lundi, mars 07, 2016

Justin Trudeau: un portrait «à la Kennedy»

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Publié le 07 mars 2016 à 05h00 | Mis à jour à 05h00
À quelques jours de sa visite à la... (Capture d'image du réseau CBS)
CAPTURE D'IMAGE DU RÉSEAU CBS
À quelques jours de sa visite à la Maison-Blanche, le premier ministre canadien Justin Trudeau a accordé une entrevue d'une quinzaine de minutes à l'émission 60 minutes. Le reportage a été présenté hier soir sur les ondes du réseau CBS.

« Sa jeunesse, son look et son nom de famille ont captivé le monde entier lors de sa victoire... » Cette présentation de Justin Trudeau en ouverture d'émission donne le ton de l'entrevue diffusée hier soir à 60 Minutes, prestigieux magazine d'information diffusé depuis 1968 sur le réseau CBS. À quelques jours de la visite de Justin Trudeau à la Maison-Blanche, ce reportage d'une quinzaine de minutes l'a présenté aux Américains sous son meilleur jour, dans un survol aux allures de portrait « à la Kennedy ». Entrevue en cinq thèmes.
L'héritier
Justin Trudeau est présenté comme un homme issu « de la royauté politique canadienne », un premier ministre qui a eu un chemin des plus atypiques vers le sommet.
« J'ai été instructeur de planche à neige, j'ai été portier dans une discothèque, j'ai été guide de rafting, j'ai été enseignant, énumère-t-il. Je n'ai pas à me justifier d'avoir eu des expériences de vie très variées. »
Son enfance sous les projecteurs, sa famille décimée, la mort de son frère dans une avalanche, puis celle de son père deux ans plus tard... Le reportage met aussi en relief le fait que la vie de Justin Trudeau n'a pas toujours été rose. À 44 ans, même si c'est aujourd'hui sa famille qui est l'objet de l'attention publique, il peine toujours à se défaire de l'étiquette : « le fils de ».
Les réfugiés
L'arrivée de 25 000 réfugiés syriens au Canada a suscité des questionnements chez nos voisins américains qui, eux, en ont accueilli 2000. Le premier ministre ne craint-il pas pour la sécurité de son pays ?
« Chaque fois qu'un touriste ou un réfugié se présente dans un autre pays, il y a un risque pour la sécurité. [...] Je suis plus qu'à l'aise d'accueillir 25 000 réfugiés [...], c'est un geste en accord avec les valeurs de notre nation », a-t-il répondu, ajoutant que d'« être ouvert et respectueux est beaucoup plus puissant que de diffuser de la haine et de la colère ».
La boxe
Filmé à l'entraînement dans un club de Montréal, le premier ministre a des allures de Rocky Balboa dans le long segment du reportage consacré à son amour de la boxe.
« La boxe, c'est combien de coups on peut encaisser et continuer », philosophe-t-il.
Les images de son combat contre le sénateur Patrick Brazeau le présentent en vrai battant. C'est d'ailleurs le seul moment où sa femme, Sophie Grégoire, témoigne.
« Je n'ai pas aimé regarder le combat. Mais il m'avait dit tellement de fois : "Ce ne sera pas facile, mais je vais l'avoir !" Par contre, il a admis que certains coups étaient vraiment puissants », raconte-t-elle à la journaliste.
La guerre
Justin Trudeau a ordonné le retrait des avions de combat canadiens de la guerre aérienne menée par les États-Unis contre le groupe État islamique. Or, le Canada a doublé le nombre d'effectifs au sol. Ainsi, l'entrevue met en évidence que sous le leadership de Trudeau, le Canada a redéfini sa position mondiale.
« Plusieurs pays sont très doués pour larguer des bombes, et il y a autre chose que le Canada fait mieux que certains de ces pays. L'une d'elles est d'entraîner des gens au sol », a expliqué le premier ministre, soulignant qu'il ne s'agit pas là d'un désaveu envers les États-Unis, bien au contraire.
Le voisin
« Qu'est-ce que les Canadiens n'aiment pas des États-Unis ? » Cette question inattendue posée en fin d'entrevue n'a pas semblé déstabiliser le premier ministre, qui a répondu candidement. Il a cité en exemple l'ironie de l'expression « l'homme le plus puissant du monde » utilisée par nombre d'Américains pour définir le président des États-Unis.
« Ce serait peut-être bien si les Américains commençaient par avoir davantage conscience de ce qui se passe ailleurs dans le monde. Je pense que c'est ce que plusieurs Canadiens espèrent des Américains. Parce que tu ne peux pas vivre au Canada sans être sensible à ce qui se passe aux États-Unis, alors on aime parfois penser que peut-être que les Américains se soucient aussi de notre sort de temps en temps. »