mercredi, novembre 18, 2015

Réfugiés syriens: Couillard refuse de presser Ottawa

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Réfugiés syriens: Couillard refuse de presser Ottawa
Philippe Couillard.Photo Simon Clark / Agence QMI

Geneviève Lajoie

Dernière mise à jour: 17-11-2015 | 15h15
QUÉBEC - Le gouvernement Couillard refuse de faire pression sur le fédéral pour repousser l'échéancier d'accueil des réfugiés syriens.
Contredisant deux de ses ministres, Philippe Couillard a plaidé mardi en faveur d'un accueil accéléré des migrants.
Les ministres Kathleen Weil et Pierre Moreau ont qualifié «d'irréaliste» l'engagement du premier ministre canadien Justin Trudeau d'accueillir 25 000 réfugiés syriens d'ici le 1er janvier 2016.
M. Couillard a tenu mardi à recadrer le message de son gouvernement.
«Ces gens-là sont dans des camps de réfugiés, l'hiver approche, ça va être des conditions très, très difficiles pour ces familles dans les camps de réfugiés, il y a une certaine urgence à accélérer leur arrivée au pays et par la suite leur intégration dans nos sociétés», a-t-il déclaré, flanqué des deux ministres concernés.
Les libéraux n'avaient d'ailleurs pas l'intention d'appuyer une motion qui devait être déposée en après-midi par la CAQ, qui demande au fédéral de repousser l'échéancier pour l'accueil des réfugiés.
«Personne ne devrait aller dans cette direction, ce serait une erreur fondamentale», a commenté M. Couillard.

OBJECTIF «EXIGEANT»

Le premier ministre reconnaît que l'objectif que s'est fixé le gouvernement fédéral libéral est «exigeant».
«Mais quand on veut, quand il y a une volonté, quand tout le monde travaille ensemble, on peut accomplir beaucoup», a-t-il renchéri.
Il s'en remet toutefois au Canada pour expliquer comment on y parviendra.
Philippe Couillard a rappelé que son gouvernement s'est engagé au printemps dernier à accueillir 3600 réfugiés, pour lesquels les ressources sont prévues et disponibles.
«Maintenant, j'entends la cible du gouvernement fédéral de 25 000, c'est un objectif qui est exigeant, mais c'est leur objectif, c'est à eux de le mettre en place, je m'attends à ce qu'ils déposent au cours des prochains jours leur plan et qu'ils coordonnent tout cela d'abord et avant tout avec nous, avec les provinces et notamment les grandes municipalités» du pays.
Québec s'attend à ce que la facture de ces réfugiés supplémentaires soit assumée presque entièrement par le fédéral.

PAS DE COMPROMIS SUR LA SÉCURITÉ

En matinée, son ministre de la Sécurité publique, Pierre Moreau, a prévenu que l'empressement du Canada à accueillir les réfugiés syriens ne doit pas se faire au détriment de la sécurité.
«Nous n'accepterons pas un seul réfugié sur le sol québécois si nous n'avons pas la garantie que les mesures de sécurité ont été appliquées correctement, a-t-il insisté mardi. La procédure d'habilitation sécuritaire, elle est très rigoureuse, on veut s'assurer qu'elle sera aussi rigoureuse dans ce cas-là et qu'on n'obéira pas à un impératif de rapidité.»
Les migrants devront également se soumettre à un examen de santé, ajoute le ministre de la Sécurité publique. Pierre Moreau a parlé lundi à son homologue fédéral à ce sujet.
Le Québec doit accueillir 5750 migrants de la Syrie et de l'Irak. Treize municipalités à la grandeur de la province ont été identifiées pour potentiellement recevoir des migrants syriens. Les villes ciblées ne seront pas contraintes d'accueillir des réfugiés, ajoute-t-il. «On va voir comment est l'acceptation du milieu».

«NON À L'IMPROVISATION!»

«Le maire de Montréal et le maire de Québec demandent de revoir l'échéancier. Donc oui à la compassion, mais non à l'improvisation de Philippe Couillard!», a réagi le chef caquiste. S'il est d'accord pour accueillir des migrants syriens, François Legault estime qu'il faut le faire correctement.
Les péquistes partagent ce point de vue. «Il y a une volonté de donner suite à une promesse électorale qui ne m'apparaît pas appropriée dans les circonstances, parce que les outils ne sont pas mis en place [...] C'est essentiel de les accueillir dans de bonnes conditions, pour le moment, il y a plus de questions que de réponses», a signalé le chef du PQ, Pierre Karl Péladeau.
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