mercredi, juillet 27, 2016

Syrie: attentat de l'EI dans une ville à majorité kurde, au moins 44 morts

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Publié le 27 juillet 2016 à 06h41 | Mis à jour à 08h08
Des images de l'attentat montrent un secteur dévasté,... (PHOTO DELIL SOULEIMAN, AFP)
PHOTO DELIL SOULEIMAN, AFP


Des images de l'attentat montrent un secteur dévasté, une chaussée recouverte de débris et plusieurs immeubles très endommagés.

DELIL SOULEIMANGIHAD DARWISH
Agence France-Presse
Qamichli
Au moins 44 personnes ont été tuées et 140 autres blessées mercredi dans deux explosions provoquées par un attentat contre les forces kurdes, et revendiqué par l'État islamique, dans la ville syrienne de Qamichli (nord-est), non loin de la frontière turque, selon un nouveau bilan des autorités.
Au moins 44 personnes ont été tuées mercredi dans la ville syrienne à majorité kurde de Qamichli dans une attaque suicide revendiquée par le groupe Etat islamique (EI), disant répondre aux raids de la coaliton antijihadistes soutenant les forces kurdes.
Cet attentat est le plus important à toucher cette ville du nord-est syrien, essentiellement contrôlée par les forces kurdes, depuis le début de la guerre en Syrie en 2011.
Les médias officiels ont a parlé d'un «attentat terroriste» ayant fait «44 morts et 140 blessés, dont plusieurs grièvement atteints».
L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) fait lui état de 48 morts.
L'attentat a eu lieu à 9h20 locales (2h20 à Montréal) dans un secteur de l'ouest de Qamichli où se trouvent notamment des services de sécurité de l'administration kurde, selon un correspondant de l'AFP.
Il a été revendiqué par l'EI, dont ce n'est pas le premier attentat antikurde à Qamichli, ville dont les forces kurdes et celles du régime de Bachar al-Assad se partagent le contrôle.
Dans un communiqué, le groupe jihadiste a affirmé que l'attaque avait été perpétrée par un kamikaze à bord d'un camion piégé en réponse aux raids aériens de la coalition antijihadistes sur la ville de Minbej (nord), fief de l'EI assiégé depuis plusieurs semaines par les forces d'une alliance de combattants kurdes et arabes syriens.
Cris d'enfants
Des images tournées par un vidéaste de l'AFP montrent plusieurs immeubles très endommagés, des civils en détresse dans les décombres ainsi que des bouts de métal et de carcasses de voitures carbonisées jonchant le sol.
Un homme court complètement recouvert de sang. Il tient par le bras un petit garçon dont le visage est gris et rouge de poussière et de sang.
Une femme pleure et crie, ses habits déchirés. Une fille et un garçon sont debout devant elle, dans un état de choc.
On entend aussi des cris d'enfants alors que la fumée s'élève des décombres.
On voit des civils et des forces de sécurité s'activant à porter des morts et des blessés retrouvés dans les décombres.
Une source des services de sécurité kurdes (Assayech) a affirmé à un correspondant de l'AFP qu'il s'agit «du plus gros attentat jamais perpétré» à Qamichli.
L'attentat a été, d'après cette même source, mené près d'un point de contrôle proche des administrations des «zones autonomes» kurdes dans la ville, dont l'organe chargé des affaires de Défense.
Il s'agit d'un secteur très sécurisé selon le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane qui a souligné qu'il y a de nombres points de contrôle et des mesures de sécurité renforcées.
«Vu le bilan et les dégâts, cet attentat est le plus gros à Qamichli depuis le début de la guerre», a-t-il ajouté.
Hôpitaux débordés
L'explosion du camion piégé a provoqué une autre déflagration, causée par un réservoir de gaz tout proche, selon des sources concordantes.
La source kurde fait état d'hôpitaux débordés par le grand nombre de victimes.
Le gouverneur de la province de Hassaké, où se trouve Qamichli, a lancé un appel aux dons de sang «pour les victimes (...) dans les hôpitaux publics et privés», selon la télévision nationale.
La majorité de la province de Hassaké est contrôlée par les Unités de protection du peuple kurde (YPG, principale force militaire kurde), qui ont annoncé en mars la création de zones «autonomes» dans le nord-est syrien.
Les combattants kurdes sont à la pointe du combat contre l'EI et ont remporté plusieurs victoires dans le nord et l'est de la Syrie mais les jihadistes ont répliqué par une série d'attaques suicide.
Le Pentagone considère les forces kurdes comme la force la plus efficace dans la lutte contre l'EI en Syrie, où le groupe jihadiste a été expulsé de plusieurs villes par les YPG soutenues par les frappes de la coalition dirigée par Washington.
La guerre en Syrie, déclenchée par la répression d'une révolte contre le régime, implique une multitude d'acteurs et de puissances étrangères.
Elle a fait en cinq ans plus de 280 000 morts et contraint plus de la moitié de la population à fuir ses foyers.