jeudi, septembre 10, 2015

Le PLQ de l’après-Meech: Aux origines du mensonge

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Les archives parlent. Il y a 25 ans, alors que le Canada vient de dire non au Québec et que 60% des Québécois souhaitent se donner un pays, le chef du PLQ, Robert Bourassa, leur ment. Il leur dit qu’ils sont « maîtres de leur choix » et qu’il est ouvert à toutes les solutions « sauf le statu quo ».
Tommy Chouinard de La Presse rapporte ce matin ce que Bourassa disait, en privé, à ses ministres, en juillet 1990: le contraire de ce qu’il affirmait aux Québécois. Extraits:
Dans les délibérations du Conseil des ministres, on lit que le premier ministre est «étonné de l’ampleur et de la profondeur de la vague souverainiste». Le premier ministre ajoute que «le gouvernement est pris avec [cette] immense vague» et qu’il «veut contrôler la situation». «Le gouvernement ayant perdu son pari constitutionnel, il s’agit de limiter les dégâts», explique-t-il. Le 22 août, il affirme à ses ministres que «les travaux de la Commission vont sans doute dissoudre plusieurs mythes quant à la position constitutionnelle de l’opposition officielle».(…)
Les délibérations du Conseil des ministres de ce 29 août 1990 mettent en lumière les intentions de Robert Bourassa. «Tous sont conscients qu’il y a une énorme vague souverainiste qui a déferlé sur le Québec depuis l’échec de l’Accord du lac Meech», explique-t-il à ses ministres. «En tant que fédéraliste, ce phénomène est très difficile à gérer, ajoute le premier ministre. Cependant, la Commission sur l’avenir du Québec qui sera mise sur pied a des chances de faire tomber les mythes souverainistes.»
«Il faut avoir une commission extraordinaire» [la Commission Bélanger-Campeau, en voie de formation] et non simplement parlementaire, «afin d’avoir une occasion plus propice de maintenir la crédibilité du fédéralisme», soutient M. Bourassa. Selon lui, «une telle commission permet de limiter les dommages à court terme. À moyen terme, cette vague souverainiste risque de s’estomper».
9782764421703Loin de limiter la vague souverainiste, la Commission va l’entretenir, l’amplifier. Et même le co-président fédéraliste de la Commission, Michel Bélanger, proposera la tenue d’un référendum sur la souveraineté en 1991, soit 12 mois plus tard, au grand dam de Bourassa.
J’ai raconté en détails cet extraordinaire vol de la volonté collective québécoise dans deux ouvrages, résumés dans Le Petit Tricheur.
La démonstration est, je pense, implacable. Si Robert Bourassa avait fait, en privé, ce qu’il proclamait, en public, le Québec célèbrerait en ce moment son premier quart de siècle de pays souverain.

