jeudi, janvier 07, 2016

D’autres ingénieurs de Québec dans la mire de l’Ordre

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7 janvier 2016 | Isabelle Porter à Québec | Ville de Québec
Photo: iStock
Les deux dirigeants de BPR qui viennent d’être radiés par l’Ordre des ingénieurs ne seront vraisemblablement pas les seuls à être sanctionnés pour le système de collusion qui a touché la Ville de Québec durant les années 2000. D’autres enquêtes sont en cours dans le même dossier.

Mardi, l’Ordre des ingénieurs a fait savoir qu’il avait radié deux de ses membres pour 18 mois dans cette affaire. En plus du cas de Jostran Lamontagne, dont faisait état Le Devoir de mardi, un ancien vice-président de BPR, Marcel Faucher, a été sanctionné pour des actes remontant à deux ans plus tôt (dès 2005).

C’était la première fois mardi que l’Ordre radiait des membres pour le réseau de collusion de Québec, alors qu’à Montréal et Gatineau différents dossiers ont déjà été traités, a signalé mercredi le porte-parole de l’Ordre, Patrick Leblanc. Or les agissements d’autres ingénieurs de Québec sont actuellement examinés par des enquêteurs.

Les décisions concernant messieurs Lamontagne et Faucher confirment en gros le témoignage de l’ex-vice-président d’Aecom, Patrice Mathieu, devant la commission Charbonneau. Ce dernier avait raconté qu’il avait fait partie d’un groupe de firmes qui s’entendaient pour contrôler le marché des contrats d’infrastructures à Québec entre 2006 et 2011.

Système de collusion

Outre BPR et Aecom (ex-Tecsult), les six autres firmes nommées sont SNC-Lavalin, Genivar, Roche, Cima + et Teknika HBA. Le système avait été mis en place au moyen de réunions de l’Association des ingénieurs-conseils du Québec (AICQ).

Les documents présentés en preuve par le syndic adjoint de l’Ordre incluent notamment des échanges de courriels concernant les appels d’offres de la Ville de Québec. Ils établissent que les membres du groupe de firmes se sont rencontrés près de 40 fois entre 2007 et 2010.

Le système à Québec permettait aux firmes de contrôler le marché en gardant les prix à la baisse. Les firmes se partageaient les contrats à tour de rôle en fonction de leur expertise. La firme choisie devait faire une soumission à un prix égal ou inférieur au barème de l’AICQ tandis que tous les autres devaient faire des propositions 2 % plus élevées.

Dans leurs décisions, les membres du comité de discipline mentionnent que l’association n’était pas au courant du stratagème même si « la majeure partie des gros entrepreneurs de la région » y prenaient part.