lundi, décembre 07, 2015

Turquie: la crise avec Moscou pourrait coûter 9 milliards $

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Turquie: la crise avec Moscou pourrait coûter 9 milliards $
Mehmet Simsek.Photo Adnan Abidi / Reuters

AFP

ISTANBUL - Les mesures de rétorsion économique prises par Moscou à l'encontre d'Ankara pourraient coûter à l'économie turque 9 milliards de dollars «dans le pire des scénarios», a estimé lundi le vice-premier ministre turc chargé de l'Économie, Mehmet Simsek.
«Nous parlons d'un chiffre de 9 milliards de dollars dans le pire des scénarios», a déclaré M. Simsek lors d'un entretien à la chaîne de télévision NTV. «Les tensions pourraient avoir un impact de 0,3 ou 0,4% sur le PIB», a-t-il ajouté.
La Turquie et la Russie traversent leur pire crise diplomatique depuis la Guerre froide, après qu'un avion militaire russe a été abattu le 24 novembre par l'armée turque.
La Russie a annoncé des mesures de rétorsion à l'encontre de la Turquie qu visent principalement les secteurs du tourisme, de l'énergie, de la construction et de l'agriculture.
«Il y a une diminution du nombre de touristes de 603 000. Il y a un ralentissement dans la construction», a souligné M. Simsek, «nous ne sommes pas pour une escalade de ces tensions». «Si la Russie maintient cette attitude (...) toutes sortes de mesures dissuasives pourront être prises», a-t-il poursuivi sans donner de détails.
Le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a déjà assuré samedi que la Turquie allait trouver d'autres fournisseurs d'énergie que la Russie, qui lui fournit actuellement 55% de ses besoins en gaz et 30% de ceux en pétrole.
«Il est possible de trouver d'autres fournisseurs», a déclaré M. Erdogan lors d'un discours télévisé en faisant référence à l'Azerbaïdjan et au Qatar notamment.
Ankara importe 90,5% de son pétrole et 98,5% de son gaz naturel.

LA CROISSANCE TURQUE POURRAIT ÊTRE AMPUTÉE

Les sanctions économiques imposées par la Russie à la Turquie pourraient réduire la croissance de cette dernière de 0,3 à 0,7 point l'an prochain, estime lundi la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd).
«Les sanctions pourraient réduire la croissance du PIB de la Turquie en 2016 d'environ 0,3 - 0,7 point de pourcentage, si elles persistent sur l'année prochaine et sont pleinement appliquées, l'essentiel de l'impact étant lié au tourisme et se produisant vers le milieu de l'année», estime la Berd dans un communiqué.
Les deux économies sont fortement liées dans des domaines comme l'énergie, le tourisme, ou la construction, observent les économistes de l'institution basée à Londres.
La détérioration des liens économiques devrait avoir un impact «non négligeable, mais pas majeur, sur le PIB de la Turquie», relativise toutefois la banque.
L'impact se fera sentir dans le domaine du tourisme et des exportations alimentaires, ainsi que par une baisse des affaires nouvelles pour les entreprises turques en Russie. Toutefois «pour l'instant, une perturbation de la fourniture énergétique semble hautement improbable», estiment les économistes de la Berd.
Quant à la Russie, l'impact de sanctions sur sa propre économie devrait rester «limité», jugent-ils. Sauf si ses exportations d'énergie venaient à être affectées, auquel cas l'effet serait négatif.
La Turquie est le deuxième marché à l'export pour le gaz russe.
Créée en 1990, la Berd avait à l'origine pour rôle de favoriser la transition des pays de l'Est vers l'économie de marché mais elle a depuis élargi son champ d'intervention.
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