lundi, octobre 26, 2015

La souveraineté sans référendum

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MICHEL HÉBERT
MISE à JOUR 
Bloc drapeau du Québec  Devant l’impasse actuelle, Jacques Parizeau n’hésiterait pas à déclencher des élections référendaires pour faire du Québec un pays.
Mais encore faudrait-il que les souverainistes se serrent les coudes. Au plus serré possible. L’état actuel des troupes est décevant; les hommes d’honneur partent, éreintés. Gilles Duceppe, Stéphane Bédard quittent la scène...
Il y aurait de quoi faire pourtant. À la fin de sa vie, Monsieur enviait la frondeur politique des Catalans. Et, 20 ans après 1995, son épouse Lisette Lapointe reformule le souhait de feu son époux: pourquoi pas des élections référendaires pour accéder à l’indépendance?
«Depuis 40 ans, le moyen privilégié a été le référendum, mais, ce pourrait être une élection référendaire», suggère Mme Lapointe dans ses souvenirs du 30 octobre 1995.
M. Parizeau estimait que le PQ se complique la vie en s’imposant une victoire électorale en prélude d’une victoire référendaire. Il y a un chemin plus court vers l’indépendance.
En Catalogne, un vote pour un député indépendantiste était un vote pour l’indépendance. Alors, avec une majorité parlementaire, rien n’empêche (sauf Madrid) l’indépendance, croit-on maintenant à Barcelone.
Lisette Lapointe précise les choses à sa place: à la majorité parlementaire devra s’ajouter la majorité des suffrages exprimés. Le PQ pourrait faire l’indépendance avec ces deux majorités.
«Avec une majorité de députés élus sous la bannière souverainiste, et plus de 50 % des voix, le nouveau gouvernement pourrait légitimement amorcer le processus d’indépendance», écrit-elle.
Le Québec est entré dans la confédération sans référendum ni élection, rappelle Mme Lapointe. Pourquoi tant d’embûches pour en sortir?
«À l’élection du 27 septembre, les souverainistes, majoritaires au Parlement de la Catalogne, ont obtenu le mandat de préparer l’indépendance. Ils nous ont longtemps observés, à nous maintenant de nous inspirer de leur courage et de leur confiance», écrit Mme Lapointe.
Interrogé récemment sur l’éventualité d’élections référendaires, Pierre Karl Péladeau, avait repoussé ce scénario. Le nouveau chef du PQ n’a pas voulu d’emblée déroger à la tradition étapiste. Mais, si l’exemple catalan inspirait M. Parizeau, sans doute inspire-t-il M. Péladeau. Monsieur proposait un référendum APRÈS l’indépendance, sur un nouveau modèle de société québécoise.
Le prochain scrutin sera en fait une élection référendaire. Les libéraux et les caquistes voudront sûrement présenter les choses ainsi. Alors, comme on dit au PQ, aussi bien la jouer «all in»...