mardi, août 30, 2016

Petite révolution en vue du salaire minimum

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EXCLUSIF
Publié le 30 août 2016 à 07h03 | Mis à jour à 07h07
Le débat ayant cours dans la société sur... (Photothèque Le Soleil)
PHOTOTHÈQUE LE SOLEIL
Le débat ayant cours dans la société sur la pertinence de hisser à terme le salaire minimum à 15 $ n'est probablement pas étranger au questionnement amorcé au ministère du Travail du Québec.

JEAN-MARC SALVET
Le Soleil
(Québec) Le ministère du Travail du Québec planche sur un «plan pluriannuel» de hausse du salaire minimum. Il s'agit d'un plan à long terme, courant sur plusieurs années, dans lequel des augmentations plus importantes que celles accordées ces dernières années pourraient apparaître, a appris Le Soleil.
Les choses se bousculent depuis que Québec solidaire a relayé à l'Assemblée nationale le débat sur une hausse du salaire minimum à 15 $. Au printemps, le gouvernement avait manifesté son opposition à toute hausse rapide allant jusque-là, tandis que le Parti québécois avait fait part de ses réticences et de ses inquiétudes.
Par la suite, à la mi-août, le ministre des Finances, Carlos Leitão, a dit non. Il y a quelques jours, le premier ministre Philippe Couillard a déclaré souhaiter un débat sur le sujet.
Or, selon nos informations, la ministre du Travail, Dominique Vien, la porteuse de ce dossier au gouvernement, a fait ouvrir un chantier sur ce sujet au sein de son ministère. Mme Vien n'a voulu ni confirmer ni infirmer nos informations.
Nouveaux critères
Certains des critères servant à déterminer la hauteur du salaire minimum pourraient être revus afin de pousser le curseur un peu plus haut, peut-on comprendre à ce stade-ci. Treize critères existent à l'heure actuelle. De nouveaux pourraient être pris en compte.
La logique dans laquelle la ministre aurait décidé d'inscrire sa démarche pourrait se résumer ainsi : monter le salaire minimum aussi haut que possible, avec un plan s'étendant sur plusieurs années, mais sans jamais dépasser le niveau à partir duquel des effets pervers se feraient sentir. «Il ne faut jamais perdre de vue que l'augmentation du salaire minimum est une question d'équilibre», prend-on soin de souligner.
Plusieurs mettent en garde contre une augmentation du chômage des plus petits salariés ou insistent sur le fait que la «facture» sera toujours relayée aux consommateurs.
Selon les informations obtenues par Le Soleil, la... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0
Selon les informations obtenues par Le Soleil, la ministre du Travail, Dominique Vien, a fait ouvrir un chantier sur le salaire minimum au sein de son ministère. Deux rendez-vous politiques sur le sujet pointent à l'horizon.
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Plan sur plusieurs années
La petite révolution que préparerait la ministre a trait à l'établissement d'un plan sur plusieurs années, insiste un interlocuteur du Soleil. Les dirigeants d'entreprise ne sauraient plus seulement en décembre de chaque année à quelle hauteur s'établira le salaire minimum l'année suivante - quand ils n'en sont pas informés en janvier.
Ils connaîtraient les différents paliers prévus sur une période pouvant courir sur plusieurs années. Ils pourraient ainsi mieux les anticiper, fait-on valoir.
Le débat ayant cours dans la société sur la pertinence de hisser à terme le salaire minimum à 15 $ n'est probablement pas étranger au questionnement amorcé au ministère du Travail du Québec. Il faut aussi dire que deux rendez-vous politiques pointent à l'horizon et que les responsables de ces questions veulent sans doute en tenir compte.
Le premier est organisé par le Parti libéral du Québec. Celui-ci tiendra un «Forum des idées» sur les politiques sociales du XXIe siècle autour du 20 septembre prochain. Le salaire minimum est au programme.
Il sera aussi au programme plus tard cet automne d'un sommet sur l'emploi et la main-d'oeuvre auquel le gouvernement a convié les partenaires patronaux et syndicaux. La ministre Vien participera à ces deux rendez-vous.
Le 1er mai dernier, le salaire minimum au Québec a été porté à 10,75 $, en hausse de 20 sous par rapport à ce qu'il était. Depuis plusieurs années, les hausses annuelles sont souvent de 20 ou 25 sous. Bon an mal an, quelque 260 000 personnes sont directement concernées par le salaire minimum.