il se concentre davantage sur les questions de politique, qu’il affirme sa position de candidat du changement et profite des points faibles d’Hillary Clinton. « Je pense qu’il a été correct, mais il y a plein d’autres sujets qu’il aurait dû aborder », pensait quant à lui Larry Storer, un retraité habitant dans le Nebraska voisin.
 
« Il s’est fait piéger »
 
M. Trump s’est retenu et n’a pas parlé du passé de Mme Clinton, des questions de défense, d’immigration illégale, de la crise des réfugiés ni de Benghazi, où Mme Clinton est accusée de ne pas en avoir fait assez pour éviter l’attaque contre le consulat américain en 2012, qui avait fait quatre morts dont l’ambassadeur.
 
« Il s’est fait piéger à plusieurs reprises, j’ai détesté assister à ça, acquiesçait la femme de M. Storer, Carol, elle aussi retraitée qui travaillait dans une entreprise de téléphonie. Mais il s’est aussi bien défendu sur certains autres sujets. Je pense que s’il reste concentré et ne tombe pas dans les pièges qui lui sont tendus, il sera ok. »
 
S’il s’est contenu lors du débat de lundi, Donald Trump est depuis reparti à l’assaut et reparle d’« Hillary-la-crapule », soulignant son « incompétence », ses échecs et le fait qu’elle est corrompue, selon lui.
 
Clinton, un repoussoir
 
Et même s’il n’a pas fait d’étincelles lundi, il est difficile de savoir à quel point les débats influenceront les électeurs. Pour beaucoup, la perspective de voir Hillary Clinton à la Maison-Blanche est à elle seule un argument suffisant pour oublier toute contre-performance de leur champion lors des débats.
 
« Vous pourriez pointer une kalachnikov sur ma tête, je ne voterai pas pour ce diable, cette traître qui devrait être en prison », s’emportait ainsi Cynthia McKinney à propos de l’ancienne secrétaire d’État. Mais Donald Trump « a certaines de ses expressions du visage… Je ne sais pas comment dire, mais il doit arrêter de faire ça, je pense que ça agace les gens et ça ne le rend pas très présidentiel », avouait-elle cependant.
 
Mme Killion, l’ancienne serveuse, pense avoir le remède adéquat : « Il faut prier. Je pense qu’elle l’énerve, et cette prière le protégera et lui permettra de faire du bon boulot pour notre pays. »