jeudi, octobre 01, 2015

«Lip Sync Battle: face à face» : nos artistes sortent de leur zone de confort!

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MARIE MAI

Depuis le temps qu’on en entend parler, c’est demain, vendredi, à 21h, que MusiquePlus propulse en ondes l’adaptation québécoise de Lip Sync Battle, animée et mise en scène par Joël Legendre et produite par Salvail&Co.
Un rendez-vous de variétés hautement divertissant, conçu ici avec un budget huit fois moins élevé que celui de la mouture originale américaine, et dont l’enrobage et le contenu sont nettement plus riches et travaillés que la version de départ, si on en croit le producteur, Éric Salvail et la tête d’affiche, Joël Legendre. Ce n’est pas pour rien que MusiquePlus clame qu’il s’agit là de l’investissement le plus sérieux de son histoire.
Marie-Mai épate…
La formule de Lip Sync Battle : face à face est assez facile à résumer et flaire déjà bon le succès populaire, même s’il serait difficile de lui prédire des cotes d’écoute mirobolantes, en raison de sa case-horaire un peu ingrate et déjà achalandée (les galasComédiHa à Radio-Canada, Ma maison bien-aimée à TVA, Deux hommes en or à Télé-Québec, C’est juste de la TV à ARTV)
Chaque épisode de 30 minutes nous présente la compétition entre deux personnalités qui s’affrontent dans deux numéros de danse et de chant. En fait, pas vraiment de chant, puisque nos courageux joueurs ne font que semblant d’entonner un de leurs airs préférés. Bref, ils font du lip sync. Mais ils ne se tiennent pas droit derrière leur pied de micro ; leur passage sur scène doit être mouvementé et déplacer de l’air. En premier lieu, ils sont seuls en piste pour se faire valoir, sans accessoires ni costumes.
Puis, pour leur second essai, ils sont entourés de danseurs et ont droit à tout le «crémage», toutes les paillettes et toutes les extravagances qu’ils souhaitent pour en mettre plein la vue et les oreilles. Semble-t-il que l’aspect de la mise en scène est beaucoup plus soigné au Québec que dans le Lip Sync Battle américain.
C’est lorsque les artistes sortent le plus de leur zone de confort et s’éloignent de leur image et leur créneau habituel que leurs prestations à Lip Sync Battle : face à face sont les plus amusantes et intéressantes.
Sur Anaconda, de Nicki Minaj, Marie-Mai épate, méconnaissable avec sa perruque de longs cheveux noirs, son maillot moulant orange rayé noir, sa casquette noire, ses fesses rembourrées et rebondies, ses lèvres pulpeuses et colorées et ses mouvements hyper suggestifs.
Entrant en piste hissée sur une chaise en osier décorée à l’exotique, portée par ses danseurs, la jeune rockeuse écarquille d’emblée les regards avec son attitude (empruntée, bien sûr) arrogante, frondeuse, un brin masculine, qui en impose. Une transformation très réussie.
Juste avant, on regarde la jeune rockeuse s’échauffer au son de Tiens-toé ben, j’arrive!, de Diane Dufresne, hurlements stridents et cheveux dans le visage en prime, une réinterprétation qui se conclut en séance de bodysurfing.
Dans cette première de la saison, Marie-Mai concourt contre Patrice Bélanger. Pour tenter d’envoyer Marie-Mai au tapis, ce dernier se métamorphose en chanteur hip-hop sur Libérez-nous des libéraux, de Loco Locass, et endosse une kitsch veste de léopard pour apporter sa touche personnelle à Step By Step, des New Kids On The Block.
…et Joël aussi!
Fait à noter, ce sont les invités qui soumettent à l’équipe de Lip Sync Battle : face à face une dizaine de morceaux qu’ils aimeraient «incarner», en français ou en anglais, et en choisissent ensuite deux, en éliminant ceux dont il est impossible de libérer les droits. C’est le public qui vote, par cris et applaudissements, pour déterminer le gagnant, qui ne se sauvera qu’avec une ceinture semblable à celle des lutteurs triomphants. Les candidats s’investissent pleinement et embarquent avec bonheur dans le jeu de la compétition, en se balançant de sympathiques vacheries, ici et là.
Au deuxième épisode, Sarah-Jeanne Labrosse et Debbie Lynch-White tirent également fort bien leur épingle du jeu, sur Isabelle, de Jean Leloup, et Respect, dans le premier cas, et I Got Rhythm et Regarde-moi, de Céline Dion, dans le deuxième. Autres contre-emplois et exploits à signaler, mais on ne vous en dit pas plus.
À l’animation de Lip Sync Battle : face à face, Joël Legendre est impeccable. Détendu, mais rempli d’assurance, plein de compassion pour les participants, mais aussi baveux par moments, on est ici à mille lieues du Joël incertain qui pilotait le Gala des Prix Gémeaux de 2012. Sa commentatrice, Marie-Soleil Dion, conclut les mini-spectacles de ses jugements et observations, souvent comiques, tout au plus un brin décapants, mais rarement trop acides. En studio, l’ambiance est survoltée, juste assez bruyante pour pimenter l’atmosphère, sans donner de maux de tête.
Éric Salvail et Pierre Hébert, Annie Brocoli et Alex Perron, Jean Pascal et PA Méthot, Dominic Paquet et Mario Tessier, Patrick Langlois et Annie-Soleil Proteau, Anaïs Favron et Maxim Martin, Mélanie Maynard et Hélène Bourgeois-Leclerc, Stéphane Bellavance et Étienne Boulay, Mariana Mazza et Pier-Luc Funk et Philippe Bond et Réal Béland sont les autres tandems qui se frotteront à Lip Sync Battle : face à face cette année.
Tous les épisodes de Lip Sync Battle : face à face seront rediffusés à V l’hiver prochain. Pour la première, ce vendredi, 2 octobre, on présentera exceptionnellement deux épisodes à MusiquePlus, à 21h et 21h30, et le premier sera retransmis simultanément à V.