mercredi, juin 08, 2016

Hillary Clinton devient la première femme candidate à la Maison-Blanche

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Mise à jour le mercredi 8 juin 2016 à 6 h 14 HAE
Radio-Canada avec Reuters, Agence France-Presse et Associated Press

Hillary Clinton a revendiqué mardi, lors d'un discours à New York, la victoire à l'investiture démocrate et devient la première femme candidate à la Maison-Blanche.
« C'est la première fois dans l'histoire de notre pays qu'une femme est investie par l'un des grands partis. Cette victoire appartient à toutes les générations de femmes qui se sont battues et qui ont fait des sacrifices pour rendre ce moment possible », a déclaré Hillary Clinton lors de son discours.
Selon le décompte de certains médias, Hillary Clinton avait déjà atteint lundi le nombre requis de délégués pour remporter l'investiture démocrate. Mais la candidate démocrate a revendiqué sa victoire seulement après la fermeture des bureaux de vote mardi.
Des primaires avaient lieu dans six États, dont la Californie et le New Jersey, dans le cadre du dernier « super mardi » des courses à l'investiture des deux grands partis.
Hillary Clinton a remporté une victoire sans équivoque au New Jersey, obtenant 63,3 % des suffrages et s'adjugeant une bonne majorité des 126 délégués qui étaient en jeu dans cet État. Elle récolte aussi 52,3 % des voix au Nouveau-Mexique et 51,1 % au Dakota du Sud. 
La candidate Clinton a également remporté la Californie, selon une projection de la chaîne américaine CNN. Hillary Clinton a remporté quelque 56 % des suffrages contre 44 % pour son rival Bernie Sanders.
Bernie Sanders a toutefois remporté le Dakota du Nord et le Montana.
L'équipe de Mme Clinton s'attendait à ce que le seuil des 2383 délégués soit officiellement franchi dès la fermeture de l'ensemble des bureaux de vote. Avant mardi, elle comptait 1812 délégués élus.
Peu après la fermeture des bureaux de vote au New Jersey, Mme Clinton a publié un tweet révélateur :
« À toutes les petites filles qui ont de grands rêves : oui, vous pouvez devenir ce que vous voulez et même présidente. Cette soirée est pour vous! »— Hillary Clinton
Hillary Clinton, a ensuite prononcé son discours de victoire, huit ans après avoir renoncé à briguer la Maison-Blanche face à Barack Obama. « Oui, les femmes et les hommes ont encore des plafonds à briser, mais ne laissez personne dire que l'Amérique n'est pas capable de grandes choses », a déclaré la démocrate.
Elle en a profité pour écorcher son opposant républicain Donald Trump. « Les ponts sont meilleurs que les murs », a-t-elle lancé en référence au projet du milliardaire de construire un mur à la frontière mexicaine, ajoutant qu'il n'a pas le tempérament pour être président.
Elle a félicité Bernie Sanders pour sa campagne : « Il a enthousiasmé des millions d'électeurs, surtout des jeunes, mais que les choses soient claires : le sénateur Sanders, sa campagne et le débat vigoureux que nous avons eu sur le salaire minimum, la réduction des inégalités, l'ascenseur social, est une bonne chose pour le parti démocrate et l'Amérique ».
Bernie Sanders n'a toujours pas abandonné la course. Dans son discours, à l'issue des résultats du « super mardi », le sénateur a annoncé qu'il avait l'intention de continuer sa campagne jusqu'à la convention de Philadelphie. 
Bernie Sanders a environ 800 délégués de retard sur Hillary Clinton, mais il reste encore une primaire, mardi prochain dans la capitale fédérale, Washington. « Il a remporté plus de 10 millions de voix et mené la campagne insurrectionnelle la plus réussie de l'histoire de ce pays, à l'exception de celle du président Obama », a expliqué son directeur de campagne, Jeff Weaver. « Il veut aller jusqu'à la convention ».
Hillary Clinton doit être formellement investie lors de la convention du parti démocrate à Philadelphie, du 25 au 28 juillet.
Barack Obama a appelé Hillary Clinton pour la féliciter pour sa victoire et a indiqué qu'il rencontrera Bernie Sanders jeudi à la Maison-Blanche.
Vers un duel Trump-Clinton

Selon un sondage publié mardi par Ipsos/Reuters, Hillary Clinton conserve 10 points d'avance sur Donald Trump dans les intentions de vote en vue de l'élection présidentielle du 8 novembre aux États-Unis. Selon ce sondage, 44,3 % des Américains voteraient pour Hillary Clinton, 34,7 % pour Donald Trump et 20,9 % n'ont pas fait leur choix.
Pour sa part, Donald Trump faisait cavalier seul du côté des primaires républicaines, puisque ses derniers rivaux ont jeté l'éponge il y a un mois. Donald Trump a déjà remporté 1290 délégués alors qu'il lui en fallait 1237 pour remporter l'investiture républicaine.
M. Trump a remporté les États de la Californie, du Montana, du New Jersey, du Dakota du Sud et du Nouveau Mexique.
« Nous avons accompli ce que personne ne pensait possible. Ce soir, nous fermons un chapitre dans l'histoire et nous en ouvrons un autre », a déclaré Donald Trump lors d'une conférence de presse après la fermeture des bureaux de vote.
Le politicien républicain a lancé une invitation aux partisans de Bernie Sanders : « Nous allons vous accueillir les bras ouverts ».
Donald Trump donne un discours à New York.Donald Trump donne un discours à New York.  Photo :  Mike Segar / Reuters
Lisant son discours d'un téléprompteur, M. Trump a accusé Bill et Hillary Clinton d'avoir « transformé l'enrichissement personnel en un art ». M. Trump a promis de faire de déclarations importantes concernant Hillary Clinton lundi prochain lors d'une conférence de presse.
Des propos jugés racistes
Par ailleurs, Donald Trump continue d'être critiqué pour ses commentaires jugés racistes à l'encontre d'un juge d'origine mexicaine. Le milliardaire new-yorkais s'est attaqué au juge de district Gonzalo Curiel, fils d'immigrants mexicains, qui préside le procès lié à des allégations de fraude à l'encontre de la Trump University, jugeant que celui-ci se montrait « partial » en raison de son « héritage ».
Mardi, le républicain Paul Ryan a estimé que les propos du magnat de l'immobilier étaient « par définition racistes », tout en affirmant que M. Trump était un candidat positif pour le Parti républicain.
« Affirmer qu'une personne ne peut faire son travail en raison de ses origines, c'est par définition un commentaire raciste. Je pense que cela doit être absolument désavoué », a dit le président de la Chambre des représentants.
Donald Trump a refusé de revenir sur ses déclarations.
Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a quant à lui conseillé à Donald Trump d'arrêter d'attaquer les minorités et de « commencer à parler des questions qui préoccupent les Américains, et de commencer à le faire dès maintenant ».