lundi, avril 25, 2016

Un ex-militaire met en demeure Justin Trudeau

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Il souhaite que le PM tienne ses engagements électoraux


MISE à JOUR 
Un militaire de Québec qui dit avoir été victime de harcèlement psychologique par ses supérieurs des Forces armées canadiennes a fait parvenir une mise en demeure au premier ministre Justin Trudeau afin qu’il respecte ses engagements électoraux.
Militaire de profession, Robert Derosby a été témoin, quelque temps après sa mutation à la base de Bagotville en 1996, d’irrégularités comptables dans la gestion de fonds des mess, les cantines gérées par les militaires. Dénonçant les pratiques douteuses, il affirme avoir été intimidé et humilié par au moins 31 supérieurs des Forces.
M. Derosby et sa conjointe ont reçu un diagnostic de choc post-traumatique et leurs graves problèmes de santé se sont amplifiés lorsqu’ils ont été victimes d’une «invasion de domicile» par la police militaire en 1999, à la suite d’une «plainte vengeresse avec distorsion des faits». Depuis, M. Derosby se bat pour obtenir une reconnaissance de son état.
«Interpellé» notamment par l’engagement des libéraux de Justin Trudeau d’investir 300 M$ pour soutenir les anciens combattants, M. Derosby veut «une intervention énergique [du premier ministre] afin de traduire [ses] promesses électorales concernant les militaires».
13 mesures
Bien que M. Derosby souhaite obtenir une juste pension pour les préjudices qu’il a subis, il assure ne pas être spécifiquement à la recherche d’une compensation financière. L’ex-militaire exige surtout «des mesures concrètes pour éviter que ses sœurs et frères d’armes ne vivent les mêmes atrocités».
Treize mesures ont été soumises au premier ministre afin que le gouvernement lui vienne en aide, ainsi qu’à son ex-conjointe et à tous les anciens combattants aux prises avec une problématique.
Le Bureau du premier ministre a répondu à cette mise en demeure de façon laconique il y a deux semaines et l’avocate de M. Derosby, Dominique Bertrand, avoue avoir peu de moyens pour répliquer. «Ça serait un procès extrêmement long et coûteux [...] la machine gouvernementale a des ressources», explique-t-elle.
L’objectif de cette lettre était d’obtenir «une vraie réponse» ou encore une rencontre, ce qui n’a pas eu lieu. «Ce n’est pas un menteur, mais c’est tellement abracadabrant qu’on a l’impression qu’il ne le considère pas», déplore Me Bertrand.