jeudi, avril 07, 2016

Les huit mensonges de l’homme de Paul Desmarais

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Philippe Couillard est son disciple


Tribune libre de Vigile
lundi 4 avril

Avec Nathalie Normandeau et Sam Hamad, pour le moment, la preuve est en train de se faire que la corruption était au coeur du gouvernement Charest. Avec l’objectif de 100,000$ par année par ministre pour la caisse électorale libérale, c’était divers avantages financiers en échange de dons au PLQ. Mais il y une autre sorte de corruption qui est aussi grave sinon plus. Pierre Foglia pensait que l’aspect financier du scandale des commandites était moins grave que la tentative de corruption des esprits par la publicité fédéraliste. « Les huit mensonges de l’homme de Paul Desmarais » a été publié sur la « Tribune libre » de Vigile le 25 août 2010 à l’époque de Bernard Frappier. Il a été retiré des Archives de Vigile suite à des pressions libérales. Le revoici pour faire un pied-de-nez aux Libéraux, pour rappeler les tentatives de corruption de la démocratie par le mensonge de l’ex-premier ministre Jean Charest et pour suggérer que Philippe Couillard est son disciple.
« Vous souvenez-vous d’un reportage de Claude Charron ancien ministre péquiste devenu journaliste intitulé : les huit mensonges de George W. Bush. Le premier mensonge portait sur l’existence des armes de destruction massive en Irak comme justification de la guerre en Irak.

Pensez aussi à l’affaire du Watergate où Richard Nixon a multiplié les mensonges jusqu’à sa chute.

Le mensonge, c’est dire le contraire que ce qu’on sait être la vérité.
Voici l’énumération de huit mensonges de Jean Charest.

1- Pendant la campagne référendaire d’octobre 1995, lors du love-in de Montréal, puisque le projet présenté par le trio Parizeau-Bouchard-Dumont prévoyait qu’un Québec souverain permettrait aux citoyens du Québec de garder le passeport canadien, le discours enflammé de Jean Charest brandissant le passeport canadien que les citoyens du Québec et en particulier les immigrants seraient menacés de perdre était un mensonge.

2- Jean Charest a affirmé dans le cadre de l’enquête du juge Grenier sur « Option Canada » qu’il ignorait totalement l’existence de cet organisme au noir financé entre autres par Patrimoine Canada et des compagnies pour payer (sous la table) des interventions en faveur du NON comme celle de Pierre Pettigrew qui a obtenu 12,000$ pour des articles publiés dans « La Presse ». Le principe ici appliqué par Jean Charest est le suivant : vous ne pouvez pas prouver que je le savais alors je dis que je ne le savais pas. Il était pourtant vice-président du Comité du NON et tous ses amis étaient impliqués dans « Option Canada » qui payait leurs petites dépenses au jour le jour systématiquement de façon illégale. (La liste des factures est publiée dans livre de Robin Philpot et Normand Lester :« Les secrets d’Option Canada ».) 
Jean Charest n’ignorait pas l’existence d’Option Canada. C’était un mensonge de dire le contraire.

3- La campagne électorale libérale du 8 décembre 2008 a été bâtie sur trois mensonges : la baisse de la péréquation ne sera que de quelques centaines de millions par année (Pauline Marois a dit : un milliard de perte par année et elle disait la vérité) ; le budget sera équilibré (alors que le Parti québécois annonçait un déficit et celui du gouvernement libéral sera de plus de deux milliards) ; troisième mensonge : nous du gouvernement, nous ne savons pas à combien vont monter les pertes de la Caisse de dépôt (alors que Gilles Taillon annonçait des pertes de plus de 30 milliards et était en deçà de la vérité : les pertes ont été de 40 milliards).

A propos de la péréquation, du déficit du budget et des pertes de la Caisse de dépôt, Jean Charest a menti à la population. Il a trompé volontairement la population. Tous les observateurs de la scène politique le savent et il n’y a aucun doute dans leur esprit : seuls ceux de Gesca vendus à Paul Desmarais font semblant de ne pas le savoir. Mentir, c’est savoir la vérité et dire qu’on ne la sait pas. Dans le cas du budget, de la péréquation et des pertes de la Caisse de dépôt, le gouvernement libéral savait. Jean Charest a basé toute la dernière campagne électorale sur trois mensonges qui ont trompé la population pour obtenir le pouvoir. Il est responsable de ces trois mensonges. Jean Charest n’a pas peur du mensonge quand c’est dans son intérêt immédiat.

4-Après dix ans de silence et de cachotteries, le Parti libéral a été obligé d’avouer qu’il payait un salaire de 75,000$ sous la table donc au noir à son chef. C’est parce que Patrick Bourgeois était sur le point de publier son livre « La nébuleuse » que le Parti libéral a craché le morceau. Bourgeois a étudié le train de vie de Jean Charest et a conclu chiffres à l’appui qu’il lui manquait 75,000$ pour mener son train de vie : grosse hypothèque à payer sur sa maison de Westmount ; maison d’été à North Hatley, propriété de Sam Pollock anciennement du Canadien ; école privée pour ses enfants etc. Or, le Parti libéral savait que le livre de Bourgeois allait être publié : Jean Charest avait mis ses avocats sur le dos de Patrick Bourgeois pour que celui-ci ne sache pas quel était le loyer payé à Sam Pollock pour sa maison de North Hatley. Le salaire de premier ministre de 175,000$ plus un compte de dépenses ne suffisait pas au big shot de Westmount, l’homme au passeport. Quelle preuve avons-nous que Jean Charest ne reçoit que 75,000$. Et si c’était plus. Cette histoire du salaire de Jean Charest caché pendant dix ans plane dans une atmosphère de mensonge par omission.

