vendredi, octobre 16, 2015

L'affaire Ishaq: Duceppe se fait prudent

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RÉGYS CARON
MISE à JOUR 
POL-TOURNÉE DUCEPPE  GATINEAU - Gilles Duceppe invite les services secrets canadiens à faire leur travail et craint qu'un gouvernement conservateur se serve du cas de Zunera Ishaq pour restreindre les libertés des Canadiens.
Le chef du Bloc québécois a commenté avec prudence le reportage du Journal de Montréal révélant vendredi que Mme Ishaq était liée à une organisation musulmane caritative qui aurait elle-même des liens avec un groupe considéré comme terroriste en Europe.
Mme Ishaq s'est rendue célèbre au cours de la campagne électorale en obtenant de la Cour suprême du Canada de prêter serment de citoyenneté canadienne le visage voilé par un niqab. D'origine pakistanaise, Mme Ishaq œuvre au sein de l'antenne féminine du Islamic Circle of North America (ICNA), qui a versé 633 000 $ à la Fondation Al-Khidmat, bras de bienfaisance de l'organisation pakistanaise Jamaa-e-Islami, considérée comme un groupe terroriste en Europe.
«Si quelqu'un se faufilait, cela peut arriver, il faut voir le cas très précisément, dans chaque pays il y a des services de sécurité et certaines fois les services sont déjoués (...) Ce sont des allégations, il faut voir si les services de sécurité vont vérifier de telles allégations et éventuellement porter des accusations (...) Il faut éviter de faire des amalgames», a commenté M. Duceppe, à l'occasion d'un point de presse à Gatineau.
Le leader souverainiste a profité de l'occasion pour décocher une flèche à l'endroit du premier ministre conservateur sortant Stephen Harper. «Je souhaite que les services compétents fassent leur travail. Il ne faut pas tomber non plus dans l'excès et diminuer notre espace de liberté, il faut un équilibre entre liberté et sécurité.»
«La première chose que je commencerais à surveiller chez Stephen Harper, c'est la surveillance du Service canadien de renseignement et de sécurité (SCRS). Quand vous avez placé à la tête des services de sécurité canadiens un gars comme Arthur Porter, qui était consul plénipotentiaire de Sierra Leone, c'était une première dans l'histoire du renseignement. Dans les écoles militaires ou du renseignement, ça va être sûrement l'exemple d'une décision idiote appuyée par les partis fédéralistes à Ottawa, seul le Bloc a voté contre ça.»