jeudi, mai 26, 2016

La cigarette interdite dans de nouveaux endroits dès demain

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Publié le 25 mai 2016 à 10h11 | Mis à jour le 25 mai 2016 à 17h46
S'en griller une sur une terrasse? Eh non,... (Archives La Presse)
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S'en griller une sur une terrasse? Eh non, ce ne sera plus possible à partir de demain. Les cigarettes seront entre autres interdites sur les terrasses de bars et de restaurants, les terrains sportifs, les terrains de jeux et les camps de vacances dès demain.

STÉPHANIE MARIN
La Presse Canadienne
Les endroits où les gens pourront fumer deviendront de plus en plus rares dès jeudi: de nouvelles interdictions s'ajoutent et il ne sera plus possible aux fumeurs d'allumer une cigarette sur les terrasses des restaurants et des bars, dans les automobiles en présence de jeunes ainsi que sur les terrains sportifs et de jeux pour enfants.
L'entrée en vigueur des interdictions sera toutefois une bouffée d'air frais pour ceux qui sont indisposés par la fumée.
La loi provinciale concernant la lutte contre le tabagisme a été adoptée à l'unanimité en novembre dernier. Certaines dispositions sont entrées en vigueur immédiatement, mais pas toutes.
Il s'agissait alors de la première révision en profondeur de la Loi sur le tabac depuis la réforme de 2005, qui avait notamment banni la cigarette de la plupart des espaces publics.
En novembre, la loi s'était aussi occupée du cas des cigarettes électroniques. Elle les a alors assimilées aux traditionnelles: là où sont interdites celles remplies de tabac, les électroniques le sont aussi. Bref, elles ne sont plus admises dans les lieux publics fermés, comme les bars et les lieux de travail.
Et à ces interdictions s'ajoutent en cette fin du mois de mai bon nombre de lieux «en plein air», qui avaient été jusque-là épargnés: les terrasses de bars et de restaurants, les terrains sportifs, les terrains de jeux et les camps de vacances.
Les fumeurs seront aussi persona non grata dans les voitures si des jeunes de moins de 16 ans s'y trouvent, dans les aires communes des immeubles d'habitation comportant de deux à cinq logements, et en tout temps dans les centres de la petite enfance et les garderies, dans tous les établissements d'enseignement préscolaire, primaire et secondaire, y compris les centres de formation générale aux adultes et les centres de formation professionnelle.
Les associations qui luttent contre le tabagisme se réjouissent des interdictions supplémentaires qui sont désormais en place.
«Ces mesures étaient attendues depuis longtemps. Les plus récentes données montrent que de nombreux Québécois étaient encore exposés à la fumée secondaire et les différents degrés de permissivité des lois existantes lançaient des messages contradictoires aux jeunes à l'égard de la dangerosité du tabagisme», a fait valoir dans un communiqué Flory Doucas, porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac.
Selon Claire Harvey, du Conseil québécois sur le tabac et la santé, «il va y avoir plus de 1,7 million de jeunes protégés des effets de la fumée secondaire», sans compter tous les non-fumeurs et les travailleurs de la restauration.
Elle rappelle que la fumée secondaire est très nocive, car les cigarettes contiennent plus de 4000 produits chimiques dont près de 70 cancérigènes.
«Cela va aussi avoir un effet dissuasif auprès des jeunes, croit-elle. S'ils sont moins exposés aux fumeurs, ils seront moins tentés de les imiter».
L'interdiction de fumer dans les voitures en présence de jeunes réjouit particulièrement.
«Les parents et les jeunes pensent à tort que la fumée de tabac se dissipe rapidement lorsqu'on roule les fenêtres baissées; ce n'est pas le cas (...) Le Québec était la seule province n'ayant pas encore adopté une telle mesure», soutient Dominique Massie, directrice générale de l'Association pulmonaire du Québec.
À l'Association des restaurateurs du Québec (ARQ), on craint par contre de devoir «jouer à la police».
«Notre appréhension est pour le fait que c'est le restaurateur qui va devoir jouer au policier dans l'application de la loi. Pourquoi? Tout simplement parce qu'on n'a pas vu vraiment de campagne de sensibilisation à l'entrée de cette nouvelle mesure, soit l'interdiction de fumer sur les terrasses par le ministère de la Santé et des services sociaux», a déclaré en entrevue Martin Vézina, porte-parole de l'ARQ.
Les fumeurs pris en flagrant délit pourraient écoper d'amendes - tout comme le propriétaire du restaurant.
«C'est nous qui allons avoir à contrôler au quotidien», a-t-il ajouté.
Il ne craint toutefois pas outre mesure l'impact sur les revenus des restaurateurs.
«Il va peut-être y avoir une légère diminution des ventes, mais il ne va pas y avoir de restaurants qui vont fermer», estime M. Vézina, soulignant que cela pourrait être plus marqué pour les bars.
Il craint aussi un problème en milieu urbain: puisque les fumeurs devront quitter la terrasse pour fumer, M. Vézina s'inquiète qu'ils aillent allumer leurs cigarettes sur le trottoir en y apportant leur verre parce qu'il est tout près. Comme il est interdit de boire sur la voie publique, cela va alourdir encore le travail de surveillance des établissements, explique-t-il.
L'ARQ envoie des bulletins d'information à ses membres pour leur rappeler l'entrée en vigueur de la mesure et les invite à imprimer les petites affiches disponibles sur le site du ministère de la Santé.
En novembre prochain, d'autres restrictions s'ajouteront: il sera alors interdit de fumer à l'extérieur, dans un rayon de 9 mètres de toute porte et de toute fenêtre qui s'ouvre et des prises d'air communiquant avec un lieu fermé où il est interdit de fumer.
Ainsi, les endroits publics où il sera encore possible de fumer sont de moins en moins nombreux: il restera notamment la rue, les trottoirs et les parcs, sauf dans les endroits réservés aux jeunes.
Ce sont les inspecteurs du ministère de la Santé qui veilleront au respect de la loi et de toutes ces interdictions de fumer.
Ils sont actuellement 26 sur l'ensemble du territoire du Québec et il n'est pas prévu pour le moment d'en engager d'autres, indique le ministère de la Santé.
Malgré les interdictions qui s'ajoutent, les inspecteurs ne verront pas leur fardeau s'alourdir, puisqu'ils se rendaient déjà dans les bars et restaurants pour s'assurer que personne ne fumait à l'intérieur, a-t-on précisé, ajoutant que les effectifs pourraient éventuellement être revus au besoin.
Quant aux gens qui fument dans une voiture lorsqu'il y a des enfants, tout corps de police au Québec a le pouvoir de faire immobiliser le véhicule et sévir, ajoute le ministère.

