lundi, novembre 16, 2015

Québec dit halte à l'intimidation

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EXCLUSIF
Publié le 16 novembre 2015 à 03h00 | Mis à jour à 07h42
Plus de 4 millions $ ont été mis... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)
PHOTOTHÈQUE LE SOLEIL, PASCAL RATTHÉ

Plus de 4 millions $ ont été mis de côté pour mettre en oeuvre une série de mesures complémentaires à celles déjà mises en place par les commissions scolaires et les écoles pour contrer l'intimidation.

<p>Jean-Marc Salvet</p>
(Québec) Le gouvernement de Philippe Couillard et les partis d'opposition s'unissent pour dire halte à l'intimidation.
Ensemble, depuis un an, ils ont élaboré une série de mesures ayant l'ambition d'enrayer ce phénomène. Plus de 4 millions $ ont été mis de côté pour les mettre en oeuvre.
Le Soleil a obtenu une copie d'un document intitulé Ensemble contre l'intimidation, une responsabilité partagée. Il s'agit d'un plan d'action courant jusqu'à l'année 2018. Il devrait être rendu public sous peu.
Le document est une version finale. Le premier ministre s'y exprime, ainsi que des représentants des partis d'opposition. Un tel travail de collaboration demeure peu fréquent, il faut le rappeler.
«L'intimidation est une atteinte à la dignité humaine», écrit Philippe Couillard en introduction. Il faut permettre à tous «de grandir et de vivre dans un milieu sain et sécuritaire», dit-il.
«Nous ne pouvons accepter que des personnes soient harcelées ou humiliées en raison de leur orientation sexuelle, de leur apparence, de leur origine, de leur différence ou pour tout autre motif», affirme aussi le chef du gouvernement.
Le péquiste Sylvain Rochon fait valoir qu'avec ce plan d'action, «le Québec se dote d'un outil important pour faire face à ce phénomène grandissant».
La ministre responsable de l'application du plan, Francine Charbonneau, rappelle que l'intimidation peut se dérouler dans tous les milieux de vie : au travail, dans les établissements scolaires, dans les structures d'hébergement, ainsi que dans le cyberespace.
Société inclusive
Une idée forte revient sans cesse dans le document, celle de tendre vers une société «inclusive» et «bienveillante».
«Chaque personne doit se sentir concernée par l'intimidation», chaque personne doit «promouvoir le civisme et les rapports égalitaires, agir dès les premiers signes, dénoncer les situations d'intimidation, et ce, qu'elle soit une personne ciblée, un proche ou un témoin», peut-on lire.
Le gouvernement et les partis d'opposition proposent une série de mesures ad hoc. Par exemple : le lancement d'«une campagne sociétale de promotion sur le civisme et l'inclusion, y compris dans le cyberespace»; un financement accru aux organismes luttant contre ce fléau; l'adaptation aux réalités des Premières Nations et des Inuits d'outils de prévention et de soutien en matière d'intimidation; la mise sur pied de séances d'information destinées aux corps de police; l'adoption de «lignes directrices» dont les médias pourraient s'inspirer pour traiter et diffuser de l'information sur les cas d'intimidation.
Dans le milieu du sport
On recommande aussi «d'intégrer des activités de sensibilisation à "l'esprit sportif" dans les cours d'éducation physique» à l'école.
On vise aussi le milieu du sport en général, les «parents et les jeunes adeptes de sport», ainsi que les «personnes assistant à un événement sportif».
On propose à cet égard d'«améliorer les connaissances des règles du jeu chez les parents et dans l'assistance», en plus de «promouvoir et de reconnaître le travail de l'arbitre par la mise en oeuvre du projet Excellence en arbitrage».
Même si elles en laisseront plusieurs sur leur appétit, la caquiste Lise Lavallée dit se féliciter «des mesures concrètes» contenues dans le plan d'action. La solidaire Manon Massé parle d'«une première étape» porteuse.
Les mesures retenues visent à bonifier ce qui existe déjà, indique-t-on encore. On rappelle que ces dernières années, les commissions scolaires et les écoles ont consacré des efforts significatifs à la lutte contre la violence et l'intimidation. Elles ne partent pas de rien.
Le harcèlement au travail est par ailleurs encadré par une loi depuis 2004.
Les intimidateurs
Les intimidateurs ne sont pas oubliés. L'approche à l'égard des «auteurs d'actes d'intimidation» s'appuie sur un «changement comportemental», ainsi que sur la justice réparatrice, surtout chez les jeunes.
«Cette approche n'exclut pas, au besoin, le recours aux mécanismes légaux», prend-on soin de préciser.
De façon générale, le plan mise sur «une population sensibilisée et engagée».