lundi, octobre 12, 2015

L'étoile du match à Isabelle Richer


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Isabelle Richer... (Photo Karine Dufour)
Isabelle Richer
PHOTO KARINE DUFOUR
Publié le 12 octobre 2015 à 09h20 | Mis à jour à 09h20

RICHARD THERRIEN
Le Soleil
(Québec) Voir Isabelle Richer descendre les escaliers de Tout le monde en parle dimanche soir, même lentement, avait quelque chose de miraculeux. La voir plus tard trinquer à sa réhabilitation, d'extrêmement réjouissant. Le savoir était une chose, mais avoir la confirmation qu'elle va bien, qu'elle est même dans une forme surprenante, suscitait l'émotion.
«Toutes les personnes du milieu médical à qui je dis que j'ai eu des fractures [aux vertèbres] C1 C2 me regardent de haut en bas, constatent que je ne suis pas paralysée, et me traitent de miraculée», a raconté la journaliste, encore émue des nombreux témoignages d'appui reçus durant son hospitalisation. «C'est très vivifiant, c'est même un peu suspect pour une journaliste d'être autant aimée.»
Bien sûr, on a constaté un léger fléchissement de la tête durant cette première entrevue à la télé depuis le fameux accident. Après trois mois à porter un collet cervical, normal qu'on sente la tête lourde. «Chaque fois que je tourne la tête, j'ai l'air d'avoir un affreux torticolis», dit-elle. On aurait compris que les idées viennent plus lentement, mais rien de tout ça n'est arrivé.
La journaliste en veut bien sûr au conducteur qui l'a fauchée sur une route de Rougemont, de lui avoir arraché un an de sa vie. Son conjoint a bien tenté de faire signe au conducteur qui arrivait en sens inverse de se remettre dans sa voie, mais celui-ci regardait l'autre passager. À ce jour, il n'y a pas eu d'accusations contre le conducteur fautif. «Au mieux, il a eu une contravention, mais c'est ainsi que ça s'est terminé.»
Quand la verra-t-on coanimer Enquête avec sa collègue Marie-Maude Denis, venue la rejoindre sur le plateau dimanche? Pas de date précise, seulement quand les médecins lui donneront le feu vert. Et on le comprend. Beau témoignage d'affection de Marie-Maude Denis: «elle est tellement brillante que, même si elle est un peu plus lente, elle va tous nous clancher».
Justin Trudeau
Premier des deux chefs de partis fédéraux à se présenter sur le plateau, Justin Trudeau a accordé une entrevue sans faux pas, qui risque bien de lui être favorable au Québec. «On n'a pas besoin de coalition», a dit le chef libéral à Guy A., qui insistait pour le «matcher» avec Thomas Mulcair.
Justin Trudeau reconnaît que le voile peut représenter un symbole d'oppression des femmes. «Mais je ne trouve pas que l'État devrait imposer à une femme ce qu'elle ne devrait pas porter», a-t-il précisé. Il s'est engagé à tenir une enquête publique sur les assassinats et disparitions de femmes autochtones. En faveur de la légalisation encadrée de la marijuana, il ne comprend pas qu'il soit «plus difficile de s'acheter une cigarette que d'acheter un joint».
Et pourquoi ne voit-on pas Sophie, son épouse? Notamment parce qu'elle doit encore allaiter. «D'ailleurs, on a des images!» a blagué Guy A., créant un court instant de frousse chez le chef du PLC.
Gilles Duceppe
Venu une fois que M. Trudeau avait quitté le plateau, Gilles Duceppe semblait beaucoup plus confiant qu'à la précédente campagne. Le chef du Bloc québécois a répété son opposition au projet d'Énergie Est. Selon lui, pour Harper, «la planète serait un vaste oléoduc avec deux bouchons au bout et il serait heureux».
Selon lui, ce sont plutôt le NPD et le Parti libéral qui diviseront le vote au Québec, pas le Bloc. Il a répété son appui à une offensive contre le groupe État islamique, soulignant les bienfaits de l'intervention du Canada au Kosovo, qui a permis de créer des couloirs pour réfugiés. La carte du fou du roi n'était pas tendre: «Si la tendance se maintient le 19 octobre, vous retrouverez votre siège bien tranquille chez vous, les deux pieds sur le pouf dans votre salon.» On aurait aimé savoir ce qu'il entend faire si le Bloc est rayé de la carte, ou s'il est le seul élu.
Ken Pereira
Les méthodes de l'ex-syndicaliste Ken Pereira pour récupérer les fausses factures de Jocelyn Dupuis, qu'il raconte dans un livre intitulé Bras de fer, ressemblent à un épisode de Mission: impossible. «J'ai trouvé six mois de factures. Mais 10 ans et demi de ses factures ont complètement disparu», déplore-t-il au sujet de l'ex-directeur général de la FTQ-Construction.
Dans ce qui a été un des moments forts de la soirée, Pereira a raconté ces sorties aux danseuses à 1000$ en alcool «sans compter les femmes», et des soirées où des sushis étaient servis sur des filles. «Le Fonds était la banque et tout le monde voulait avoir accès à cette banque-là. [Jocelyn Dupuis] faisait tout pour aider ses amis, pour montrer qu'il avait encore plus de pouvoir», a confié celui qu'on a écarté du monde syndical.
Ken Pereira raconte qu'en privé avec l'entrepreneur Tony Accurso, on surnommait Alain Gravel «le câlisse» et Marie-Maude Denis, «la p'tite tabarnak». Un surnom que celle-ci a qualifié d'«hommage» dans les circonstances.
«Dire la vérité est beaucoup plus dur que mentir. Mentir, y'a pas de problèmes, tu peux dire n'importe quoi», a ajouté Pereira, insatisfait de la commission Charbonneau. Celui-ci n'a pas voulu révéler l'identité du journaliste et du politicien qui ont visionné un reportage en compagnie de Tony Accurso, fait qu'il révèle dans son livre.
Coeur de pirate
«Cou-heure de Paille-ratte». C'est à peu près ainsi qu'on prononce en anglais le nom de Coeur de pirate, en bonne voie de conquérir le monde avec son dernier album, Roses, lancé avec le producteur de Lady Gaga et de LMFAO. Elle passe beaucoup de temps aux États-Unis, où elle remplit des salles de 600 à 700 places.
On a entre autres su que son père gère ses finances. Qu'elle serait incapable de vivre la popularité de Rihanna, souhaitant continuer à faire ses courses et mener une vie à peu près normale. Qu'elle adore la danse contemporaine et n'a jamais autant pleuré qu'en allant voir du ballet. Qu'elle est particulièrement rancunière.
«Parfois, quand tu jongles avec des grenades, ça se peut que ça explose», a dit Jean-Philippe Wauthier, sur le style impertinent de La soirée est (encore) jeune. Juge «chien» aux Dieux de la danse, Serge Denoncourt s'en est pris ensuite à la frilosité ambiante québécoise. «On est en train de créer une société complètement aseptisée, plate, qui font des émissions plates, qui font des shows plates. [...] Laissez-nous dépasser la ligne une fois de temps en temps, s'il vous plaît!» s'est-il exclamé, applaudi par l'auditoire.
Très en verve comme toujours, Denoncourt a aussi parlé de sa haine contre Stephen Harper et de son incompréhension de la culture. «Il traite vraiment les artistes comme si on était des bébés gâtés», a-t-il plaidé, outré.