jeudi, octobre 08, 2015

Aînés maltraités à Charlevoix: le frère d'une victime raconte

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SARAH BOUCHER
MISE à JOUR 
À la suite d’une enquête policière de cinq mois, quatre personnes vont comparaitre mercredi en lien avec des cas de maltraitance d’ainés dans deux résidences pour personnes âgées et déficientes intellectuelles de Charlevoix. Au lendemain de ces arrestations, les témoignages commencent à faire surface.
L’enquête en question a débuté en mai dernier, alors qu’un homme de 72 ans, un des résidents, a été admis à l’hôpital couvert de bleus. Le frère de la victime, qui désire demeurer dans l’anonymat, s’est confié à Monic Néron mercredi sur les ondes du 98,5 FM.

«Les gens à l’hôpital se sont aperçus que mon frère avait été maltraité. Il commençait à avoir des ecchymoses partout sur le corps. Il a eu je ne sais pas combien de côtes brisées, des bleus, la clavicule cassée», a expliqué l’homme, qui souligne que son frère a une déficiente intellectuelle importante.  

«S’acharner sur des gens comme ça c’est impensable. Il faut qu’ils soient fous», a-t-il déploré.

Jean Coutu, 53 ans, avait été arrêté au printemps dernier et accusé de voies de fait graves et voies de fait avec lésions sur l’homme de 72 ans. L’individu au lourd passé criminel travaillait dans quatre résidences pour personnes âgées de Baie-Saint-Paul et de Saint-Urbain appartenant au même promoteur.

«Quelque part, il y a eu un manque [...] Comment un gars avec un dossier criminel a pu se retrouver dans des résidences comme ça? C’est inadmissible, c’est inacceptable», s’est indigné le frère de la victime.

Une employée a tenté de dénoncer

En entrevue au quotidien Le Soleil, cette employée du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSS) de la Capitale-Nationale a confié avoir tenté à plusieurs reprises avec ses collègues de dénoncer ce qui se passait dans les résidences dans lesquelles ils travaillaient, sans que la direction de l’hôpital de Baie-Saint-Paul ne fasse quoi que ce soit.
L’employée se rendait quelques fois par semaines dans les résidences dont le propriétaire était Rémy Bernier, arrêté hier par la Sûreté du Québec.

Nicole (nom fictif) s’est confiée au quotidien, à condition de préserver son anonymat.

«Quand on allait là, les lunchs et les collations n'étaient pas adéquats. Ça sentait mauvais. Personne n'en aurait mangé», a-t-elle raconté à la journaliste du Soleil.

La femme n’aurait pas été la seule à être témoin de signes de violence. «Il y a certains clients qui avaient des marques, a-t-elle confié. On était plusieurs à rencontrer nos patrons et à parler de ça et les patrons n'agissaient pas [...] L'hôpital se fermait les yeux».

Nicole a également remarqué que l’habillement des clients de la résidence était souvent négligé. «Les clients étaient sales, pas habillés adéquatement», a lancé la dame.

Selon Le Soleil, Rémy Bernier est propriétaire d’une résidence pour personnes âgées à Baie-Saint-Paul ainsi que de trois résidences pour personnes déficientes intellectuelles, dont deux situées à Baie-Saint-Paul et une à Saint-Urbain.
L’employée du CIUSS était appelée à travailler à ces trois derniers endroits, et selon elle, les conditions «étaient pas mal pareilles partout».

Nicole explique également qu’il y avait un grand roulement de personnel dans les résidences de Bernier et que le nombre d’employés n’était pas adéquat. Des conditions de travail qu’elle a même qualifié de «pas humaines».

La femme a également déclaré qu’il était «connu dans la région» que Rémy Bernier avait ouvert ces résidences «pour l’argent».