mercredi, mai 04, 2016

PQ: déjà des appuis pour Véronique Hivon

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Publié le 04 mai 2016 à 08h14 | Mis à jour à 08h14
Des sources fiables confirment que Véronique Hivon, députée... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)
PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE
Des sources fiables confirment que Véronique Hivon, députée de Joliette, réfléchit sérieusement à la possibilité de succéder à Pierre Karl Péladeau.

(Québec) Après avoir passé son tour en 2014, Véronique Hivon pourrait bien briguer la direction du Parti québécois en 2016. Une candidature qui recueille déjà des appuis au sein de la députation péquiste, a appris La Presse.
Alexandre Cloutier, député de Lac-Saint-Jean... (PHoto André Pichette, archives La Presse) - image 1.0
Alexandre Cloutier, député de Lac-Saint-Jean
PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE
Des sources fiables confirment que la députée de Joliette réfléchit sérieusement à la possibilité de succéder à Pierre Karl Péladeau. Plusieurs l'ont incitée à plonger depuis la démission inattendue du chef, lundi, des appuis d'une ampleur qui a surpris la principale intéressée.
Déjà, certains souhaitent ouvertement qu'elle officialise sa candidature.
« J'ai un penchant pour Véronique Hivon, ça, c'est clair, a affirmé àLa Presse le député de Bertrand, Claude Cousineau, hier. Si moi j'avais un choix à faire, ce serait Véronique. »
Par prudence, il a ajouté que « son idée n'est pas arrêtée » dans la mesure où Mme Hivon elle-même n'a pas encore annoncé officiellement sa candidature.
Mais il vante le « travail remarquable » de la députée, qui s'est démarquée dans le débat sur la loi sur les soins en fin de vie, et qui travaille activement au rassemblement des partis indépendantistes.
«Véronique Hivon a plusieurs cordes à son arc, a fait valoir M. Cousineau. Elle est studieuse, elle est rassembleuse. Chez les gens qui ne sont pas du Parti québécois, on constate qu'elle passe très bien. Elle est posée, c'est une femme de dossier, une femme qui est dans le positivisme. Et c'est une travaillante.

»Claude Cousineau,
député de Bertrand
Nos appels ont confirmé un engouement certain pour Mme Hivon dans les rangs péquistes. Plusieurs ont la députée « dans leur ligne de mire », a confié un élu. Un autre a fait valoir qu'elle jouit d'un énorme capital de sympathie dans la population.
Ses partisans soulignent que la députée de Joliette est établie dans la couronne nord de Montréal, le « 450 ». Son élection comme chef permettrait de consolider la présence du PQ dans un secteur où la Coalition avenir Québec lui a arraché plusieurs sièges au dernier scrutin.
UN AFFRONTEMENT HIVON-CLOUTIER ?
Mme Hivon a jonglé avec l'idée de se lancer dans la course à la direction du PQ, en 2014, mais elle y a finalement renoncé en invoquant des raisons familiales. Elle s'est ralliée à Alexandre Cloutier, qui a terminé deuxième derrière M. Péladeau le soir du vote.
Si Mme Hivon décide de plonger, il semble de plus en plus clair qu'elle trouvera son ancien allié sur son chemin.
M. Cloutier fait déjà des téléphones pour évaluer ses appuis. Il ne fait pas de doute qu'il sera de la course, peu importe si la députée de Joliette se lance ou pas. Idéalement son équipe aimerait que Mme Hivon se rallie. Dans un tel scénario, il n'y aurait tout simplement pas de course puisque le député de Lac-Saint-Jean serait plébiscité, estime-t-on.
Des députés travaillent en coulisses pour éviter une collision frontale entre ces deux têtes d'affiche du PQ. On tente de convaincre l'un des deux de céder sa place. Un élu a confié qu'il se croise les doigts pour qu'un affrontement Cloutier-Hivon soit évité. « Ce serait déchirant », a-t-il résumé.
LES AUTRES CANDIDATS POTENTIELS
Jean-Martin Aussant n'a pas précisé ses intentions. Certains députés n'ont toujours pas digéré son départ fracassant du caucus péquiste en 2011. D'autres font valoir que son passé de banquier à Londres serait un atout pour le PQ, qui talonne le gouvernement libéral sur son bilan économique. D'autres doutent qu'il brigue la direction du PQ maintenant, puisqu'il est père de jeunes enfants.
Du côté de Bernard Drainville, c'est le silence radio. Le leader parlementaire du PQ ne fait pas de téléphone et on déduit dans les cercles péquistes qu'il ne sera ni de la course à l'intérim ni à celle de la succession de Pierre Karl Péladeau.
Pour l'intérim, il se refuse à contrecarrer les plans de Sylvain Gaudreault qui l'avait appuyé dans la course l'an dernier, avant son ralliement à M. Péladeau, une manoeuvre que le député de Jonquière n'avait pas appréciée. Son manque d'appui dans le caucus privait Drainville de toute chance de faire bonne figure.
Jean-François Lisée est en France pour voir ses filles, et à la différence d'Agnès Maltais, il a choisi de ne pas précipiter son retour. Il était sorti endetté de sa brève course l'an dernier et n'est pas tenté par une nouvelle aventure. Très présent à l'Assemblée nationale, il a trouvé sa « zone de confort », explique-t-on.
Martine Ouellet fait elle aussi des téléphones pour jauger ses appuis. La décision de Véronique Hivon de se lancer ou non dans la course aura de l'influence, mais jusqu'ici, on parie dans le camp Ouellet que Mme Hivon, qui n'aime guère la bagarre, ne sautera pas dans l'arène.
Le député de Rousseau et ancien ministre des Finances, Nicolas Marceau, est également en réflexion.
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PAS DE SUCCESSEUR NATUREL
Pour la première fois depuis longtemps, le PQ sans chef se retrouve aussi sans dauphin naturel. En 1985, au départ de René Lévesque, Pierre Marc Johnson faisait consensus dans les sondages. Au départ de M. Johnson deux ans plus tard, Jacques Parizeau était déjà dans l'antichambre. Même chose quand M. Parizeau démissionne : Lucien Bouchard est tout de suite plébiscité. Quand il part en 2001, Bernard Landry s'impose si vite qu'encore une fois il n'y a pas de course. En 2005, dès le début André Boisclair a le vent dans les voiles, et coiffe facilement Pauline Marois au fil d'arrivée. Quand il passe la main, en mai 2007, il n'y a pas de course pour choisir Pauline Marois, Gilles Duceppe déclare rapidement forfait. L'an dernier, finalement, dès le premier jour de la course, Pierre Karl Péladeau est donné gagnant. L'issue de la course à venir est bien plus difficile à prédire.
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LE CHEF CHOISI EN SEPTEMBRE ?
Plusieurs députés péquistes militent pour que le Parti québécois tienne un congrès à la direction dès le mois de septembre ou d'octobre. Cette option ferait d'une pierre deux coups : on limiterait les coûts de la course et on éviterait de chambarder le calendrier qui mène au congrès de juin 2017, au cours duquel les militants doivent adopter un nouveau programme. En entrevue, le président du PQ, Raymond Archambault, a dit souhaiter que la course à la direction soit plus expéditive que celle qui a mené au couronnement de Pierre Karl Péladeau.