dimanche, novembre 15, 2015

Premier jour de deuil national en France

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Publié par Associated Press le dimanche 15 novembre 2015 à 08h24. Modifié par Valérie Beaudoin à 08h38.
Premier jour de deuil national en France
PARIS ? Les Français se recueillaient un peu partout dans Paris, protégée par 3000 soldats supplémentaires, lors du premier de trois jours de deuil national décrétés par le président, alors que se poursuivait l'enquête pour identifier les auteurs des attentats de Paris qui ont fait au moins 129 morts et 350 blessés, vendredi soir.
L'un d'entre eux identifié samedi, d'Omar Ismaïl Mostefaï, un Français de 29 ans, était connu des policiers pour des délits mineurs, même s'il n'avait jamais été incarcéré. Il avait été fiché pour radicalisation en 2010. Un doigt retrouvé au milieu du carnage à la salle de spectacle Le Bataclan a permis de l'identifier.

Son père, son frère et d'autres proches ont été interpellés pour interrogatoire. Ils sont tous originaires de la région de Chartres.

Un deuxième assaillant, qui s'est fait exploser près du Stade de France, a été formellement identifié, grâce à un passeport retrouvé près de son corps. Il s'agirait d'un individu né en Syrie en 1990 qui n'était pas connu des services de renseignement français. Les autorités grecques ont révélé que le détenteur de ce passeport serait arrivé en Europe en passant par l'île de Leros. Son passeport a aussi été retracé jusqu'en Serbie, où il était entré le 7 octobre par la Macédoine, demandant l'asile avec un groupe de réfugiés. Il a seulement été identifié comme A.A. On ignore cependant si le passeport appartenait bel et bien au kamikaze, et même s'il était authentique.

L'enquête s'étend bien au-delà des frontières de la France. Les autorités belges ont arrêté trois personnes. Les mesures de sécurité ont aussi été revues à travers l'Europe, et même à New York.

S'appliquant à maintenir le calme dans son pays après une année exceptionnellement violente, le président, François Hollande, a rencontré dimanche les chefs de l'opposition, l'ancien président Nicolas Sarkozy et la chef du Front national de la droite conservatrice, Marine Le Pen, qui a profité des attaques pour faire valoir sa position contre l'immigration.

À sa sortie de l'Élysée, M. Sarkozy a réclamé des changements à la politique française face à la Syrie, laissant entendre que le pays devait collaborer tant avec les États-Unis que la Russie pour «exterminer» l'ÉI.

«Nous avons besoin de tout le monde, et notamment des Russes. Il ne peut pas y avoir deux coalitions en Syrie», a-t-il affirmé.

«Sur le plan européen, l'Europe doit se ressaisir et déterminer les conditions d'une nouvelle politique de l'immigration.»

Un peu plus tôt dimanche, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a réclamé une rencontre spéciale des ministres de l'Intérieur et de la Justice de l'Union européenne, pour évaluer les attentats. La réunion aura lieu vendredi prochain. M. Cazeneuve considère que la lutte contre le terrorisme doit être renforcée partout dans l'Europe.

Début de deuil

Entre-temps, le pays entrait dans le deuil, dimanche. Des fleurs et des notes continuaient d'être déposées sur des monuments et près des sites des attaques. Les drapeaux étaient en berne et des services commémoratifs étaient célébrés dimanche dans plusieurs églises de France à la mémoire des victimes des attaques. La principale cérémonie présidée par le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, se déroulera dans la célèbre Cathédrale Notre-Dame de Paris, fermée aux touristes, comme plusieurs autres sites populaires de la ville.

L'état d'urgence, décrété vendredi, se poursuit. Le président français, François Hollande, doit s'adresser aux députés et sénateurs réunis en Congrès à Versailles, lundi après-midi.

Samedi en fin de journée, le procureur de Paris, François Molins, a pris la parole devant les médias afin de détailler le modus operandi des tueurs. Trois groupes bien organisés ont sévi de manière coordonnée entre 21 h 20 et 21 h 50 dans six endroits différents. Sept assaillants se sont suicidés en actionnant des ceinture d'explosifs identiques, un huitième a été abattu par les forces de l'ordre. La responsabilité de l'attentat a été revendiquée par le groupe armé État islamique (ÉI), qui a évoqué l'implication militaire de la France en Irak et en Syrie pour expliquer ses actions.

L'ÉI a revendiqué la responsabilité de plusieurs attaques récentes. Jeudi à Beyrouth, deux attentats suicides ont tué au moins 43 personnes et blessé plus de 200. À Bagdad en Irak, vendredi, un autre kamikaze a actionné son gilet d'explosifs et une bombe placée en bordure de la route ont fait 26 morts. L'ÉI a également proclamé avoir visé un avion russe qui s'est écrasé en Égypte. Les 224 personnes à bord ont péri.