jeudi, octobre 29, 2015

Nègres rouges d’Amérique

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RICHARD MARTINEAU
MISE à JOUR 
Avez-vous consulté les données de Statistique Canada concernant la population autochtone à Val-d’Or pour l’année 2006?
Elles brossent un portrait assez alarmant, merci.
UNE COMMUNAUTÉ À LA DÉRIVE
Les enfants autochtones de Val-d’Or sont proportionnellement plus nombreux que les enfants non autochtones à vivre avec un seul parent (30 % contre 19 %).
Les jeunes autochtones sont moins susceptibles de fréquenter l’école que les jeunes non autochtones (56 % contre 66 %).
La majorité des Autochtones n’ont pas terminé leurs études secondaires (66 % des hommes et 48 % des femmes).
Le taux de chômage des Autochtones est plus élevé.
Le revenu total est plus faible.
Près de trois Autochtones sur 10 vivent sous le seuil de pauvreté.
Un Autochtone sur six habite dans un logement nécessitant des réparations majeures.
Plus de la moitié souffrent d’un problème de santé chronique.
Etc., etc.
TIRER LE DIABLE PAR LA QUEUE
Un rapport sur la santé des Premières Nations rendu public en 2012 nous apprenait que 40 % des Autochtones consommaient de la cocaïne et du cannabis contre 13 % dans la population québécoise en général.
Et que la consommation excessive d’alcool était deux fois plus répandue chez les Autochtones que chez les non-Autochtones (40 % contre 18,5 %).
Bref, ça va mal à la shop.
Ils sont pauvres, malades, mal logés, peu éduqués, et sont plus susceptibles d’être saouls comme une botte ou gelés comme une balle.
Sans oublier les cas de violence conjugale et de maltraitance d’enfants.
Pas étonnant que tant de femmes autochtones aient recours à la prostitution!
Plus tu tires le diable par la queue, plus tu es susceptible de «tirer le diable par la queue», si vous comprenez ce que je veux dire.
La misère attire la misère.
EN ROIS ET MAÎTRES
Et le pire est que plusieurs Conseils de bande, qui sont censés venir en aide à ces pauvres gens, leur tournent très souvent le dos.
Ils empochent des centaines de millions de dollars en subvention, mais ne font pas grand-chose pour les sortir de leur merde.
C’est comme si on avait pris des milliers de malheureux, et qu’on les avait littéralement «livrés» aux Conseils de bande en leur disant: «Tenez, c’est votre peuple, occupez-vous-en, nous on s’en lave les mains, c’est votre problème, pas le nôtre...»
N’est-il pas temps de revoir cette façon de faire?
Accepterait-on que des gangs organisés règnent en rois et maîtres sur certaines communautés? En toute impunité? Sans avoir à rendre de comptes?
On se donne bonne conscience en se disant: «Ils veulent qu’on les traite comme un peuple autonome? Eh bien, qu’ils règlent leurs problèmes eux-mêmes, ce n’est pas de nos affaires, nous n’avons pas à nous en mêler...»
Mais ce n’est pas «leur» problème, c’est «notre» problème.
AUCUNE LEÇON À DONNER
On juge la valeur d’un peuple à la façon dont il traite ses aînés, dit le proverbe.
On pourrait ajouter: «À la façon dont il traite sa population autochtone».
On dénonce souvent la façon dont les Américains traitent les Noirs.
Mais qu’en est-il des «nègres rouges d’Amérique»?