Les principales interdictions de fumer au Québec

Depuis 1994
  • Vols aériens intérieurs et internationaux
Depuis 1999
  • Lieux publics fermés et milieux de travail
  • Écoles primaires et secondaires
  • Centres de la petite enfance, garderies
  • Aires communes des immeubles comportant plus de 13 unités de logement 
Note: il était alors encore possible de fumer dans bon nombre de lieux publics tels que des centres commerciaux, des universités et des gares d'autobus) mais uniquement dans les fumoirs
Depuis 2006
  • Restaurants, bars, salles de bingo, brasseries et tavernes
  • Taxis, transports en commun, abribus
  • Tentes, chapiteaux et autres installations semblables
  • Tout terrain d'une école primaire et secondaire
  • Centres commerciaux
  • Aires communes des immeubles comportant de 6 à 12 unités de logement
  • Disparition des aires « fumeurs » ou fumoirs dans les restaurants, les centres commerciaux, les salles de quilles, les salles de billard, les centres de congrès et autres lieux de divertissement
  • À l'extérieur, dans un rayon de 9 mètres de toute porte communiquant avec un établissement de santé et de services sociaux, un établissement d'enseignement de niveau postsecondaire, ainsi qu'un lieu où se déroulent des activités destinées aux mineurs
Depuis novembre 2015
  • Les cigarettes électroniques sont soumises aux mêmes restrictions de lieux que le tabac et les cigarettes traditionnelles
Depuis mai 2016
  • Terrasses des restaurants et des bars
  • Dans les automobiles en présence d'enfants de moins de 16 ans
  • Terrains sportifs et de jeux pour jeunes, camps de vacances
  • Aires communes des immeubles d'habitation comportant de 2 à 5 logements
  • En tout temps, sur les terrains des centres de la petite enfance et des garderies, des établissements d'enseignement préscolaire, primaire et secondaire, y compris les centres de formation générale aux adultes et les centres de formation professionnelle
Dès novembre 2016
  • À l'extérieur, dans un rayon de 9 mètres de toute porte, de toute fenêtre qui s'ouvre et des prises d'air communiquant avec un lieu fermé où il est interdit de fumer