jeudi, octobre 22, 2015

Héritage : Anne-Marie Péladeau pourra négocier avec ses frères

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Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Anne-Marie Péladeau
Anne-Marie Péladeau  Photo :  archives

Pierre Karl Péladeau et son frère Érik devront « renégocier de bonne foi les termes d'une nouvelle entente » avec leur soeur Anne-Marie concernant les 46,8 millions de dollars qu'elle leur réclame pour sa part des actions de Québecor.
C'est ce qu'a statué la juge Marie Saint-Pierre, de la Cour d'appel du Québec, mercredi, en accueillant l'appel de Mme Péladeau dans la cause qui concerne les actions du conglomérat qu'elle a cédées en 2000.
Auparavant, Anne-Marie Péladeau avait essuyé un revers devant la Cour supérieure, en 2014.
Le contexte est le suivant : en 2000, Pierre Karl et Érik s'entendent avec leur soeur sur un protocole pour lui racheter, par le biais des Placements Péladeau, ses actions à vote multiple du conglomérat, dont la valeur avait été établie à 55 millions de dollars.
Toutefois, Anne-Marie Péladeau n'a presque rien reçu de son dû, presque 13 ans plus tard. C'est que Placements Péladeau inc. (PPI) devait lui verser des paiements annuels, sauf les années où les dividendes versés par Québécor dans PPI seraient inférieurs à 4,2 millions de dollars.
Or, en 2002 et 2003, le conglomérat a décidé de ne pas verser de dividende tandis que, en 2004 et lors des années subséquentes, le dividende versé fut chaque fois inférieur à 4,2 millions de dollars. Et ce, bien qu'à compter de 2008, la profitabilité de Québecor fut soutenue et même supérieure à ce qu'elle avait été entre 1995 et 2000.
En mars 2011, Anne-Marie Péladeau avait tenté de renégocier; sans succès.
En d'autres termes, outre ce qui lui avait été versé en 2000 et 2001, Anne-Marie Péladeau n'a pas eu son dû.
Québecor affirme que s'il y a eu diminution des montants de dividendes annuels et absence de dividendes pour certaines années, c'est parce que l'entreprise voulait s'assurer de disposer de suffisamment de fonds pour faire face à ses obligations.
De plus, Québecor a dû faire des investissements importants depuis l'acquisition de Vidéotron pour conserver, voire accroître, sa position sur le marché. 
« Jamais n'a-t-on pensé que plus de 90 % de ces 55 millions de dollars ne serait toujours pas versé [...], écrit la juge Saint-Pierre. Voilà, certes, un « événement non prévu » au protocole.
Pourtant, en 2000, à la signature du protocole, il avait été évalué qu'en raison de l'historique des dividendes, toutes les actions de Mme Péladeau seraient vraisemblablement rachetées dans un délai de 13 ans.
« Personne n'a envisagé, lors de la signature ou de la ratification du protocole, l'absence récurrente de dividendes suffisants [...] de sorte que 13 années plus tard l'appelante n'a toujours rien perçu de son dû ou presque, malgré l'amélioration significative de la situation économique et des résultats financiers de Québecor en cours de route. »— La juge Marie Saint-Pierre, de la Cour d'appel du Québec

Mme Péladeau retournera donc négocier avec son frère Érik. Ce seront toutefois les administrateurs de son mandat sans droit de regard qui négocieront au nom de Pierre Karl, puisque celui-ci leur a confié la gestion de ses actions de Québecor après qu'il eut pris la direction du Parti québécois.