mardi, octobre 06, 2015

Crise d’Octobre : 45 ans plus tard...

http://www.journaldemontreal.com/

JOSÉE LEGAULT
MISE à JOUR 

Une crise politique majeure qui marquera profondément, mais différemment, les sociétés québécoise et canadienne.
Une crise politique majeure qui marquera profondément, mais différemment, les sociétés québécoise et canadienne.  Lundi soir, après le dîner, question de prendre une toute petite pause de cette très longue campagne électorale, j’ouvre ma radio à l’heure où je sais qu’on ne me parlera pas d’élections...
Par hasard, je tombe sur la nouvelle émission du journaliste Jacques Beauchamp - «Aujourd’hui l’histoire».
Eh oui. Une émission quotidienne de trente minutes sur l’«Histoire». Histoire plus lointaine ou plus récente. Histoire politique, mais aussi histoire sociale, culturelle, faits divers, etc... Histoire d’ici. Histoire d’ailleurs.
Bref, une émission qui nous rafraîchit cette mémoire que nous avons de plus en plus faiblarde. Ou qui nous raconte un épisode moins connu de l’Histoire.
Tenez, seulement la semaine dernière, l’émission couvrait entre autres des sujets aussi diversifiés que la relation tumultueuse de Rodin et Camille Claudel, l’«affaire» O. J. Simpson ou encore, l’arrivée au pouvoir de Brian Mulroney.
Donc, ce lundi soir, par hasard, je «tombe» sur un épisode portant sur «les dessous de la crise d’Octobre».
Une crise qui, il y a de cela 45 ans déjà, marquera aussi profondément que différemment les sociétés québécoise et canadienne.
À l’émission, c’est Marc Laurendeau qui, journaliste et auteur du livre Les Québécois violents : la violence politique 1962-1972, paru aux Éditions du Boréal en 1974, 1975 puis en réédition en 1990, en fait un récit éclairant.
L’expertise et la mémoire phénoménale de Marc Laurendeau vous ramèneront tout droit en plein tumulte.Soit au moment même où, pour citer la présentation de l’émission :
«Le 14 octobre, le groupe des 16, composé notamment de René Lévesque et de Claude Ryan, demande qu'on négocie pour échanger les deux otages avec les prisonniers politiques, comme exigé par les membres du FLQ.
C'est un geste d'affirmation nationale. Ce geste renforce la rumeur d'un gouvernement parallèle prêt à renverser le pouvoir légitime. Le ministre Marc Lalonde s'en servira pour alerter l'opinion canadienne-anglaise grâce à la collaboration d'un journaliste du Toronto Star. Ils étaient 6, et non pas 5. La cellule Libération du FLQ était dirigée par Jacques Lanctôt, principal auteur du manifeste qui a été lu à Radio-Canada le 8 octobre, à la grande surprise des membres, semble-t-il. Marc Laurendeau révèle que la cellule comprenait aussi un anglophone, Nigel Barry Hamer.»
Pour le site de l’émission, c’est ici.
Pour écouter l’épisode sur la crise d’Octobre, c'est ici.
***
En complément:
1- Dans un reportage récent, le journaliste Hugo Lavoie rencontrait Christian Denis du Musée de la civilisation de Québec, conservateur et directeur des collections et des relations avec les musées québécois.
M. Denis nous y fait découvrir quelques uns des très rares «objets» associés aux événements d'octobre 1970 ou à leur gestation.
Pour lire le texte, c'est ici. Sous ce même lien, vous trouverez également le reportage radiophonique de Hugo Lavoie, de même qu'une vidéo où vous pourrez voir quelques uns de ces objets historiques. Y compris la tête d'une statue de la Reine Victoria «décapitée» par un attentat à la bombe perpétré à Québec en 1963.
2- Dans une autre vidéo, vous pourrez également revoir l'entrevue complètede Pierre Elliott Trudeau, alors premier ministre du Canada, celle-là même où il termine en lançant son légendaire «Just watch me» en guise d'avertissement sur ce qu'il prépare pour répondre à la crise. Soit, trois jours plus tard, l'adoption de la Loi sur les mesures de guerre.
Dans ce qui était en fait un «scrum», vous y verrez un premier ministrequestionné de manière très serrée par un journaliste de la CBC, Tim Ralfe.
Aujourd'hui décédé, Tim Ralfe se livrait ici à un exercice journalistique aussi périlleux que courageux en mettant le premier ministre au défi d'expliquer pourquoi le pays prenait tout à coup des airs d'État policier... Leur échange est un véritable morceau d'anthologie, autant sur le plan historique que politique et journalistique.
Dans un autre de ces hasards dont la vie et la politique ont le secret, Tim Ralfe décédait le 27 octobre 2000, soit un mois moins un jour à peine après le décès de l'ex-premier ministre Pierre Elliott Trudeau.
Intéressant de regarder ce «scrum» historique de Pierre Trudeau après avoir écouté l'analyse éclairante de Marc Laurendeau.