dimanche, novembre 15, 2015

Les proches d'un kamikaze interpellés; plusieurs kalachnikovs retrouvées dans une voiture

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 Mise à jour le dimanche 15 novembre 2015 à 8 h 11 HNE  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Contrôle routier en France après les attentats de Paris
Contrôle routier en France après les attentats de Paris  Photo :  Eric Vidal / Reuters

Sept personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris, dont le père, un frère et quatre personnes de l'entourage d'un kamikaze identifié sur le site du Bataclan.
Les maisons des suspects ont été perquisitionnées. Une source proche de l'enquête a par ailleurs confirmé à Europe 1 que la voiture de marque Seat noire utilisée par l'un des assaillants avait été retrouvée à Montreuil, en banlieue de la capitale. À l'intérieur, se trouvaient plusieurs fusils d'assaut kalachnikov, du même type que ceux utilisés dans les fusillades de vendredi soir.
Ismaël Omar Mostefaï, 29 ans, a été identifié comme étant l'un des assaillants de la salle de concert du Bataclan grâce au « relevé de ses empreintes papillaires », à partir d'un doigt retrouvé dans les décombres de la salle de spectacle parisienne. Il est originaire de Courcouronnes, une commune située à 27 kilomètres de Paris. Il est connu de la justice pour des délits de droit commun, mais n'a jamais été incarcéré. Il a fait l'objet d'une fiche « S » en 2010 pour radicalisation, mais n'a jamais été impliqué dans des filières djihadistes.
Surpris d'apprendre qu'Ismaël Omar Mostefaï était l'un des suspects, son frère s'est présenté de lui-même à l'hôtel de police de Créteil dans la soirée.
Après avoir identifié ce premier suspect, les enquêteurs accentuent maintenant leurs investigations sur ses complices et d'éventuels commanditaires des attentats, la piste des kamikazes les conduisant en Grèce, en Belgique et en Syrie.
Enquête antiterroriste en Belgique
Plusieurs témoins des attaques à Paris ont fait état d'assaillants arrivés à bord d'un véhicule immatriculé en Belgique, ce qui a poussé les enquêteurs à suivre une piste belge. 
La police belge a d'ailleurs procédé à cinq arrestations dans le quartier Molenbeek, à Bruxelles. Parmi elles, on compte un Français résidant en Belgique qui est soupçonné d'avoir été présent à Paris vendredi soir. Samedi, il a fait l'objet d'un contrôle routier en Belgique avec deux autres personnes, qui ont également été arrêtées à Molenbeek.
Les trois individus arrêtés ne sont pas connus des services de renseignements français, a précisé François Molins.
Molenbeek, un terrain de radicalisation?

La Belgique est le pays en Europe qui compte le plus grand nombre de volontaires partis combattre en Syrie ou en Irak, proportionnellement à sa population. Selon les services de la Sûreté, 494 djihadistes belges ont été identifiés : 272 sont en Syrie ou en Irak, 75 sont présumés morts, 134 sont revenus et 13 sont en route.

C'est dans la municipalité de Molenbeek qu'avaient séjourné en 2001 les assassins du commandant Massoud, en Afghanistan, tout comme Hassan El Haski, condamné pour avoir orchestré les attentats de 2004 à Madrid et Mehdi Nemmouche, le principal suspect de l'attentat au Musée juif de Bruxelles en mai 2014. L'auteur de l'attaque du Thalys Amsterdam-Paris, Ayoub El Khazzani, y avait séjourné chez sa soeur avant de prendre le train.
Une enquête antiterroriste a été ouverte par le parquet fédéral belge. Les enquêteurs cherchent maintenant à savoir si certains autres assaillants ont disparu et si d'autres actions terroristes sont en préparation. Le gouvernement belge a haussé le degré d'alerte du pays de 2 à 3, le niveau maximum. Si nécessaire, l'armée pourrait intervenir pour renforcer la sécurité.
Un passeport mystérieux
Un passeport syrien a aussi été retrouvé par la police française à proximité du corps du kamikaze qui s'est fait exploser à 21 h 20 près du Stade de France. Il appartient à un individu né en septembre 1990, qui n'est pas connu des services de renseignements français.
Le ministre grec de la Protection publique, Nikos Toskas, a affirmé que le passeport syrien retrouvé par la police française appartenait à un migrant enregistré lors de son arrivée sur une île grecque. « Le détenteur du passeport syrien est arrivé le 3 octobre par l'île grecque de Leros, où il a été enregistré conformément aux règles de l'Union européenne », a-t-il indiqué.
Le titulaire du passeport, identifié seulement comme A.A., est entré quatre jours plus tard en Serbie, où il a demandé l'asile, a fait savoir dimanche le ministre serbe de l'Intérieur. Il avait traversé entre-temps la Macédoine.
Israël fournit des informations sur les auteurs
Selon les médias israéliens, les services de renseignement de l'État hébreu ont fourni aux autorités françaises des informations concernant des membres de l'État islamique qui ont revendiqué les attentats de Paris.
De plus, la deuxième chaîne de télévision israélienne fait état d'un « lien opérationnel clair » entre les attentats de Paris, le double attentat suicide de jeudi à Beyrouth et l'écrasement d'un avion de ligne russe, le 31 octobre, dans le Sinaï égyptien. Les autorités israéliennes n'ont pas voulu commenter ces informations