lundi, décembre 14, 2015

«J’aurais un malaise»

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SOPHIE CÔTÉ

MISE à JOUR 

Bernard DrainvilleBernard Drainville ne se ferait pas interviewer à la radio par Nathalie Normandeau au sujet de la commission Charbonneau

Bernard Drainville serait mal à l’aise d’être interviewé par l’ex-ministre libérale et nouvelle animatrice radio Nathalie Normandeau au sujet de la commission Charbonneau.
C’est du moins ce que le leader parlementaire du Parti québécois a répondu à l’animateur d’Énergie 98,9 Mario Tremblay, lors d’une entrevue sur le rapport Charbonneau la semaine dernière.
«Est-ce que vous seriez à l’aise aujourd’hui d’être interviewé par Nathalie Normandeau sur la Commission?», l’a questionné l’animateur de Mario Tremblay 12 heures plus tôt.
Après y avoir réfléchi quelques secondes, Bernard Drainville a d’abord répondu : «Je le sais pas. Il faudrait que j’y réfléchisse, parce qu’elle est un petit peu juge et partie là-dessus».
«Est-ce que comme politicien, a alors renchéri Mario Tremblay, vous accepteriez d’être interviewé par une animatrice qui est citée ou qui aurait été citée à plusieurs reprises dans ce rapport-là?»
«Confusion des rôles»
«Sur ce sujet-là en particulier, moi j’aurais un malaise, je pense, a finalement affirmé le politicien. J’ai déjà fait une entrevue avec Nathalie Normandeau depuis qu’elle est animatrice, au moins une. Pis c’était ben correct. Mais c’était pas sur le sujet de la commission Charbonneau. Sur le sujet de la commission Charbonneau, me semble qu’on est dans la confusion des rôles pas mal là», a conclu le député de Marie-Victorin.
Rappelons que Nathalie Normandeau, qui a été ministre des Affaires municipales de 2005 à 2009 sous le gouvernement Charest, a témoigné à la barre de la commission Charbonneau en juin 2014.
Dans le rapport de 1700 pages de la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction rendu public à la fin novembre, son nom y apparaît 175 fois, a répertorié Radio-Canada.
Les liens entre le cabinet de l’ex-ministre et la firme Roche y sont montrés du doigt. Le rapport remet en doute le recours de la ministre à son pouvoir discrétionnaire pour accorder des subventions à certains projets.
«J’ai toujours respecté les règles!»
Encore vendredi dernier, celle qui est désormais coanimatrice aux côtés d’Éric Duhaime au FM 93 s’est défendue avec vigueur au micro de sa tribune.
«J’ai toujours respecté les règles!», a-t-elle soutenu vigoureusement, en réaction au reportage de l’émission Enquête, diffusé la veille à Radio-Canada.
Dans le reportage, la journaliste Catherine Kovacs a affirmé que Mme Normandeau ne s’était pas privée d’utiliser son pouvoir discrétionnaire pour majorer les subventions de plusieurs projets.
«Sur les 708 dossiers, j’ai utilisé mon pouvoir discrétionnaire pour 4,5 % d’entre eux, a argumenté l’ex-ministre libérale. Est-ce que tu penses que c’est de l’abus ça, 4,5 % des dossiers? Moi, je ne crois pas», a-t-elle fulminé en ondes.