lundi, mai 16, 2016

Couillard veut s’inspirer des Anglo-Québécois

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16 mai 2016 |Robert Dutrisac
Le premier ministre Philippe Couillard lors de son discours de clôture du conseil général du PLQ
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir
Le premier ministre Philippe Couillard lors de son discours de clôture du conseil général du PLQ
Le chef libéral Philippe Couillard déplore que le réseau d’éducation francophone soit à la traîne en matière de réussite scolaire et lui enjoint d’imiter le réseau anglophone qui fait beaucoup mieux.
 
« Nous devons dire à nos amis québécois de langue anglaise que la façon dont ils font les choses, la façon dont ils dirigent leurs commissions scolaires et leurs écoles est la direction à suivre pour tous les Québécois », a déclaré Philippe Couillard dans son discours de clôture du conseil général du Parti libéral du Québec qui réunissait quelque 500 militants.
 
Le chef libéral a souligné que les commissions scolaires de langue anglaise affichaient un taux de diplomation au secondaire de 85 % alors que les commissions scolaires, sauf exceptions, atteignent des résultats moindres.
 
Pourquoi les commissions scolaires anglophones et quelques rares commissions scolaires francophones, comme la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys dans l’ouest de l’île de Montréal, font-elles mieux en matière de réussite scolaire ? s’est demandé Philippe Couillard, qui a aussi souligné que l’Ontario obtenait des taux de diplomation supérieurs à ceux obtenus au Québec. « C’est inacceptable », a-t-il dit. L’écart important entre la réussite scolaire des garçons et celle des filles est également « inacceptable », a ses yeux. « Qu’est-ce qui est fait dans ces milieux qui n’est pas fait ailleurs ? Est-ce si difficile ? Est-ce si compliqué ? Non, c’est une question de volonté politique, de courage et de leadership, et on va faire en sorte que ça s’applique pour tous les Québécois et à tous les enfants du Québec », a affirmé le chef libéral devant ses militants.
 
Ce n’est pas une question de ressources puisque toutes les commissions scolaires disposent de budgets semblables, a précisé Philippe Couillard lors de la conférence de presse qui a suivi. L’engagement de la communauté anglophone dans ses écoles explique en partie leurs bons résultats, a-t-il avancé.
 
Mieux vaut tard que jamais
 
Dans son discours, Philippe Couillard a avoué que son gouvernement avait eu tort de s’« égarer dans des chicanes stériles sur les élections scolaires et les structures » pendant deux ans, notamment avec le projet de loi 86 sur la gouvernance des commissions scolaires. Il a parlé de « la réflexion nécessaire qui montre une grande maturité pour une formation politique de reconnaître qu’il faut se concentrer d’abord et avant tout sur la réussite éducative de nos élèves et nos enfants et nous éloigner des débats qui nous écartent des véritables priorités ».
 
En conférence de presse, Philippe Couillard a enterré pour de bon le projet de loi 86. Refusant d’y voir une erreur, il a présenté un mea culpa moins franc que dans son discours. Il a indiqué que certains éléments qu’il contenait — les allocations budgétaires et la responsabilisation des écoles — seront repris dans un autre projet de loi que le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, présentera pour adoption à l’automne.
 
En matinée dimanche, les militants libéraux ont assisté à la conférence du spécialiste en éducation Égide Royer pour ensuite se pencher sur une résolution-cadre sur l’éducation.
 
Parmi les propositions étudiées figurent l’implantation graduelle de la maternelle à quatre ans ainsi que l’école obligatoire jusqu’à 18 ans, un prolongement de deux ans que le chef libéral avait dénoncé quand la Coalition avenir Québec l’avait soumis et dont il avait évalué le coût à 250 millions. « La grave erreur, c’est de présenter ça comme l’école obligatoire jusqu’à 18 ans. […] C’est [plutôt] l’apprentissage jusqu’à 18 ans », a-t-il dit, précisant que cet apprentissage ne ferait pas nécessairement sur les bancs de l’école. Les sommes pour assurer cet apprentissage prolongé ne seront pas soumises au « cran d’arrêt », un concept abandonné à tout le moins dans le cas de l’éducation, et elles seront dégagées graduellement.
 
La résolution-cadre critique aussi les projets de chambardements de structures. « Alors que les dernières années ont été monopolisées par les questions de structures, de gouvernance et de ressources, trop peu d’efforts ont été déployés autour de ce qui importe le plus, c’est-à-dire l’apprenant, son milieu et les facteurs reconnus pour favoriser sa réussite scolaire », peut-on lire dans le document.
 
Samedi, les libéraux se sont divisés sur la proposition visant l’économie de partage et Uber, mais aussi sur la création du registre des armes à feu dont une proposition réclamait l’abandon. Elle fut battue de justesse après un débat animé. « Notre parti est le reflet de la société du Québec », s’est félicité le chef libéral.

Écart important
Au cours des cinq dernières années, le taux de diplomation des élèves dont la langue d’enseignement est le français est constamment demeuré inférieur à celui des élèves recevant un enseignement en anglais. Le taux de diplomation représente la proportion d’élèves ayant obtenu un diplôme sept ans après leur entrée au secondaire. Il peut s’agir d’un diplôme d’études secondaires, mais aussi d’autres diplômes ou qualifications professionnelles.

Taux de diplomation selon la langue d’enseignement

2015
Français: 77,1 %
Anglais: 84,5 %

2014
Français: 75,0 %
Anglais: 84,5 %

2013
Français: 74,3 %
Anglais: 82,3 %

2012
Français: 72,7 %
Anglais: 81,9 %

2011
Français: 71,8 %
Anglais: 79,2 %

Source: Ministère de l’Éducation du Québec