dimanche, octobre 25, 2015

Fin du synode : ouverture pour les divorcés, pas pour les homosexuels

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 Mise à jour le samedi 24 octobre 2015 à 18 h 12 HAE  Reuters
Le pape François quitte le synode de l'Église catholique
Le pape François quitte le synode de l'Église catholique  Photo :  ? Alessandro Bianchi / Reuters

Le pape François, clôturant samedi un synode difficile sur la famille, a critiqué les évêques inflexibles qui « s'enfouissent la tête dans le sable » et se réfugient derrière une doctrine rigide pendant que des familles souffrent.
À l'issue de cette réunion de trois semaines, qui s'est tenue au Vatican sous la houlette du pape, les évêques ont décidé d'une ouverture prudente en direction des divorcés remariés, mais pas des homosexuels.
Dans son discours de fin de synode, le pape a semblé critiquer les ultra-conservateurs, affirmant que les dirigeants de l'Église devaient affronter les questions difficiles « sans peur, sans s'enfouir la tête dans le sable ».
Ce synode, a-t-il dit, a « mis à nu les coeurs fermés qui se cachent souvent même derrière les enseignements ou les bonnes intentions de l'Église, pour s'asseoir sur le siège de Moïse et juger, parfois avec supériorité et superficialité, des cas difficiles et des familles blessées ».
Conformément à son discours constant depuis le début de son mandat, le souverain pontife a estimé que l'Église catholique ne pouvait transmettre son message aux nouvelles générations dans un langage « archaïque ou simplement incompréhensible ».
Non au mariage homosexuel 
Le document final répète que les homosexuels ne doivent pas faire l'objet de discrimination au sein de la société, tout en réaffirmant que le mariage homosexuel est « sans fondement » et qu'il ne saurait être comparé aux unions hétérosexuelles, « même de loin ».
Le synode des évêques est un organe consultatif qui n'a pas le pouvoir de modifier la doctrine de l'Église. Le pape, arbitre ultime, s'est souvent dit favorable à une Église plus ouverte et plus charitable. Il pourrait se servir du document final pour écrire sa propre « exhortation apostolique ».
Lors du synode, certains évêques ont proposé que l'Église et ses 1,2 milliard de fidèles introduisent dans le document des paroles favorables à l'accueil des homosexuels, par exemple de les appeler « frères, soeurs et collègues ».
Mais, le cardinal Christoph Schönborn (Autriche) a déclaré samedi qu'une grande partie des 270 évêques estimait que l'homosexualité était encore « un thème trop délicat » dans le pays où ils exercent leur ministère.
Les évêques africains se sont montrés particulièrement inflexibles sur ce point, a-t-il précisé. Ils ont argué que cela ne ferait que semer la confusion chez les fidèles.
Lors d'une rencontre préliminaire il y a un an, les conservateurs avaient fait en sorte qu'un passage qu'ils estimaient trop favorable aux gais soit supprimé dans le rapport d'étape.
Humilité et discrétion pour les remariés hétérosexuels
D'un autre côté, le document final offre un certain espoir pour une pleine réintégration au sein de l'Église de certains catholiques divorcés qui se sont remariés civilement.
Selon la doctrine actuelle de l'Église, ces remariés ne peuvent recevoir la communion sauf s'ils s'abstiennent d'avoir des relations sexuelles avec leur nouveau partenaire parce qu'aux yeux de l'Église, leur premier mariage est toujours valable et qu'ils sont donc considérés comme se livrant à l'adultère et vivant en état de péché.
La seule façon pour ces catholiques de se remarier de façon valable du point de vue de l'Église est d'obtenir une annulation, une décision stipulant que leur premier mariage n'a jamais existé en raison de l'absence de certains éléments fondamentaux tels que la maturité psychologique ou le libre consentement.
Le document final évoque un « forum interne », réclamé depuis des années par les progressistes, dans lequel un prêtre peut travailler avec un catholique qui a divorcé et s'est remarié, pour décider ensemble, en privé et au cas par cas, si il ou elle peut être pleinement réintégré.
« Pour que ceci se produise, les conditions nécessaires d'humilité, de discrétion, d'amour de l'Église et de ses enseignements doivent être garantis dans une recherche sincère de la volonté de Dieu », indique le document.
Selon certains observateurs, le seul fait que la phrase ait été incluse dans le document constitue une victoire pour les partisans du changement.