12 RÉFLEXIONS AU SUJET DE « LE PLQ DE L’APRÈS-MEECH: AUX ORIGINES DU MENSONGE »

  1. J’ai lu votre ouvrage « Le Petit Tricheur ». J’ai bien aimé. Je n’ai jamais cru cependant que M. Bourassa voulait tricher. Je l’ai toujours perçu comme un chef scout qui aurait voulu être le leader qu’il était incapable d’être. Je crois que chef scout était plus approprié que mangeur de hotdogs comme l’aurait qualifié P.E. Trudeau.
  2. Bourassa nous a trompés, c’est un fait implacable. Et Parizeau avait raison le soir du référendum. Les fédéralistes ont saisi ce moment et trop d’indépendantistes ont courbé l’échine en blâmant Parizeau. Ils sont tombés dans le panneau. On voit dans l’élection fédérale le manque de colonne de trop des nôtres qui vont voter NPD. Une autre dernière chance inutile. Et les jeunes qui vivent au rythme du moment présent et de l’internet. On n’est pas sorti du bois.
  3. Cher M. Lisée,
    continuez votre formidable travail de formation et d’information. La seule manière de combattre l’obscurantisme est sûrement d’allumer les lumières. Vous le faites admirablement. J’étais parmi les quelque 1000 et + qui voulaient participer à votre campagne au leadership. Quand j’ai vu votre prestation face au représentant d’Imperial Tobacco, je me disais que je ne m’étais pas trompé en vous apportant mon appui. Et vous l’aurez de nouveau quand vous le solliciterez.
  4. Pourquoi « CÉLÉBRERAIT » comme un conditionnel, alors que le fait existe depuis 33 ans. C’est Mme Wynne, première ministre de l’Ontario qui l’a dit à M. Couillard en août 2014 (LA PRESSE) de la façon suivante:
    « …le fruit n’était pas mûr pour une reprise des pourparlers visant à réintégrer le Québec dans le giron constitutionnel dont il est exclu depuis 1982 ».
    EXCLU & RÉINTÉGRER ne sont-ils pas des termes assez forts pour que le monde ordinaire comprenne? Que dire alors des partis politiques prétendument séparatistes comme le P.Q. et le BLOC qui ne réagissent pas depuis ce temps. Il reste – ENTRE AMIS ??? – à séparer les pouvoirs et à signer des ententes de gré à gré. Aucun impôt à Ottawa. Aucune autorité juridique canadienne. Aucune dette du Québec envers le Canada, au contraire.
    Les partis politiques sont-ils devenus fédéralistes?
  5. Selon moi Robert Bourassa comprenait trop bien ce qu’est le Canada pour le laisser démanteler ! Certes ils se comportait comme un politicien…, il marchait sur la corde raide. De là dire qu’il était menteur…, non pas du tout. Il a fait ce qu’il devait faire comme Premier Ministre du Québec et le Québec fait encore partie du Canada, BRAVO !!! N’oublions pas que le Canada avec toutes ses immenses richesses appartient aussi au Québécois. C’est nous qui l’avons jalonné avec l’aide des Premières Nations bien avant la venue des gens de l’Angleterre. Les Lavérendry étaient rendu aux Rocheuses 60 ans avant les anglais ! Donc ce pays est aussi à nous et cela Bourassa le savait !
  6. Ceux et celles qui suivent la politique depuis les années 60 savent très bien à quel point les fédéralistes, tous partis confondus, ne suivent que la règle de la force (policière et législative) dans la promotion de leur idée politique. Le fédéralisme, au Canada, est sacro-saint : on est incapable d’en expliquer les fondements, on ne sait pas les conditions qui lui ont donné naissance et on n’a pas à démontrer ses bienfaits puisqu’il ne peut qu’être bon. Ça ressemble davantage à de la foi qu’à de la conviction. C’est misérable. Pendant ce temps, le Québec s’appauvrit chaque année, le gouvernement fédéral paie sa dette sur le dos des provinces. Qui plus est, les fédéralistes pointent du doigt les souverainistes pour l’instabilité économique. C’est un non-sens. La campagne électorale actuelle est certainement une bonne illustration du vide que les fédéralistes considèrent comme garant de leur bonheur.
  7. M. Lisée,
    Les arguments s’accumulent et plus personne du camp fédéraliste ne peut vous contester. De grâce, dites à votre chef de frapper sur les bons clous. Coderre qui doit poser un acte illégal pour se faire entendre du fédéral, Legault qui revient avec la chimère du fédéralisme renouvelé, Couillard qui doit attendre la bénédiction d’Ottawa pour pouvoir accueillir des réfugiés.
    Le PQ ne répète pas assez que 20 ans après que le Non ait gagné à 50% + 1, dans la fraude, rien n’a changé. Ottawa n’a rien concédé, le blocage et le rejet de la spécificité québécoise est toujours aussi total au Canada anglais. C’est le clou sur lequel vous devez taper sans relâche et les occasions se multiplient. Frappez!
    Selon les fédéralistes on ne pouvaient faire l’indépendance à 50% + 1, mais eux ont pu maintenir le statu quo avec 50% + 1. Harcelez Couillard et Legault avec ça. Ça devrait être votre mantra. Les faits sont de votre côté. Allez!
  8. La «sagesse» de Robert Bourassa.
    Robert Bourassa savait bien qui étaient les membres de son Cabinet. Faut-il rappeler un certain nombre de ses ministres : Marc-Yvan Côté, devenu intime de Jean Chrétien, très fédéraliste; Madame Lise Bacon qui est devenue Sénatrice. Ces deux personnes contrôlaient tout document ou tout projet qui devait arriver à Robert Bourassa. En quelque sorte, ses gardes du corps dans le Cabinet.
    Il y avait Monsieur Gil Rémillard, qui est allé travaillé à Ottawa après son séjour à Québec. Il y avait Madame Lucienne Robillard, fédéraliste clairement connue.
    Par dessus tout et avant tout, tout le monde savait que Monsieur Robert Bourassa était un homme malade, bien malade. Un grand nombre de ses ministres étaient en cures et en ex-cure de l’aveu même de Robert Bourassa dans une émission de Radio-Canada.
    Imaginons, un moment, qu’il aurait déclenché un référendum pour la souveraineté du Québec suite à Bélanger-Campeau. Imaginons, un moment, qu’il aurait gagné un référendum malgré la présence de ses récalcitrants clairement identifiés.
    Et surtout, se sachant malade, à qui reviendrait la décision de remplir le mandat du résultat du référendum ?
    Dans les circonstances, Robert Bourassa a préféré remettre à plus tard le référendum et faire une déclaration qu’il a assumé :
    « Le Canada anglais doit comprendre de façon très claire que, quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, le Québec est, aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement. (Discours prononcé le 22 juin 1990 à l’Assemblée nationale à la suite de l’échec de l’Accord du lac Meech.)
  9. Très intéressant de se rappeler tout cela M. Lisée,
    alors que l’indépendance est de nouveau en vigile et de prime abord bien réveillée si on la juge à travers la présence des 78 délégués au Conseil général du Bloc avec M. Duceppe à l’école du Platesu lundi dernier, pour reprendre le flambeaude la défendre de nos droits tant à Québec qu’à Ottawa ! Tout porte à croire que cette fois, la population a maturé sur ce point. La porte sur l’espoir est de nouveau ouverte. J’en suis.
    Merci d’aider notre mémoire collective à bien placer ses pions
    Bernadette Martin