vendredi, novembre 06, 2015

Rona Ambrose élue chef intérimaire du Parti conservateur

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5 novembre 2015 19h55 | Mélanie Marquis - La Presse canadienne à Ottawa | Canada
Rona Ambrose a été préférée à Diane Finley et au duo Denis Lebel-Michelle Rempel, notamment.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne

Rona Ambrose a été préférée à Diane Finley et au duo Denis Lebel-Michelle Rempel, notamment.
La députée albertaine Rona Ambrose succède au chef conservateur Stephen Harper à la barre du Parti conservateur. Elle assurera l’intérim en attendant l’élection d’un chef permanent.

Le caucus conservateur lui a confié jeudi la responsabilité de redonner un nouvel élan au parti, qui a été relégué aux banquettes de l’opposition officielle à Ottawa le 19 octobre dernier.

« Je suis extrêmement fière d’être la nouvelle leader de l’opposition », a lancé Mme Ambrose au cours d’un bref point de presse à l’issue de sa victoire.

Celle qui a été notamment titulaire des ministères de la Santé, de l’Environnement ou encore de la Condition féminine a promis dans un français hésitant de diriger une formation d’opposition « efficace, constructive, optimiste, confiante ».

Plusieurs députés du Québec considéraient le bilinguisme comme un critère d’embauche assez important. À l’issue de la réunion du caucus, ils ont tous plaidé que la députée albertaine maîtrisait le français, même si cette dernière ne parle pas couramment la langue.

« J’ai eu des conversations en français avec Mme Ambrose, et c’est sûr que lorsque vous parlez seul à seul, ce n’est pas comme parler devant la faune journalistique », a soutenu le député Gérard Deltell.

« Son français est bon. Il n’est pas aussi bon que son portugais ni aussi bon que son anglais, mais il est bon. Il y a peut-être place à une petite amélioration », a pour sa part affirmé Maxime Bernier, qui a été réélu pour une quatrième fois consécutive en Beauce.

Le caucus conservateur a pris « une bonne décision » en confiant à Rona Ambrose les rênes de la formation, a-t-il dit : « Elle a de l’expérience dans l’opposition, de l’expérience en tant que ministre, donc pour nous, c’est un excellent choix, on est très heureux. »

Les députés du Québec avaient « comme premier choix Denis Lebel, évidemment », mais « le choix de Mme Ambrose est excellent », a quant à lui affirmé le nouveau venu Pierre-Paul Hus à la sortie de la rencontre, au cours de laquelle Stephen Harper a prononcé un discours.

Selon le récit qu’en ont fait quelques députés conservateurs, l’ancien premier ministre a réitéré qu’il prenait la responsabilité pour la défaite. M. Harper, qui était entré par une porte située à l’arrière du parlement, est reparti après son discours sans s’adresser aux journalistes.

Un «message conservateur» qui a nui

Depuis le revers du 19 octobre, plusieurs députés réélus ou défaits ont formulé l’hypothèse que la façon dont le « message conservateur » était communiqué avait nui au parti, que le ton était trop négatif ou partisan.

Lorsqu’on a demandé à Mme Ambrose comment pourrait s’opérer le changement de ton, elle est demeurée évasive. « Eh bien, je suis ici. Je ne suis pas certaine si c’est le reflet qu’on a un nouveau ton, mais mes collègues m’ont choisie et ils m’ont fait confiance », a-t-elle offert.

La nouvelle dirigeante intérimaire du Parti conservateur a tenu à féliciter le premier ministre Justin Trudeau et ses troupes pour leur victoire. « Je suis impatiente de travailler avec lui et avec [Thomas] Mulcair et tous les députés de la Chambre des communes », a-t-elle déclaré.

Le poste de chef de l’opposition — même intérimaire — comporte ses avantages : il est accompagné d’une augmentation salariale de 80 100 $, d’une voiture de fonction avec chauffeur et des clés de Stornoway, la résidence officielle du leader de l’opposition à Ottawa.

C’est donc Rona Ambrose qui aura droit à tout cela, ayant été préférée aux candidats Diane Finley, Candice Bergen, Rob Nicholson, Erin O’Toole, Mike Lake, ainsi que le duo Denis Lebel-Michelle Rempel.

Maintenant qu’ils ont franchi l’étape d’élire un chef intérimaire, les conservateurs consacreront certaines de leurs énergies à tenter de comprendre ce qui a mené à leur défaite le 19 octobre dernier.

« Le Parti conservateur nous a dit qu’il allait faire des consultations avec le caucus, avec les gens défaits, avec nos membres à travers le Canada et après ça on va avoir le rapport, le rapport va être public », a affirmé Maxime Bernier.

Mais pendant ce temps, on pensera déjà à une autre élection — celle du chef qui remplacera Stephen Harper de façon permanente à la direction du Parti conservateur. La date de cette élection n’a pas encore été fixée par l’exécutif national, mais ce ne serait pas pour demain.