dimanche, décembre 06, 2015

Trois attentats-suicides font au moins 15 morts et 130 blessés au Tchad

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Mise à jour le samedi 5 décembre 2015 à 21 h 02 HNE  La Presse Canadienne
Des soldats tchadiens regardent un véhicule d'un convoi des Nations unies se dirigeant vers un camp de réfugiés ayant fui le Nigeria et les attaques de Boko Haram.
Des soldats tchadiens regardent un véhicule d'un convoi des Nations unies se dirigeant vers
 un camp de réfugiés ayant fui le Nigeria et les attaques de Boko Haram.
  Photo :  GI/SIA KAMBOU

Un triple attentat-suicide perpétré samedi sur une île du lac Tchad a fait au moins 15 morts et 130 blessés, a annoncé le gouvernement tchadien.
Les trois explosions survenues dans un marché de Koulfoua ont été déclenchées par des femmes, selon le porte-parole de la police du Tchad, Paul Manga.
Le groupe extrémiste Boko Haram est montré du doigt par les autorités, selon le directeur général de la gendarmerie du Tchad, Banyaman Cossingar.
État d'urgence dans la zone
La région du lac Tchad, qui chevauche les frontières du Tchad, du Cameroun, du Niger et du Nigeria, a été souvent ciblée par les islamistes. Le gouvernement tchadien a d'ailleurs décrété l'état d'urgence dans cette zone au mois de novembre.
Deux attentats-suicides également commis par des femmes avaient causé la mort d'au moins trois personnes en novembre dans le village de Ngouboua, dans la même région.
Un mois plus tôt, cinq attaques coordonnées avaient fait au moins 36 victimes et quelque 50 blessés à Baga Sola, un lieu de refuge pour plusieurs milliers de Nigérians qui fuyaient les violences dans leur pays.
L'insurrection du groupe terroriste Boko Haram, qui dure depuis maintenant six ans, a tué au moins 20 000 personnes. Ses attaques, qui étaient perpétrées généralement au nord du Nigeria, se sont propagées au Cameroun, au Tchad et au Niger.
Le Tchad et le Nigeria avaient réussi à repousser le groupe hors des villes du nord du Nigeria où il avait proclamé un « califat islamique ».
Une armée multinationale contre Boko Haram
Une armée multinationale formée du Nigeria, du Tchad, du Cameroun et du Bénin qui tente de chasser les extrémistes a lancé une opération dans la région du lac Tchad et dans la forêt de Sambisa la semaine dernière qui s'est soldée par l'arrestation de 100 militants, la mort de 100 autres et la libération de 900 otages.
Les explosions au Tchad surviennent alors que l'agence de renseignements du Nigeria a annoncé qu'elle avait arrêté neuf membres présumés du groupe Boko Haram qui auraient planifié une attaque dans la capitale, Abuja, pour la saison des Fêtes.
La veille, l'ambassade américaine avait diffusé un avertissement selon lequel les extrémistes prévoyaient perpétrer des attaques dans des hôtels fréquentés par des touristes occidentaux.
Le service de la Sécurité d'État a précisé que l'un des neuf hommes arrêtés avait des informations sur un « hôtel de grande notoriété ». Les suspects avaient infiltré la capitale située au centre du pays alors qu'ils commettent généralement leurs attaques à partir du Nord.
Le groupe Boko Haram a revendiqué la responsabilité d'attaques à la bombe qui ont fait des centaines de morts à Abuja en octobre.