dimanche, décembre 20, 2015

Trump, les armes et l'EI au coeur du 3e débat démocrate

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Mise à jour le dimanche 20 décembre 2015 à 5 h 03 HNE  Reuters
Bernie Sanders (gauche) et Hillary Clinton (droite) lors du troisième débat démocrate
Bernie Sanders (gauche) et Hillary Clinton (droite) lors du troisième débat démocrate  Photo :  GI/Andrew Burton

Favorite dans la course à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle de 2016, Hillary Clinton s'est efforcée samedi de se placer au-dessus de la mêlée démocrate, réservant ses piques les plus cinglantes à Donald Trump, en tête des intentions de vote des électeurs républicains.
Le débat de deux heures diffusé par ABC News ne changera sans doute pas la trajectoire de la course à l'investiture démocrate, largement dominée par l'ancienne secrétaire d'État, ses deux adversaires, Bernie Sanders et Martin O'Malley, cherchant toujours à créer une dynamique.
Clinton et les impôts
Hillary Clinton s'est publiquement interrogée sur le coût de certaines des propositions de Bernie Sanders, figure de proue de l'aile gauche du Parti démocrate, qui suggère notamment d'unifier le système de l'assurance santé ou de supprimer les frais d'inscriptions à l'université, laissant entendre que ces promesses auraient un coût élevé pour les classes moyennes.
Elle a promis de ne pas augmenter les impôts de ces familles, jugeant qu'un tel projet « ne devrait être au programme de personne. »
« Je ne pense pas que nous devions imposer de nouveaux grands projets qui se traduiraient par une hausse des impôts pesant sur les familles des classes moyennes », a-t-elle dit.
« Nous devons faire en sorte qu'elles puissent à nouveau économiser de l'agent, investir dans leur famille. »
Sanders et la Syrie
Bernie Sanders, qui cherche à réduire la distance qui le sépare d'Hillary Clinton dans les sondages, a attaqué sa rivale sur le front de la politique étrangère, lui reprochant d'avoir prôné en vain un départ rapide de Bachar al-Assad alors que ce dernier a réussi à s'accrocher au pouvoir malgré plus de quatre ans de guerre civile.
« Le secrétaire d'État Clinton est bien trop partisane du changement de régime et légèrement trop agressive sans pour autant en connaître les conséquences », a dit Bernie Sanders.
« Certes, nous pourrions nous débarrasser d'Assad dès demain, mais cela provoquerait une nouvelle vacance politique », qui profiterait à l'État islamique, a-t-il poursuivi.
« Il est aisé de changer de régime. Il est aisé de se débarrasser des dictateurs. Mais avant de le faire, il faut réfléchir à ce qui se passe le lendemain. »
Hillary Clinton a balayé ces critiques, soulignant que lorsqu'il était sénateur du Vermont, il avait voté en faveur « d'un changement de régime en Libye. »
Elle a également fait part de son désaccord avec la position de Bernie Sanders qui estime que les États-Unis doivent privilégier le combat contre l'État islamique plutôt que les négociations visant à chasser Bachar al-Assad du pouvoir, jugeant que l'un n'empêchait pas l'autre.
O'Malley et les armes
Tentant de se distinguer de ses deux adversaires, l'ancien gouverneur du Maryland Martin O'Malley a stigmatisé l'attitude de ses deux adversaires sur la question du contrôle des armes, les accusant d'avoir changé d'avis après les dernières tueries de masse qui ont culminé le 2 décembre avec la mort de 14 personnes tuées à San Bernardino par deux extrémistes islamistes.
Selon Martin O'Malley, l'État islamique a recommandé à ses partisans de se procurer des armes dans les « gun shows », ces immenses foires commerciales où il est plus aisé de se procurer des armes à feu que dans les points de vente traditionnels. Cette facilité résulte selon lui de l'attitude « changeante » de Bernie Sanders et d'Hillary Clinton.
Bernie Sanders, classé deuxième dans les sondages, s'est élevé contre ces propos, rappelant qu'il avait perdu une élection dans le Vermont en raison de ses positions sur le contrôle des armes.
Les trois adversaires ont également débattu de la stratégie à adopter vis-à-vis de l'Etat islamique et de la façon d'éviter les attaques commises par des « loups solitaires », à l'image de celle de San Bernardino.