lundi, février 22, 2016

Annonce d'élections en Syrie sur fond d'entente entre Washington et Moscou

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Mise à jour le lundi 22 février 2016 à 16 h 53 HNE  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Reuters et Associated Press
Un bureau de vote à Damas lors des législatives en Syrie en 2012.
Un bureau de vote à Damas lors des législatives en Syrie en 2012.  Photo :  Khaled Al Hariri / Reuters

Le président syrien, Bachar Al-Assad, a annoncé des élections législatives pour le 13 avril prochain. L'annonce officielle a été faite par son bureau lundi.
Les dernières élections législatives en Syrie remontent à 2012. Elles se tiennent aux quatre ans. La présidentielle qui a remis Al-Assad en place a eu lieu en 2014.
En 2012, pour la première fois, les élections se sont tenues avec des candidats de plusieurs partis plutôt que du seul parti Baas, au pouvoir. La plupart des 250 députés qui ont été élus étaient des membres du Baas. À la suite de ces élections, Bachar Al-Assad avait nommé Riad Hijab premier ministre. Il est passé depuis dans les rangs de l'opposition et il est le chef du Haut Comité des négociations (HCN), basé à Riyad.
La guerre civile a éclaté en Syrie en 2011, faisant depuis plus de 260 000 morts. La moitié de la population a quitté le pays.
Cette annonce survient après que les États-Unis et la Russie eurent présenté les modalités d'un cessez-le-feu qui pourrait entrer en vigueur le samedi 27 février.
Ce cessez-le-feu doit avoir l'assentiment du régime et de l'opposition. Les groupes clés de cette opposition, réunis au sein du HCN ont déjà indiqué qu'ils accepteraient le cessez-le-feu à certaines conditions : « la levée des sièges des villes syriennes, la libération des prisonniers, l'arrêt des bombardements des civils et la livraison d'aide humanitaire », selon leur communiqué.
Cette trêve ne concernera pas les opérations contre l'État islamique (EI) et le Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda. Par conséquent, les opérations militaires menées par l'aviation syrienne, la Russie et la coalition internationale conduite par les États-Unis se poursuivront.
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Entre-temps, des enquêteurs onusiens ont prévenu, lundi, que le conflit est devenu une « guerre par factions interposées dirigée depuis l'étranger par un réseau complexe d'alliances ».

La Commission d'enquête internationale indépendante sur la République arabe syrienne note que les puissances internationales et les pays de la région qui réclament une solution pacifique sont les mêmes que ceux qui « continuent à alimenter l'escalade militaire ».

Les enquêteurs mettent en garde contre « un risque croissant d'internationalisation du conflit ». Les forces gouvernementales et le groupe armé État islamique continuent à commettre des crimes contre l'humanité, ajoutent-ils.

Les enquêteurs demandent au Conseil de sécurité d'agir pour traîner les responsables devant la justice, possiblement en renvoyant le dossier syrien devant la Cour pénale internationale.

Le rapport révèle enfin que l'armée syrienne manque gravement de soldats, ce qui l'oblige de plus en plus à faire appel à des milices étrangères, « ce qui entraîne une fragmentation croissante des forces gouvernementales et la décentralisation de l'autorité de l'État syrien ».

Avec AP