5- Avez-vous entendu parler d’un fonds de plusieurs millions créé en fiducie à l’occasion du passage de Jean Charest d’Ottawa à Québec, compte en fiducie créé par des hommes d’affaires canadiens dont Paul Desmarais et Laurent Beaudoin ? Si c’est le cas, c’est un autre mensonge par omission. Motivation : l’argent. On voit comment l’argent, l’argent, l’argent c’est important en politique, Franco Fava, entrepreneur en construction de la région de Québec en est la preuve la plus flagrante selon le témoignage irrécusable de Marc Bellemare devant la commission Bastarache le 24 août 2010. Pensez-vous que quand un milliardaire et des multi-millionnaires demandent à un homme politique un service, pensez-vous qu’ils ne mettent pas la main dans leur poche et qu’ils se contentent d’une tape dans le dos !

6- Marc Bellemare a cru que Jean Charest avait une parole quand il lui a fait la promesse de changer la loi sur le no-fault en faveur des accidentés. Jean Charest n’a pas tenu parole et Marc Bellemare a démissionné comme ministre de la Justice. C’était un autre mensonge de Jean Charest.

7- Quand Jean Charest a fait un point de presse pour dire que Marc Bellemare avait menti, que ce que dit Marc Bellemare sur le trafic d’influence exercée par Franco Fava dans la nomination de trois juges est faux, qu’il n’a jamais entériné cette pratique en l’approuvant et qu’il n’en avait jamais parlé avec Marc Bellemare, pensez-vous qu’il dit la vérité ? Moi, je crois que Marc Bellemare dit la vérité. 
Jean Charest qui nie, c’est de la fiction. Vous n’aviez qu’à regarder le langage non-verbal et le timing de la déclaration. Comme un pompier qui essaie d’éteindre un feu. Ce que dit Marc Bellemare dans son récit du 24 août au matin, à mon avis, c’est la vérité. C’est le huitième mensonge de Jean Charest. C’était prévisible qu’il jouerait sa parole contre celle de Marc Bellemare. Avec le culot qui le caractérise.

Résumons les mensonges.
Passeport, existence d’Option Canada, déficit du budget, pertes à la caisse de dépôt, salaire caché pendant dix ans, fonds en fiducie, promesse à Marc Bellemare sur le no-fault, affirmation que Marc Bellemare ment dans son témoignage du 24 août au matin, tels sont les huit mensonges de Jean Charest.

 Si le Québec est une vraie démocratie, Charest devra démissionner parce qu’il a été élu sur de fausses représentations et parce qu’il multiplie les mensonges. Il ne mérite pas la confiance du peuple qui l’a élu. Il doit démissionner. Une société démocratique ne peut tolérer ce manque d’éthique et continuer à se dire démocratique. Jean Charest ne mérite absolument pas d’être le porte-parole de la nation québécoise, ce qu’il n’a jamais été d’ailleurs ».

25 août 2010
Voici la suite datée du 29 avril 2102 qui a été publiée et qui est toujours dans les Archives de Vigile.
« Ajoutez deux autres mensonges.
1- Jean Charest affirme qu’il a toujours voulu négocier avec les étudiants mais que c’est les étudiants qui n’étaient pas prêts à négocier. Depuis 10 semaines, il envoie la ministre Line Beauchamp voir les étudiants et répéter : « vous perdez votre temps à contester, l’augmentation des droits de scolarité aura lieu, coûte que coûte. Vous paierez la facture » répète-t-elle depuis dix semaines. Mais paraît-il que le gouvernement libéral a toujours voulu négocier, c’est les étudiants qui ne voulaient pas. Charest ose répéter ce grossier mensonge.
2- Vendredi, 27 avril 2012, en conférence de presse pour présenter l’étalement de la hausse des droits de scolarité sur sept ans, Jean Charest affirme qu’il n’y aura pas d’élections pour profiter électoralement du conflit étudiant (qu’il a provoqué sciemment). Après avoir utilisé démagogiquement le thème de la violence dans les manifestations souvent provoquée par la police, la possibilité qu’il y ait des élections au printemps lui fait déchirer ses vêtements : c’est grotesque (dit-il) de supposer qu’il prolonge le conflit avec les étudiants pour en profiter pour essayer de se faire réélire. C’est évidemment un mensonge. Le premier ministre du Québec est responsable de la crise actuelle qu’il prolonge volontairement pour se faire réélire. Pour qu’on oublie la corruption de son gouvernement. 
Jean Charest a été élu sous de fausses représentations et a multiplié les mensonges durant ses neuf années de pouvoir. Il ne mérite pas la confiance du peuple. »
29 avril 2012
Il est utile de se rappeler les mensonges de Jean Charest pour se rendre compte que Philippe Couillard est son disciple. Quand il dit que le geste de Sam Hamad de se retirer de sa fonction de ministre au Conseil du trésor est noble et qu’il a fait preuve de courage, ce n’est pas la vérité. La vérité, c’est que Sam Hamad ne pouvait plus siéger au conseil des ministres à cause des allégations de trafic d’influence.
Quand Philippe Couillard accuse François Legault d’intolérance parce qu’il pose des questions sur la capacité de la société québécoise d’intégrer 60,000 immigrants par année, il corrompt le débat démocratique.
Quand il refuse d’admettre qu’il veut 60,000 immigrantes par année à des fins électorales, il ne dit pas la vérité. La sociologie électorale qui est une science humaine a prouvé hors de tout doute que la base électorale du Parti libéral du Québec est faite des votes des anglophones et des allophones.
Sans oublier la tentative de transformer un instrument démocratique légitime comme le référendum en épouvantail à moineaux.