jeudi, août 18, 2016

La nouvelle équipe de Trump veut lui rendre son «authenticité»

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Publié le 18 août 2016 à 12h44 | Mis à jour à 16h10
Donald Trump... (PHOTO ERIC THAYER, ARCHIVES REUTERS)
Donald TrumpPHOTO ERIC THAYER, ARCHIVES REUTERS

BRIGITTE DUSSEAU
Agence France-Presse
New York
Sitôt acté le remaniement de son équipe, Donald Trump est reparti au combat jeudi, sa nouvelle directrice de campagne promettant de rendre au candidat son «authenticité», pour essayer de remonter la pente face à Hillary Clinton.
Donald Trump, distancé dans les sondages à 82 jours de l'élection présidentielle américaine, avait créé la surprise mercredi en remaniant pour la deuxième fois en deux mois son équipe de campagne. Celle mise en place en juin, sous la houlette du sulfureux Paul Manafort, avait essayé de le cadrer, d'éviter - vainement - les dérapages - et de le rendre plus «présidentiel». Donald Trump n'avait guère apprécié d'être ainsi bridé.
«Je suis qui je suis, je suis moi, je ne veux pas changer», avait-il insisté en début de semaine dans une interview à la chaîne de télévision WKBT, dans le Wisconsin.
Jeudi, sa nouvelle directrice de campagne, Kellyanne Conway, sondeuse républicaine connue et respectée, première femme à  être nommée à ce poste dans une campagne présidentielle républicaine, a plaidé pour rendre au candidat son authenticité, tout en affûtant son message.
«Je pense que nous allons affûter son message. Nous allons nous assurer que Donald Trump est bien dans sa peau, ne perd pas son authenticité qui n'a pas de prix et qu'aucun sondeur ne peut vous donner», a-t-elle expliqué sur CNN.
«Le conseil que je lui donnerais, c'est d'être authentique, c'est ce que les Américains apprécient», a-t-elle insisté sur ABC.
Mieux structurer la campagne
Mais Mme Conway, qui voyagera avec Trump au jour le jour, a aussi évoqué la nécessité de mieux structurer la campagne du candidat républicain sur le terrain, et de concentrer ses discours sur les questions qui préoccupent les Américains. «Nous devons nous éloigner de la campagne sans contenu, au profit de la substance, et parler aux gens qui luttent», a-t-elle ajouté sur CBS, après des mois de polémiques et d'attaques personnelles.
Elle a reconnu que Donald Trump était à la peine dans les sondages (41,2% contre 47,2% pour Mme Clinton, selon une moyenne du site Real Clear politics), mais estimé que cela aidait son camp en le motivant.
«Cela allume un feu en nous, et nous rappelle ce que nous devons faire pour y arriver».
Affable, souriante, posée, elle ne pourrait pas être plus différente de Steve Bannon, patron du site ultraconservateur Breitbart News, nommé mercredi directeur général de la campagne Trump. Outsider, homme de l'ombre dont même la date de naissance reste un mystère, sa nomination a été vécue comme une provocation, voire une déclaration de guerre par un establishment républicain de plus en plus inquiet, qu'il critique sans concession. Agitateur populiste, Bannon est aussi un critique acharné d'Hillary Clinton, son site relayant rumeurs et accusations contre la démocrate, ce qui laisse anticiper une fin de campagne impitoyable.
Breitbart «n'est pas simplement (un site) conservateur, mais extrémiste, sectaire, colporteur de théories du complot anti-musulmans et antisémites» a dénoncé jeudi la campagne d'Hillary Clinton. Ils «n'ont jamais été et ne devraient jamais être près des leviers du pouvoir dans ce pays».
«C'est un tacticien brillant», a répondu Mme Conway.
Ce changement d'équipe semblait en tout cas rasséréner jeudi Donald Trump, attendu en soirée en Caroline du Nord.
«Ils m'appelleront bientôt M. Brexit», a-t-il tweeté, une façon d'affirmer qu'en dépit des sondages, il allait créer la même surprise que le référendum de juin, favorable à la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.
Mme Clinton devait rencontrer à New York huit responsables des forces de l'ordre, dont le chef de la police de New York Bill Bratton.
La campagne Trump a aussi prévu de commencer à diffuser vendredi ses premières publicités télévisées de campagne, dans quatre États clés, Ohio, Pennsylvanie, Floride et Caroline du Nord.
Sitôt acté le remaniement de son équipe,... (Photo REUTERS, Brendan McDermid) - image 2.0
PHOTO REUTERS, BRENDAN MCDERMID

Une statue peu flatteuse de Trump nu fait sensation à New York

Une statue de Donald Trump nu a fait sensation quelques heures jeudi à New York, provoquant force éclats de rire, avant d'être détruite par les autorités.
La statue peu flatteuse est apparue sur Union Square, lieu traditionnel de détente et de rencontres. Mains croisées sur un énorme abdomen, chevelure blonde très trumpienne, elle regardait l'agitation de la ville tandis que, sur son socle, une plaque affirmait que «l'empereur n'a pas de couilles».
Le collectif anarchiste Indecline, basé en Californie (ouest), a ensuite diffusé une vidéo montrant la fabrication de cinq statues identiques du candidat républicain à la Maison-Blanche, en glaise et silicone, à partir d'un moule.
Le service des parcs de New York n'a pas été impressionné par cette oeuvre d'art. Deux employés ont arraché la statue de son socle, puis utilisé des bêches pour en casser les pieds avant de la mettre en miettes.
«Le service des parcs a enlevé la statue», a indiqué un porte-parole à l'AFP. «L'installation d'une structure ou oeuvre d'art non autorisée dans la ville est illégale».
Toute la matinée, la statue avait produit son petit effet, les passants s'arrêtant pour la photographier, ou poser pour un selfie avec ce clone de Trump bedonnant, à la minuscule virilité.
«C'était drôle. Tout le monde rigolait et prenait des photos», a confié à l'AFP Rahshawn Gilmore, 22 ans, qui travaille dans une boutique du quartier.
Certains se bouchaient le nez en posant pour la photo.
Il a estimé que la statue n'avait rien de choquant, tout en admettant que d'autres pouvaient penser différemment, vu que des enfants «tournaient autour».
«C'était bien fait, ils ont eu du mal à la mettre en pièces», a-t-il ajouté en riant.
Peri Fisher, 48 ans, a regretté sa destruction.
«C'est une figure publique, les figures publiques peuvent être objet de moquerie. C'était une moquerie. Cela fait partie du mode de vie américain», a-t-elle ajouté.
Les autres statues de Trump nues ont été exposées à Los Angeles, San Francisco, Cleveland et Seattle.