samedi, décembre 05, 2015

Couillard se dissocie du projet pétrolier sur Anticosti

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Mise à jour le samedi 5 décembre 2015 à 7 h 38 HNE  La Presse Canadienne
Exploration pétrolière à Anticosti
Exploration pétrolière à Anticosti

Philippe Couillard tente de clouer le cercueil du projet d'exploitation des hydrocarbures sur l'île d'Anticosti.
À la conférence sur les changements climatiques à Paris, la COP21, samedi, le premier ministre a condamné le projet et s'en est vigoureusement dissocié, même si des entreprises sont actuellement en phase d'exploration des ressources sur l'île du fleuve Saint-Laurent. Ce projet pourrait rapporter une manne possible de 650 millions par an pour l'État pendant 75 ans.
« S'il vous plaît, arrêtez de dire que je suis le promoteur d'Anticosti, cela fait plusieurs fois que je dis que ce n'est pas mon projet, je suis tanné », a-t-il lancé dans une conférence de presse, sur un ton irrité.
Il répondait à une question d'une journaliste sur la cohérence de son gouvernement, qui vante sur la scène internationale ses efforts en matière d'environnement, tout en laissant des projets économiques liés aux hydrocarbures suivre leur cours.
Il a rappelé que le projet d'exploitation des hydrocarbures à Anticosti avait été lancé par le précédent gouvernement péquiste de Pauline Marois.
« J'aurais préféré ne pas trouver ce projet sur mon bureau » à son arrivée au pouvoir en avril 2014, a-t-il ajouté.
À l'industrie québécoise naissante des hydrocarbures, il a lancé un message sans équivoque: elle ne pourra compter sur lui pour l'encourager.
« Je n'ai aucun enthousiasme pour les hydrocarbures, a-t-il répété. [...] J'espère qu'il n'y a plus d'ambiguïté sur cette question-là. Je pense qu'ils (les représentants entreprises pétrolières québécoises) doivent décoder que je n'ai pas d'enthousiasme pour développer les hydrocarbures au Québec. L'avenir du Québec ne repose pas sur les hydrocarbures. Absolument pas. »
Selon lui, le Québec ferait mieux d'investir dans ses autres atouts, les énergies renouvelables, l'hydro-électricité, l'eau douce, les véhicules électriques.
Toutefois, il a ajouté que le gouvernement était lié par des contrats et s'exposait à des pénalités s'il ne respectait pas ses obligations dans les démarches des entreprises déjà en cours.
Les plus récentes études du gouvernement Couillard publiées en octobre révèlent que l'île recèle surtout des réserves de gaz naturel, et non de pétrole. Ainsi, le potentiel serait formé à 78 % de gaz et à 22 % de pétrole.
L'exploitation annuelle de ces deux ressources pourrait ajouter 2 milliards de dollars au produit intérieur brut (PIB) du Québec. Les redevances pour l'État pourraient atteindre 650 millions de dollars par an pendant 75 ans.
Les documents rendus publics sont une synthèse de l'état des connaissances acquises dans le cadre des travaux liés aux études environnementales stratégiques. Parmi les divers scénarios étudiés, on évoque jusqu'à 6800 puits qui couvriraient le tiers de la superficie de l'île.
Des consultations publiques suivront en novembre et le gouvernement devrait trancher en 2016.
Le ministre de l'Environnement, David Heurtel, avait déjà indiqué qu'il fallait vraiment évaluer l'ensemble des impacts sur 50 à 75 ans, soit la durée de vie du projet d'exploitation. Étant donné que le Québec s'est engagé à réduire de 80 à 95 % ses émissions en 2050, « ça pose des questions très sérieuses sur nos choix énergétiques », avait-il indiqué.