mardi, décembre 29, 2015

La députée péquiste Nicole Léger se relève d'un cancer

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Mise à jour le mardi 29 décembre 2015 à 6 h 02 HNE
La députée péquiste de Pointe-aux-Trembles, Nicole Léger
La députée péquiste de Pointe-aux-Trembles, Nicole Léger  Photo :  ICI Radio-Canada

Ils n'ont pas toujours bonne presse et les citoyens exigent beaucoup d'eux. Les politiciens, qui sont généralement « faits forts », doivent aussi traverser des épreuves. Cela a été le cas de la députée péquiste de Pointe-aux-Trembles, Nicole Léger, qui a dû affronter un cancer de la langue cet automne.
Un texte de Martine BironTwitterCourriel
À 60 ans, la députée Léger a eu la surprise de sa vie lorsqu'un ulcère sur la langue qui ne voulait plus guérir s'est avéré un cancer. Son dentiste commençait à s'inquiéter et lui a suggéré d'aller voir son médecin. Après une biopsie, le diagnostic est tombé. Il fallait l'opérer pour lui enlever un morceau de sa langue.
« Oui, un morceau de langue, une petite demi-lune qu'ils ont enlevée », a expliqué Mme Léger, précisant que « par précaution, ils ont aussi enlevé les ganglions ».
Des ganglions et un bout de langue en moins, Nicole Léger doit réapprendre à parler et à surmonter le choc qu'elle a subi.
« [J'ai dû me raisonner pour] être capable d'accepter ma condition. Et de me dire : "Là, calme-toi. C'est ta vie. Tu n'es pas en train de faire l'indépendance du Québec". »— Nicole Léger

Tous les jours depuis son opération, début octobre, elle fait des exercices de diction. Mais ce qui a été le plus difficile pour cette femme qui a toujours baigné dans la politique, c'était de revenir à l'Assemblée nationale.
C'est le 3 novembre dernier, foulard au cou pour cacher une longue cicatrice, qu'elle a pris son courage à deux mains et a fait une intervention à l'Assemblée nationale. Elle a été touchée par la gentillesse de ses collègues qui lui ont souhaité bon rétablissement.
Elle s'est même payé le luxe d'une mêlée de presse. « Je jojotte, je chuinte, mais le reste n'est pas si mal. » Pas si mal parce qu'elle est guérie et que son chef lui a offert la présidence du caucus.
« Il faut être surhumain quand tu es en politique. La maladie t'amène à être moins surhumaine, peut-être mise au rancart parce que tu es malade. » Elle précise qu'elle a eu peur du rejet. Encore aujourd'hui, elle a l'impression que sa maladie, c'est aussi l'un de ses échecs.
  • À la question : « Vous avez l'impression que c'est une faille à votre parcours? »
  • Elle répond : « Oui, je vous le dis en n'étant pas contente de vous le dire. »
Malgré des sentiments de culpabilité, de honte et d'orgueil, Nicole Léger admet que sa vie a changé. « Je suis plus sereine parce que [je suis] reconnectée par la vraie vie », dit-elle. Bientôt, la maladie sera du passé et son élocution sera revenue. Sa passion, la politique, elle est restée intacte.