dimanche, décembre 13, 2015

Le premier avion de réfugiés syriens au Québec atterrit à Montréal-Trudeau

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Publié par La Presse Canadienne le dimanche 13 décembre 2015 à 01h56.
Le premier avion de réfugiés syriens au Québec atterrit à Montréal-Trudeau
MONTRÉAL — Après Toronto jeudi, Montréal a reçu à son tour, samedi soir, un premier contingent de 161 réfugiés syriens, qui ont été accueillis comme «un vrai cadeau de Noël» par Anas Fransis, qui a revu avec émotion plusieurs membres de sa famille.
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L'avion transportant les réfugiés depuis un camp à Beyrouth, au Liban, a atterri à Montréal-Trudeau aux alentours de 20h15.

Le premier ministre Philippe Couillard était sur place, tout comme le ministre des Affaires municipales et ministre de la Sécurité publique suppléant, Pierre Moreau, la ministre de l'Immigration du Québec, Kathleen Weil, son homologue fédéral John McCallum, et le maire de Montréal, Denis Coderre, en autres dignitaires.

Le premier ministre fédéral Justin Trudeau s'était déplacé à l'aéroport Pearson de Toronto, jeudi, pour le tout premier groupe de réfugiés à débarquer au pays.

Du groupe de réfugiés débarqués à Montréal, 160 doivent être installés au Québec, et un doit prendre la direction de l'Île-du-Prince-Édouard. Ils étaient tous parrainés par la secteur privé.

Anas Fransis, un parrain privé, attendait son oncle, sa tante et ses deux filles et sa grand-mère — originaire de la ville d'Alep — qu'il n'avait pas vus depuis huit ans. M. Fransis est lui-même arrivé au Canada en 2008.

«Le processus a été (accéléré) par le nouveau gouvernement. On le remercie», a-t-il indiqué, ajoutant que cela faisait environ un an et demi que sa famille attendait dans le camp.

M. Fransis a chaudement enlacé son oncle, sa tante et ses jeunes cousines quand ils sont arrivés. Il a soulevé sa grand-mère, Laila Balouneh, 70 ans, qui semblait fortement émue.

La mère de M. Fransis, Marie Belona, qui essuyait ses larmes en voyant sa famille. L'oncle d'Anas, Samer Balouneh, a demandé un mouchoir à un secouriste pour ce «moment émotif».

La cousine d'Anas, Laila, 13 ans, s'est réjouie de ce «nouvel avenir» pour elle et sa famille. «J'espère que tous mes rêves se réaliseront», a-t-elle dit en anglais.

Lauren Lallemand, coordonnatrice d'Action réfugiés Montréal, qui a aidé cette famille, a confirmé que le processus avait été accéléré par le gouvernement Trudeau. La documentation avait déjà été remplie, mais les réfugiés ont été placés plus rapidement à bord des avions alors qu'ils auraient dû attendre quelques mois autrement, a-t-elle affirmé.

La famille Der Kaspar a été la première à faire son entrée dans le centre des réfugiés. Lara, 17 ans, Vana, 11 ans, et Raffi, 10 ans, ont été les premiers à serrer la main du ministre John McCallum, du maire Denis Coderre et du premier ministre Philippe Couillard.

Le petit Raffi a reçu l'aide du maire Coderre pour se trouver des bottes, pendant que la femme de M. Couillard, Suzanne Pilote, aidait leurs parents, Jerais Der Kaspar et Emelda Magarian à enfiler leurs manteaux d'hiver.

M. Der Kaspar s'est dit heureux d'arriver au Canada, «le meilleur pays», après avoir passé six mois dans le camp de réfugiés à Beyrouth et avoir vu l'horreur en Syrie.

«J'ai vu la mort. J'ai vu les édifices tomber (...) C'est vraiment difficile de rester là-bas», a-t-il confié aux journalistes.

Après avoir visité les installations pour accueillir les réfugiés tout droit sortis de ce premier avion, M. Couillard a dit avoir été impressionné par une organisation qui lui est apparue «excessivement bien préparée».

Avant de serrer la main de réfugiés, M. Couillard avait dit vouloir répondre, avec ses collègues, au fait que ces gens chercheront «dans (leurs) yeux le visage de l'accueil».

Le Québec doit accueillir une première vague de 3650 réfugiés syriens d'ici le 31 décembre et une deuxième vague par la suite, jusqu'à la fin de février.

«Je l'ai dit tantôt aux bénévoles, ça me rend excessivement fier qu'on soit capable comme peuple de retourner une situation horrible comme celle que ces gens fuient, et leur montrer le visage de la liberté, le visage de l'accueil, le véritable visage de la fraternité», a dit M. Couillard aux journalistes.

M. Coderre a salué l'esprit de collaboration entre les trois ordres de gouvernement et les diverses organisations sur le terrain, faisant un parallèle avec l'accord international sur le climat entre 195 États, conclu le même jour à Paris.

«Quand tout le monde travaille ensemble pour le bien commun, ça donne une entente comme à la COP21 (Conférence de Paris), ça donne une démonstration d'accueil ici, que ce soit à Montréal ou Toronto plus tôt cette semaine, où des hommes et des femmes répondent présents en toute fraternité et en toute solidarité», a déclaré le maire.

Au total, plus de 25 000 réfugiés syriens arriveront au Canada d'ici la fin de février.

Plusieurs organismes ont été mis à contribution pour répondre aux besoins essentiels de ces réfugiés.

La Croix-Rouge canadienne a mobilisé une quarantaine de bénévoles à temps plein pour les trois prochains mois. L'organisme a une grande expertise dans ce domaine puisqu'il s'occupe des réfugiés syriens qui sont dans des camps de fortune en Jordanie et au Liban notamment.

La Croix-Rouge a créé un fond spécifique dédié à l'aide aux réfugiés. Elle sollicite les dons de la population. Jusqu'à présent, 1,3 million $ ont été recueillis.